Mélanie Lévy-Thiébaut

MAI 2015

Mélanie Lévy-Thiébaut

 



Enfant, Mozart et Shubert me fascinaient

Née à Casablanca, d’un papa pharmacien et d’une maman compositeur, des parents férus d’art, de théâtre et de musique, la jeune Mélanie ne pouvait sans doute pas échapper à un destin artistique. « À six ans, dans ma chambre, juchée sur un tabouret, le stylo dans la main, je mimais la direction d’un orchestre jouant du Mozart. J’ai toujours rêvé de ça, même si je n’en avais pas les prédispositions, contrairement à ma maman douée de l’oreille absolue. Mais enfant, les musiques de Mozart, Schubert me fascinaient. Je me souviens avoir dit à mes parents : je serai chef d’orchestre ! »  Aujourd’hui, Mélanie Lévy-Thiébaut est l’une des rares femmes à exercer ce métier : « Elles représentent seulement 3 % des effectifs en France et la tendance est à la baisse ! » , précise-telle. Depuis l’année dernière, l’Ensemble Instrumental de la Mayenne (EIM) peut donc s’enorgueillir d’être placé sous la direction de cette femme débordante d’énergie et dont le curriculum vitæ a fière allure.

Si à Casablanca les concerts de musique classique sont rares, à Paris, lorsqu’elle arrive adolescente, ce foisonnement musical qui agite la capitale la fascine. Après de brillantes études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et l’obtention de trois 1er prix (clavecin, basse continue et musique de chambre), une rencontre va forger son destin : « Je venais d’assister à un concert dirigé par le chef espagnol Antoni Ros-Marba. J’ai été subjuguée par sa prestation. Avec le culot de mes 17 ans, je suis allée le voir à la fin de la représentation en lui disant « Maestro, je veux être votre élève ! »  Mélanie Lévy-Thiébaut le convainc. Elle intègre sa classe au Conservatoire supérieur du Licéo à Barcelone en direction d’orchestre : « Je lui dois beaucoup, c’est un guide pour moi. Il m’a appris à canaliser mon énergie grâce à des techniques basées sur le charisme et la puissance » . Cette expérience espagnole est marquée par un 1er prix de direction d’orchestre au concours international du Ministère de la Culture avec l’orchestre de l’opéra de Madrid.

Puis, à 24 ans, vient l’heure de l’émancipation artistique et professionnelle. Chef adjointe de l’orchestre symphonique de Mulhouse, responsable artistique des spectacles du Cadre noir de Saumur, collaboration étroite avec l’orchestre philharmonique de Liège, Mélanie Lévy-Thiébaut enrichit son expérience. Mais lasse parfois du « Dirige et tais-toi ! » et par peur de s’enfermer dans ce rôle unique de direction, elle crée, en 2005, l’orchestre Manifesto : « Cet ensemble fait rencontrer la musique avec d’autres arts ou d’autres formes : la peinture, l’acoustique, la psychanalyse, la philosophie… Nous organisons également des concerts débat » . Ce partage avec le public lui est essentiel. Avec l’EIM, elle œuvre dans ce sens et les retours du public mayennais sont encourageants : « Les émotions sont plus fortes que la connaissance musicale. La musique appartient à tout le monde » .