Michel Porhel

OCTOBRE 2014

Michel Porhel

 
 



Michel Porhel ne lâche jamais rien

Difficile d’imaginer qu’une transatlantique peut changer la vie d’un homme. « E n 2002, avec des amis, nous avons relié Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. La traversée fut très physique, notamment au niveau du Golfe de Gascogne », se souvient Michel Porhel. L’improvisation n’étant pas sa tasse de thé, ce dernier avait pris soin de parfaire sa condition physique. Un comble, lui qui avant cette aventure, faisait sienne la réponse de Sir Winston Churchill à une question sur le secret de sa longévité : « No sport » . De retour sur terre, Michel Porhel se dit qu’avoir la condition physique n’est pas si mal après tout. « J’ai commencé par la course à pied, tranquillement » . Premier contact encourageant : « En courant, je continuais à papoter, quand mes interlocuteurs manquaient de souffle pour me répondre ! »  Homme de défi, le Nord-Finistérien postule d’emblée au graal du coureur de fond, le marathon : « J’ai participé aux « Écluses » en 2003 avec comme objectif de réaliser un temps inférieur à 4 heures » . Pari réussi.

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Le virus de la course à pied inoculé, le chef d’entreprise (Directeur du CIGMA à Laval) enchaîne les kilomètres d’entraînement. Il s’affûte, devient performant. Le marathon est presqu’une formalité : « Je ne marche qu’au défi et il me fallait plus » . En 2007, il s’aligne au départ du « 100 km de Bécon-les-Granits » et le termine avec le sentiment qu’il peut aller plus loin dans la douleur et l’effort. Entretemps, Michel Porhel se documente sur l’entraînement, peaufine sa préparation par des exercices spécifiques.

En octobre 2009, moment de plaisir et d’intense émotion avec la « Diagonale des Fous », le grand Raid de l’île de la Réunion, accomplie en 38h49mn. Rebelote en 2010, 2012, 2013 et 2014, sans oublier le Grand Raid du Golfe du Morbihan (177 km) en 2010. Puis en 2012, soleil et sable chaud, mais sans coquillages et crustacés en vue, juste les dunes du Marathon des Sables.

Mais il lui en faut toujours plus. En 2014, ce sera le Norseman, un « Xtreme » triathlon couru en Norvège, reconnu comme l’un des plus difficiles au monde. « La première chose que j’ai faite fut de m’inscrire au Laval Triathlon Club dont les conseils ont été très précieux » . La seconde fut de sauter dans l’inconnu. Aussi insensé que cela puis paraître, et à neuf mois du jour “J”, Michel Porhel découvre le cyclisme et dans une moindre mesure la natation : « Le 18 janvier dernier, pour ma première sortie de vélo, ma plus grande satisfaction fut de ne pas tomber ! » En véritable stakhanoviste, il se soumet à un entraînement professionnel aussi intensif que rigoureux.

Sur place, accompagné de deux couples d’amis et de son épouse, une légère angoisse l’envahit sur le pont du bateau au moment de plonger dans l’eau du fjord pour le départ : « Ils avaient tous 30 ans de moins que moi ! »  Finalement, ses doutes se dissipent au fur et à mesure des premiers efforts et des concurrents doublés. À 58 ans, il boucle ce défi de fou en 14h37mn19.

Repousser les limites, ne jamais rien lâcher, Michel Porhel connaît. Cependant tout effort physique doit, selon lui, rimer avec plaisir et convivialité. Et une perspective réjouissante se profile en 2016 ! « Pour mes 60 ans, ma fille qui vit à La Réunion m’a promis de m’accompagner sur la Diagonale des Fous » .