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D'ici et d'ailleurs
04/01/2019

Éric Boullier

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Le Mayennais fut directeur de la compétition chez Mc Laren F1, une équipe anglaise comptant parmi les plus prestigieuses de la Formule 1. Son agenda ne lui permet pas de retrouver « sa » Mayenne aussi souvent qu’il le souhaiterait. Cependant, c’est toujours avec plaisir qu’il s’y ressource, auprès de sa famille.

Né en 1973, le Lavallois Éric Boullier avait une quinzaine d’années quand, à la fin des années 80, la F1 offrait un duel sportif épique. Prost et Senna, au volant de leur Mc Laren Honda rouge et blanche bataillant jusqu’à l’ultime, incarné par ce mythique grand Prix du Japon à Suzuka en 1989 où les champions français et brésilien s’accrochèrent. Ces images, Éric Boullier les a vues et revues. « J’ai rêvé devant ma télé le dimanche après-midi ».

À quoi rêvait-il ? Probablement pas à devenir un jour un des hommes clé de Mc Laren F1. Non, Éric Boullier rêvait plus petit, lui qui fut à 9 ans l’un des premiers membres du Laval Mini Auto Club, une association de modélisme dans laquelle son père était investi. « Plus tard, j’ai rêvé devant la voiture de course de Roland Bassaler, alors concessionnaire BMW à Laval, engagé aux 24 heures du Mans. J’offrais mes services gratuitement pour nettoyer les voitures des clients de la concession ce qui me permettait d’approcher la voiture de course ». Plus tard, le jeune Éric multipliera les visites dans les paddocks manceaux : « Finalement, j’ai toujours gravité dans ce milieu. Nos vacances, c’étaient les circuits », dit-il, lui le fils d’un garagiste.
Élève à « l’Immac » de 3 à 17 ans, la Mayennais intègre une classe préparatoire maths spéciales à Cancale avant de rejoindre une école d’ingénieurs aéronautique et spatiale (IPSA). Fraîchement diplômé, il est embauché en 1999 dans l’écurie mancelle Dams, qu’il quittera un temps pour la retrouver entre 2003. Il en assurera la direction générale jusqu’en 2009. Puis, parti gérer une structure de management de jeunes pilotes pour un fonds d’investissements luxembourgeois, le Lavallois bénéficie d’une opportunité en or : « En 2010, mon employeur a racheté l’écurie Renault F1 et m’a propulsé patron de l’écurie Renault F1 ». Cette première expérience fut convaincante à telle enseigne que les dirigeants de Mc Laren F1 le recrutent en 2014. À Woking, siège du constructeur automobile lové dans la campagne anglaise du comté de Surrey, Éric Boullier dirige 700 personnes : « Le groupe Mc Laren compte 3 500 salariés », précise-t-il.

« La Mayenne, mon terrain d’enfance, là ou j’ai acquis des valeurs qui, aujourd’hui, me guident dans ma vie et mes choix »

Le monde de la Formule 1 est une enclave au sein de la Fédération internationale automobile. Enclave dans le sens où tout y est plus grand, plus fort, plus haut, plus vite qu’ailleurs : « Tout s’est accéléré depuis 1995, notamment le business avec l’émergence de nouveaux circuits dans des pays riches (Singapour, Bahreïn, Abu Dhabi), les sollicitations des sponsors et des VIP. En F1, il y a beaucoup d’argent, la vie est flamboyante, glamour, un monde quelque fois chahuteur. En revanche, et cela se voit moins, pour y rester et réussir, il faut travailler très dur. Ma vie en Mayenne m’a inculqué des valeurs centrées autour du travail, de la discrétion, du terroir au sens naturel, loin de toute superficialité. Je ne vais pas vous mentir, je suis l’actualité de la Mayenne de loin et au travers des yeux de mon frère qui y demeure. Mes séjours y sont rares, mais
essentiels. Ce que je sais en revanche, la Mayenne, si discrète soit-elle alors que je la sais dynamique sur le plan économique, restera mon terrain d’enfance, là où j’ai acquis des valeurs qui, aujourd’hui, me guident dans ma vie et mes choix ».

Type éditorial