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En piste avec François Pervis

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A l’occasion de la semaine olympique et paralympique, le cycliste sur piste François Pervis de Laval Cyclisme 53, septuple champion du Monde et médaillé de bronze aux JO de Rio, revient sur sa carrière et ses amours contrariés avec les JO…

Ses premiers pas sur un vélo

Je suis né sur un vélo ! Tout petit, mon père me disait souvent « on n’a pas les moyens de te payer de beaux cadeaux ou des vacances, mais tu auras toujours un vélo à ta taille. » Et puis, comme tous les étés j’étais à la maison, je regardais le Tour de France à la télévision.

Mais en fait, je n’ai pas commencé par faire du cyclisme. Comme beaucoup de petits garçons, j’ai fait du foot entre 6 et 10 ans. Ensuite, j’ai fait 2 ans de tennis, puis à 12 ans, j’ai pris ma première licence de cyclisme et cela a tout de suite marché.

Ses meilleurs souvenirs sportif en Mayenne

En mai 1996, j’ai fait ma 1e compétition, en benjamin, sur le vélodrome de Renazé. Les frères Madiot étaient présents ce jour-là. J’avais gagné le kilomètre (un présage pour l’avenir). L’un des frères, je n’ai jamais su si c’était Marc ou Yvon, avait dit à un ami de mon père « le petit a un bon coup de pédale ».

Je me souviens également de ma victoire sur route lors de Pouancé–Simplé en cadet. C’était une belle course avec une centaine de concurrents, dont Vincent Jérôme.

Ses joies les plus intenses

Pas facile, il y en a eu beaucoup ! Mais je dirai ma première médaille mondiale. C’était en 2006. Les championnats de Monde se déroulaient à Bordeaux. Mes supporters et partenaires avaient fait le déplacement. J’avais obtenu la médaille bronze sur le kilomètre (que de chemin parcouru depuis Renazé). C’était vraiment une grande émotion à partager avec ceux qui me soutenaient depuis le début.

Mais, je pense que plus intense fut mon titre de champion du Monde du keirin à Saint-Quentin-en-Yvelines en 2015. Là aussi, j’avais tous mes supporters. Je me disais absorbe cette énergie, profite de ce moment, tu ne le vivras peut-être plus. Et puis le lendemain, j’ai aussi gagné le kilomètre ! Mais, il faut dire qu’un mois avant, j’avais chuté en coupe du Monde à Cali. Quand je suis arrivé sur le championnat du Monde, je ne savais pas trop où j’en étais. J’avais une pression monstrueuse à domicile après mon triplé de l’année précédente. Et puis, ce jour-là j’ai marché sur l’eau !

Ses premiers souvenirs de Jeux Olympiques

C’était Sydney en 2000. Ce sont des souvenirs du collège, puisque les JO n’étaient pas pendant les vacances (en effet, ils se sont déroulés entre le 15 septembre et le 1er octobre). Je me souviens avoir vu Florian Rousseau à la télé dans la salle commune avec des camarades. Il avait remporté l’or sur le keirin. J’avais eu des frissons de fou ! J’étais loin de me douter que j’allais courir avec lui 1 an après, lorsque j’ai intégré l’INSEP.

Ses Jeux Olympiques

Pour moi, les JO c’est je t’aime moi non plus ! Cela a commencé en 2004. J’avais presque 20 ans et c’était à Athènes, le berceau des Jeux Olympiques. J’avais terminé 6e (finaliste) du kilomètre. C’était la folie !

Et puis, patatras ! En juin 2005, j’étais en week-end à Villiers-Charlemagne avec Greg Baugé, quand on m’a annoncé, par téléphone, la suppression du km. Il a fallu que je revois mes ambitions, me préparer sur d’autres épreuves comme le keirin.

En 2008 à Pékin, j’étais sélectionné en tant que remplaçant, mais je me casse la clavicule en juin. Donc, pas de JO pour moi. En 2012, j’avais rempli les critères de sélection, mais au dernier moment, c’est Mickaël Bourgain qui a été titularisé. Je suis allé à Londres en tant que remplaçant. J’étais vraiment très déçu, mais je me suis rapidement relevé, puisque j’ai vécu une olympiade suivante où je n’ai pas laissé grand-chose aux autres ! (6 titres de champion du Monde, 2 records du Monde et 1 médaille aux JO Rio). Je dois notamment ces succès au Japon (il y a effectué plusieurs séjours). Un pays qui m’a totalement changé. J’y ai beaucoup appris sur moi, pris confiance en mes capacités.

Les JO de 2016 étaient la récompense de cette olympiade réussie. Même si cette année-là a été difficile pour l’équipe de France de piste, j’ai quand même obtenu ma première médaille olympique, avec le bronze en vitesse par équipe.

Pour cette olympiade, je suis moins en réussite. J’ai tout de même obtenu un 7e titre de champion du Monde (sur le kilomètre). J’ai fait une année 2018 plus compliquée où j'ai fait beaucoup de force, des départs arrêté. Je n’ai pas fait de « petit braquet ». C’est ce qui a manqué pour faire des résultats.

Aujourd’hui, j’ai repris mes entraînements en main avec l’accord de la DTN. Je veux aller aux JO de Tokyo en 2020. Et je veux faire mieux qu’à Rio, notamment sur le keirin. Je suis transcendé par cet objectif de finir dans ce pays qui m’a tant apporté.

Type éditorial