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L’accueil familial bienveillant

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Accueillir au sein de son foyer familial un enfant, une personne âgée ou une personne en situation de handicap est une expérience humaine forte et enrichissante. C’est aussi exercer une mission fondamentale du Conseil départemental qui organise cet accueil familial par la délivrance d’agréments et la dispense de formations. Sous l’appellation générique d’accueil familial, il convient de distinguer deux métiers distincts : l’assistant familial (protection de l'enfance) et l’accueillant familial (autonomie des personnes âgées ou en situation de handicap). Point commun entre les deux, ils recrutent.

Accroché à la pente, le chemin à domicile m’a toujours renvoyé une image de caillouteux mène au sommet du vallon et dévoile une jolie ferme composée de bâtiments en pierre entourant une vaste cour. Moutons, chien et chèvres complètent ce décor bucolique. Au cœur de cette campagne verdoyante à Voutré, Christelle Butet accueille Paulette et Madeleine, 72 ans chacune, et Jacky, 65 ans. Elle est accueillante familiale depuis 2002 : « C’est une vocation qui fait écho à mon histoire puisque ma maman faisait de l’accueil familial. Ce travail à domicile m’a toujours renvoyé une image de bonheur. " Ce fut donc une évidence quand Paulette est arrivée en 2002 : " Elle a tout vécu de notre histoire plus ou moins récente, comme la naissance de mon fil il y a 15 ans" Paulette est fière d'avoir appris le vélo aux enfants de Christelle et s'enthousiasme à l'idée que cette dernière a bientôt devenir mamie ! Madeleine, Paulette et Jacky ont chacun leur chambre et un petit salon télé commun. Jacky bricole, Paulette et Madeleine cuisinent ou cousent : Si chacun vaque à ses loisirs (jardinage, nourrissage des animaux, jeux de société, télé...), nous partageons nos repas ensemble. Ce sont des moments de convivialité essentiels », explique Christelle. « Ce sont ces valeurs familiales que l’on veut transmettre », ajoute Paul Le Callennec, directeur de l’Autonomie au Conseil départemental. Tous participent à la vie du foyer. Pour Christelle, « L’idée n’est pas de faire à la place, mais de laisser la plus grande autonomie possible ». « L’accueil familial, ce n’est pas de l’hôtellerie. La personne participe à la vie de famille, dans l’esprit pension de famille. C’est un format inclusif et aujourd’hui, ce mot fait sens pour beaucoup », ajoute Paul Le Callennec. « J'ai toujours aimé aider les autres ! » Auparavant employée dans le secteur de l'aide à domicile, Séverine Lemesle exerce en tant qu’accueillante familiale depuis septembre 2020. À Laigné, elle accueille deux personnes en situation de handicap, un homme et une femme. « Aujourd'hui, aux côtés de mon conjoint et de mes enfants de 15 et 7 ans qui adhèrent au projet d'accueil, je suis heureuse d’aider ces personnes qui recherchent une vie de famille. Au quotidien, le monsieur est assez autonome. Il travaille à l'ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) de Château-Gontier- sur-Mayenne. Je l'emmène chaque matin en voiture et retourne le chercher le soir. L'autre personne ne travaille plus, elle reste à la maison avec moi. J'organise des activités manuelles adaptées, des sorties, des promenades et nous faisons les courses ensemble », précise Séverine, très attachée aux notions de partage et d’écoute.

Accueil et protection de l’enfance

Il est 11 heures et la maison est calme. Les trois enfants âgés de 4, 16 et 17 ans, sont à l’école, au collège et au lycée. Françoise Gerbon les a conduits de bonne heure à Laval. Depuis 2016 à son domicile de Livré-la-Touche, elle est assistante familiale (Asfam) avec cette particularité d’être famille d’accueil d’urgence : « Les mineurs que j’accueille font l’objet d’une ordonnance de placement provisoire prononcée par un juge des enfants. Leur situation exige une action immédiate. » Contrairement à la majorité des familles d’accueil qui peuvent s’inscrire dans un temps long d’accueil (plusieurs années), ce n’est pas le cas de Françoise : « Généralement, cet accueil urgent n’excède pas une année. » Au sein d’une famille, l’enfant grandit, s’épanouit dans le respect de son histoire et de sa culture pour mieux prendre son envol. Le but du placement, sauf exception, est de travailler à réunir les conditions d’un retour à domicile. 

Un travail avec les équipes du Conseil départemental


Ces relations humaines, Magaly Adam les apprécie chaque jour qui passe. Après avoir travaillé dix ans dans l'animation auprès d’enfants en centre de loisirs et accueil de jeunes, elle a souhaité pousser l’expérience plus loin et devenir assistante familiale. À L'Huisserie, elle a successivement accueilli depuis 2019 une fillette de sept ans, un nourrisson de trois mois et un petit garçon de huit mois. « J'ai à cœur de leur montrer un autre schéma familial qui leur redonne confiance. Il faut être très disponible, accueillir les émotions quand elles surgissent, même la colère ! Mais c'est une source de satisfaction immense de les voir s'épanouir. Lorsque le retour dans leur famille est possible, c'est un moment de joie », indique-t-elle. Toutes deux reçoivent l’appui de la Direction de la protection de l’enfance (DPE) pour conduire le parcours de vie de chaque enfant. Un éducateur est désigné comme référent. Il veille notamment au respect des décisions judiciaires, se rend dans la famille pour résoudre d’éventuelles difficultés, coordonne les accueils relais le temps d’un week- end ou des vacances. Magaly Adam loue « ce travail d’équipe et l’appui d’un référent éducatif pour partager nos observations. » « Nous sommes comme dans un cocon, en relation permanente avec nos référents éducatifs, les éducateurs de la maison d’Argentré, le psychologue, le pôle d’accompagnement des Asfam, détaille Françoise. On œuvre avec beaucoup de clairvoyance », ajoute-t-elle. L’assistant et l’accueillant familial tissent des relations fortes avec les personnes accueillies. Que ce soit pour l’enfance, le grand âge ou les personnes en situation de handicap, les notions d’épanouissement, de relations humaines et de bienveillance leur sont communes.

 

Jacky, Madeleine et Paulette, sous l’œil bienveillant de Christelle Butet.

L’accueil d’enfants de la protection de l’enfance, c’est aussi un accompagnement vers une vie meilleure.

Assistant(e) ou accueillant(e) familial(e) ?

L’accueillant(e) familial(e) accueille des personnes âgées de plus de 60 ans ou en situation de handicap. Rattaché(e) à la Direction de l’autonomie au Conseil départemental, l’accueillant(e) familial(e) n’est pas employé(e) par le Département mais établit un contrat de gré à gré avec la personne accueillie. Il bénéficie d’un suivi, de formations et d’un agrément de 5 ans renouvelable délivré par le Conseil départemental, véritable partenaire. L’accueillant(e) familial(e) est épaulé(e) par un référent pour le suivi des personnes accueillies. Souvent ancrées en milieu rural (plus d’espace, meilleur cadre de vie), ces microstructures apportent une réponse complémentaire et différente aux structures collectives de type Ehpad. L’accueil peut être temporaire (en attente d’une place dans un Ehpad ou en convalescence suite à une hospitalisation) ou de jour. Un objectif de 100 places d’accueil est envisagé. Intégré(e) à la Direction de la protection de l’enfance, l’assistant(e) familial(e) accueille et accompagne au quotidien des enfants de 0 à 21 ans (jusqu’à 3 enfants, 4 temporairement). L’assistant(e) familial(e) peut être employé(e) par le Conseil départemental comme agent contractuel des collectivités, ou par une association. Il bénéficie de formations obligatoires : une formation initiale de 60 heures à l’embauche et une formation continue de 240 heures financée par l’employeur. Une personne seule peut exercer le métier d’assistant familial. Si aucun diplôme n’est requis, un agrément est instruit et délivré par la Protection maternelle et infantile du Conseil départemental pour une durée de 5 ans. Son obtention, qui ne vaut pas embauche, requiert un fort investissement personnel. Outre les conditions matérielles, les motivations, les compétences (disponibilité, écoute, capacité d’adaptation) et le projet professionnel sont appréhendés dans le détail. L’assistant(e) familial(e) s’inscrit dans un cadre institutionnel, et est soumis(e) au respect de la place des parents du mineur (ces derniers conservent presque toujours l’autorité) et des institutions (neutralité du service public, secret professionnel).

En parallèle à l'accueil familial, les jeunes de la protection de l’enfance peuvent être confiés à des établissements d’accueil (maisons d’enfants à caractère social, foyers éducatifs) financés par le Département et dont le fonctionnement est assuré par des associations partenaires : Inalta, Chanteclair, fondation Apprentis d’Auteuil. 

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Type éditorial