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D'ici et d'ailleurs
03/05/2019

Édouard Bergeon

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Son premier long métrage, « Au nom de la Terre », sortira en salles le 25 septembre. Cette fresque familiale, tournée en Mayenne et consacrée au monde agricole, s’inspire de son histoire personnelle.

Pourquoi avoir choisi la Mayenne comme lieu de tournage ?

Ce long métrage de fiction, qui met au jour les maux dont souffre le monde paysan, est largement inspiré de ma propre histoire. Je voulais que la ferme du tournage ressemble à celle de ma famille, située près de Poitiers. Un cadre calme, un bocage vallonné, la présence de volailles et de chevreaux, des bâtiments modernes et propres, emblématiques du productivisme des années 1980-90. Autant de critères conjugués qui ont compliqué la recherche. J’ai parcouru différents départements, jusqu’au Gers, au Lot et au Lot-et-Garonne. C’est le bocage nord-mayennais qui m’a retenu, plus précisément Saint- Pierre-sur-Orthe.

Encore fallait-il trouver la ferme… Comment avez-vous rencontré la famille Barré ?

Une forme de providence. À croire que mon défunt père, auquel ce projet cinématographique rend hommage et rend justice (ndlr : voir le documentaire « Les fils de la terre »), travaille aussi pour moi. J’avais trouvé un lieu de tournage à Grazay, mais le bâti était trop classique pour le projet. C’est en recherchant un local technique qu’un membre de mon équipe a fait la rencontre de Valérie et Vincent Barré. Un site partiellement
utilisé du GAEC formé avec leurs deux fils convenait à merveille. Six semaines avant le tournage, nous avons modifié tous les plans. Direction Saint- Pierre-sur-Orthe, les Alpes mancelles, leurs beaux vallons et leurs larges perspectives ! De là, nous avons aussi rayonné, emportant nos caméras à Saint-Thomas-de-Courceriers, dans l’ancien Centre psychiatrique de Mayenne, au CHU de Laval, au silo d’Izé, à l’usine des Toiles de Mayenne (Fontaine-Daniel)…

En dehors des aspects visuels et pratiques, un tournage en Mayenne avait-il du sens ?

Le caractère de ce territoire, où ruralité et agriculture sont au premier plan, n’est pas anodin. Ce film raconte en effet une histoire de famille, mais il apporte aussi, sur 40 années, une description très précise du travail agricole et de l’évolution des techniques. La famille Barré a pu ponctuellement apporter sa pierre à l’édifice. L’acteur principal, Guillaume Canet, a lui-même salué le conseil d’amis agriculteurs mayennais, retrouvés à l’occasion du tournage. Au final, tout est crédible, du matériel à la couleur des semences, jusqu’au moindre geste technique. Ce souci du détail doit permettre aux agriculteurs de se reconnaître dans cette histoire. Elle leur est dédiée et s’adresse en même temps à un public très
large. J’ai voulu réaliser un film populaire qui, au-delà de la réalité agricole, relate une histoire de famille qui peut rejoindre chacun.

Type éditorial