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03/05/2019

Bruno Jeudy

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Né en Mayenne, Bruno Jeudy est journaliste, rédacteur en chef du service politique et économie de l’hebdomadaire Paris Match.

« Médaille d’argent de l’emploi pour la Mayenne ! »

Avec 5,8 % de chômeurs en 2018, la Mayenne monte sur la deuxième marche du podium derrière le Cantal (5,5 %) et devant la Lozère (5,9 %). Bien sûr, les trois champions du plein emploi – seuls territoires sous la barre des 6 % de chômage – sont des départements ruraux avec une démographie déclinante, surtout pour les deux autres. Les grincheux ergoteront que beaucoup de jeunes ne reviennent pas « au pays » après leurs études, préférant faire leurs premières armes professionnelles dans les métropoles. Les patrons mayennais ne cachent pas un problème d’attractivité à l’origine de leurs difficultés pour recruter. Eh oui ! On manque – hélas – de bras en Mayenne.
Maudite organisation du pays qui a consisté depuis le début de la désindustrialisation de la France à vider les territoires périphériques pour concentrer services publics et emplois tertiaires dans les métropoles. On ne remerciera jamais assez nos glorieux gouvernants et têtus hauts fonctionnaires parisiens de n’avoir pas su inverser ce mouvement mortifère si bien décrit par le géographe Christophe Guilluy dans « La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires » (Flammarion) ou encore celui de
l’excellent politologue Jérôme Fourquet, auteur de « L’archipel français Naissance d’une nation multiple et divisée » (Seuil), incontestablement le meilleur livre politique de l’année.
Au milieu de cette France abonnée au chômage de masse depuis quatre décennies, la Mayenne appartient à cette catégorie rare des territoires mêlant avec succès entreprises traditionnelles et innovantes, agriculture bio et compétitive, géant de l’agroalimentaire et PME/PMI leaders de leurs marchés. Récemment, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie Agnès Pannier- Runacher vantait, sans qu’on la sollicite, les mérites de la société GYS, installée à Saint-Berthevin, et championne mondiale des chargeurs de batteries. Tony Estanguet, notre « monsieur Paris 2024 », ne le sait pas. Mais en s’exprimant dans MayMag, le triple champion olympique frappe à la bonne porte. Oui, la Mayenne serait une terre parfaite pour les compétiteurs de la future et inédite épreuve olympique d’escalade.

Type éditorial