Philippe Royer, chef d’entreprise
Le 29 juin 2018

Philippe Royer, chef d’entreprise

Économie et emploi

Philippe Royer, 52 ans, a vécu un printemps 2018 riche en émotions et en décisions. En mars, il était élu à la tête du Mouvement national des entrepreneurs et dirigeants chrétiens. En mai, il annonçait l’arrivée de la FNAC à Laval. Avec Seenovia (ex Clasel), une structure de conseil et de services auprès des éleveurs de la région rattachée au groupe Seenergi (1 400 salariés), dont le siège social est à Saint-Berthevin, Philippe Royer nourrit de belles ambitions pour son groupe et par extension pour l’agriculture (et la culture) mayennaise.


« La Mayenne doit prendre sa place de façon subtile et intelligente. Ce qu’elle n’a pas en volume, elle le compense en agilité »


Quel est le secret du dynamisme économique de la Mayenne ?

Ce qui m’a rapidement marqué quand je me suis établi dans ce département, c’est sa capacité à pouvoir réunir toutes les sensibilités pour porter le fanion de la Mayenne au-delà de toutes divergences. Ici, on se met rapidement autour d’une table avec un sens aiguisé du bien commun, ce qui n’empêche pas chacun de développer ses activités propres. Le bien commun est supérieur à la somme des biens individuels. L’esprit d’entreprendre est très fort. Plus concrètement, le département s’appuie sur un écosystème d’entreprises dynamiques innovantes avec des salariés motivés, impliqués et compétents qui co-construisent avec leurs employeurs. Enfin, la Mayenne n’oublie pas d’entreprendre avec toutes les parties de sa population y compris celles qui sont laissées sur le bord de la route, mettant en avant des valeurs humanistes.

La Mayenne n’a donc rien à envier aux grandes métropoles voisines ?

La Mayenne a vraiment vocation à prendre tout sa place de façon subtile et intelligente. Ce qu’elle n’a pas en volume, elle le compense en agilité, un atout précieux pour fédérer des acteurs autour de projets. Il ne sert à rien de se comparer à Nantes. La Mayenne a toutes les cartes dans son jeu pour développer deux atouts maîtres : proximité et modernité. Peut-être que la Mayenne est sans doute trop discrète à l’air de la communication prédominante. On agit plus que l’on parle, c’est culturel. Osons communiquer sur son rayonnement et prenons conscience de ses réussites !

Votre groupe Seenergi en est un bel exemple.

Notre agriculture et notre industrie agroalimentaire sont un fleuron qui fait rêver beaucoup de monde. Je ne sais pas si les Mayennais ont la pleine mesure de cette situation. Avec le groupe Seenergi, nous avons effectivement lancé une start-up, Medria, qui assure la distribution d’objets connectés pour suivre la santé, l’alimentation, les déplacements des animaux. Nos solutions sont vendues à l’international, depuis Laval. Nous sommes également les détenteurs d’un brevet international sur une technique d’analyses par l’ADN grâce à laquelle on peut déterminer les composants de chaque animal à partir d’un seul lait de tank, une solution développée en collaboration avec le biologiste et vétérinaire, Michel Georges de l’universitéde Liège, spécialiste mondial de la génomique animale.

Parlez-nous de cette « part de gratuité » qui vous est chère.

Un entrepreneur doit être rémunéré à hauteur des risques qu’il prend. Mais ce qui est important à mes yeux, c’est de mettre une part de gratuité dans sa vie. Cette gratuité, ce sont toutes les actions que l’on mène pour sa ville, son département, son quartier… Les gens veulent que le monde aille mieux. Alors il faut en être un acteur, pas spectateur. Pour ma part, cela s’est concrétisé par la reprise de Chapitre en 2014 avec Corneille, aujourd’hui franchisée FNAC (ouverture au public à la mi-juillet). Ce projet, 100% mayennais, conservera l’esprit Corneille, avec la somme des bénéfices de la FNAC en termes de notoriété et de communication.