Archives départementales de la Mayenne

Lettre de Lamennais à Esprit-Adolphe Segretain

22 octobre 1842



Archives de la Mayenne, 1 J 781

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1 J 781, Archives départementales de la Mayenne

Transcription :

(en marge : )
Cote soixante-cinquième
Pièce cinquième
J’ai lu, Monsieur, avec beaucoup d’intérêt l’ouvrage que vous avez bien voulu m’envoyer. Vous y faites preuve d’étude et de talent, et, à une époque où il faut que les choses soient considérées de tous les points de vue, que toutes les preuves se produisent, les vôtres, toujours ingénieuses et franches, méritent certainement une particulière attention. Souvent de votre avis en morale et en politique, je le serais moins, beaucoup moins en philosophie générale. Ce qui ressort de vos énoncés, la dernière conclusion logique qui s’en déduit, ce me semble, est que rien n’est établi. Les idées leibnitiennes pour le fond, que vous exposez sous le titre d’Essai de métaphysique, me paraissent conduire forcément à des conséquences que vous rejetez vous-même, et sujettes, sous plusieurs rapports, à des difficultés qui les rendent tout-à-fait inadmissibles. Peu solides en soit, elles ont vue, pour parler ainsi, sur des multitudes d’erreurs. Je vous dis naïvement ce que je pense, parce que vous me le demandez avec une sincère bonne foi, et que je m’y sens porté par l’estime même que je fais de vous, Monsieur, comme philosophe et comme écrivain. Si un entretien sur ce sujet pouvoit vous être agréable, je serais charmé, pour ma part, qu’il me procurât l’avantage de faire votre connaissance personnelle. Vous me trouverez toujours à midi, au moyen des deux mots pour le portier que je joins à ce billet.
Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération la plus distinguée et la plus affectueuse.
F. Lamennais
Samedi, 22 octobre [1842]
rue Tronchet 13.

Note :

Esprit-Adolphe Segretain (Laval, 1818 - Paris, 1862), est l’auteur notamment Des éléments de l’État, ou Cinq questions sur la Religion, la Philosophie, la Morale, l’Art et la Politique (Paris, 2 vol. in-18) ; — Exposition raisonnée de la Doctrine philosophique de M. La Mennais (Paris, 1843, in-32) ; — Le Socialisme catholique (Laval, Feillé-Grandpré, 1849, 90 p. in-12).
Les élections de 1848 l’appelèrent sur la brèche politique. Il écrivit dans l’Écho une série d’articles pour demander des explications aux candidats, recommander le choix des hommes nouveaux, montrer le danger du socialisme, réclamer la liberté religieuse, la liberté d’enseignement, et enfin pour se prononcer en faveur de Louis-Napoléon contre Cavaignac. En 1849, après avoir demandé la dissolution de l’Assemblée nationale, il posa sa candidature par une profession de foi très ferme, réclamant un gouvernement qui réalisât l’union de la liberté et de l’autorité, s’appuyant sur la religion.
Finalement élu à Château-Gontier en 1852, et nommé maire de Laval l’année suivante, il abandonna toutes ses fonctions politiques en 1857.

Bibliographie :

Michel DENIS, " Un ami mayennais de Louis Veuillot : Esprit-Adolphe Segrétain. Lettres inédites (1855-1861) ", dans Bulletin de la Commission historique et archéologique du Maine, 1965, n° 8, p. 26-56.