Archives départementales de la Mayenne

Des arobas du XVIIIe siècle

Ce caractère, qui semble né avec l'internet, est en réalité utilisé depuis plusieurs siècles.



On le trouve assez fréquemment dans les archives, notamment dans les documents à caractère commercial (d'où le nom de "a commercial" donné parfois à ce signe). En voici deux exemples au XVIIIe siècle, tirés des papiers d'affaires de négociants en toiles de Laval.

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Ici, l'arobas est utilisé pour abréger le mot « aune ».

« Les crées, les rosconnes, les bretagnes », dont il est question dans ces textes, sont des variétés de toiles fabriquées en Bretagne.

Ces documents sont reproduits dans un dossier publié par le Service éducatif des Archives de la Mayenne : « Le commerce des toiles. Négoces et négociants à Laval au XVIIIe siècle » (mai 2001, environ 80 documents, 156 pages ; il s'agit des documents n° 36 et n° 46).

 

Extrait du livre de comptes d’Ambroise Hoisnard, 1724
(Archives de la Mayenne, 1 Mi 146 R1)

 
 

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Transcription

Facture de trois paquetons de crées larges,
chacun de 5 pièces déguisées avec 100 aunes de
rosconnes à chacun, acheptés à Morlaix pour
mon compte par Mr. Jean Allexandre Le
(Grand, à qui j’en ai fait tenir le montant en lettres de change, etc.)

 

Extrait d’une facture de deux balles de toile blanche façon de Bretagne, d’après un registre tenu par Ambroise Hoisnard, vers 1718.
(Archives de la Mayenne, 1 Mi 146 R1)

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Transcription

(...)
Leseure pour entrer dans sa société ; lesdites deux bales
sont ensemble 720 aunes de bretagnes dont il s’est chargé
sur le pié de 38 sols / aune qui font ........... 1368 livres

 

Encore un arobas ?...

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On pourrait le croire, mais il s'agit de l'initiale « C » du prénom « Charles ». On la trouve dans une signature de 1732, celle que Charles Brindeau, vicaire de Saint-Cyr-en-Pail, a apposée au pied d'un texte dans lequel il mentionne l'installation de la chaire de l'église et qu'il termine par ces mots : Sit nomen domini benedictum.

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Quand à ce A majuscule « enroulé », on le trouve à Bouchamps-lès-Craon dans les registres des années 1730-1740. Il rappelle simplement l'initiale du premier prénom d'Adrien-François Grignon, qui fut curé de cette paroisse de 1731 à 1745.

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