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D'ici et d'ailleurs
02/05/2019

Maestra ! Pénélope Poincheval

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La contrebassiste mayennaise Pénélope Poincheval a joué dans le monde entier. Elle vient de créer le Quatuor de Paris.

Elle est venue au rendez-vous fixé au 13e étage de la tour Montparnasse sans son instrument. Juste son archet fait de bois précieux et de crin de cheval, moins encombrant pour traverser Paris. Si la contrebasse a l’avantage de ne pas s’oublier sur la banquette arrière d’un taxi, nul besoin d’épiloguer sur son principal inconvénient.

« Waouh ! » C’est par cette exclamation que la jeune Pénélope, 10 ans et déjà assidue à l’école de musique de Villaines-la-Juhel, où elle apprend le
solfège, accueille à bras ouverts cet instrument : « J’ai été subjuguée par les sons graves de la contrebasse. Ils vous font vibrer le ventre, provoquant une sensation unique à laquelle je suis très sensible, quand d’autres préféreront les aigus. Le taux vibratoire de chaque musicien est très personnel », précise-t-elle. Ce fut donc un coup de foudre, malgré le répertoire faiblement étendu de la contrebasse, peu de musiques ayant été écrites pour cet instrument. Appelée affectueusement « la voix de Papa », la contrebasse séduit autrement.

Coup de foudre pour la contrebasse

À Gesvres, son village d’enfance, le patronyme Poincheval est connu de tous. « Je suis issue d’une famille d’artistes. Mes parents, musiciens autodidactes, jouaient du folk avec leur groupe ‘‘Les Poinchevaux’’. Avec mon frère, Abraham, on abaigné dans cette atmosphère, post-68, où on te disait la vie c’est d’abord donner du bonheur aux gens, peu importe le flacon. Si j’ai gardé bien ancrée en moi cette notion de partage quand je suis sur scène ou devant mes élèves, plus jeune, j’avais besoin d’un cadre et de règles pour m’exprimer musicalement et l’envie d’être confrontée à la difficulté de l’apprentissage ». Pénélope sera servie.
À 17 ans, elle rejoint le Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSM) et la classe de Vincent Pasquier. Le niveau exigé par les professeurs et le talent des élèves rendent ces trois années de formation à la fois éreintantes et passionnantes. Elle en sortira avec plusieurs premiers prix avec mention très bien, dont un en musique de chambre.

Jamais joué en Mayenne

La musique de chambre justement, voilà à quoi la néodiplômée aspire : « Il me semblait que c’était la meilleure façon de vivre mon art et de le partager avec le public. Mais mon entourage me disait : ‘‘Surtout pas ! Deviens prof ou rejoins un orchestre symphonique. Tu en vivras mieux !’’ »
Finalement, la contrebassiste a choisi de ne pas choisir. Depuis 23 ans désormais, elle concilie sa passion au pluriel. Enseignante au Conservatoire départemental de Pantin, elle effectue des remplacements dans des formations orchestrales (Opéra Bastille, orchestres des Pays de la Loire, de Tours, Toulouse, Monte-Carlo, etc.) ; elle se produit lors de grands événements (« La Folle journée » de Tokyo, Nantes, Bilbao, invitée par René Martin, créateur du prestigieux festival) aux côtés d’artistes de renom (Anne Queffélec, Claire Désert, Adam Laloum) et au sein d’illustres formations (quatuor Prazack, trio Chausson). Expérimentée et désormais reconnue, Pénélope Poincheval ressent aujourd’hui « le besoin de maîtriser [sa] carrière ». Quoi de mieux alors que la création récente du Quatuor de Paris !
« J’ai vraiment à coeur de développer ce projet personnel. En 2019, nous aurons une vingtaine de concerts et nous aimerions enregistrer un disque », se réjouit-elle. Le temps sera alors venu de réparer une anomalie : jouer pour la première fois en Mayenne ! À bon entendeur…

Type éditorial