Jacques Moreau

Septembre 2013

Jacques Moreau

 



Jacques Moreau, passionnément cheval

Sa longue silhouette ne tient pas en place. Ce vendredi, l’hippodrome lavallois de Bellevue-la-Forêt accueille une réunion nocturne. Dans le public, Jacques Moreau, le président de la Société des courses de Laval depuis 2000, échange avec qui le souhaite : « Ici je suis bien, sur le terrain, au milieu des spectateurs. Vous n’avez pas meilleur endroit pour écouter leurs éventuelles doléances » . Il discute, Jacques, à telle enseigne qu’il en oublie parfois de regarder la course. Mais, il a une botte secrète : « Il m’arrive de visionner les enregistrements de la réunion, tranquillement chez moi ».
 

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Jacques Moreau, 64 ans, a grandi à Saint-Ouën-des-Toits : « Mes parents tenaient une boulangerie » . Une enfance heureuse où les loisirs étaient bien établis : « L’hiver au foot pour encourager le Stade Rennais - Laval n’était pas encore au niveau !-, l’été aux courses de chevaux pour l’ambiance et le spectacle » . Déjà, les courses… Élève à l’Immaculé-Conception à Laval, son parcours scolaire s’arrête très tôt, en 3e : « Je n’ai jamais vraiment aimé l’école » . Pourtant, il faut bien faire quelque chose dans la vie. Mais quoi ? « Clerc de notaire ! J’ai appris le droit sur le tas, un apprentissage validé par un examen devant des notaires. J’ai exercé cette profession aux côtés de mon frère, également clerc de notaire à Saint-Ouën-des-Toits » . Les cliquetis de l’Olivetti résonnent encore dans sa tête : « Des tonnes de documents à taper à la machine : infernal ! » .
 
 Les relations humaines lui manquent. La fibre commerciale chevillée au corps, Jacques Moreau quitte son poste après 10 ans de bons et loyaux services et endosse l’habit d’agent, puis de promoteur immobilier à Laval. « Un métier passionnant. Au début, il y a toujours un terrain nu. On imagine, on conclut l’affaire, on bâtit et on passe à un autre projet » . Vingt années durant, Jacques Moreau va répéter ce triptyque. En parallèle, il siège 10 ans comme juge au tribunal de commerce et s’investit auprès de la Jeune chambre économique (JCE) de Laval « où j’ai beaucoup appris sur le plan des relations humaines » , dit-il.
 
En 1985, l’hippodrome de Bellevue-la-Forêt est inauguré en grandes pompes, devant 10 000 personnes. Maître Ernest Jouanne, alors président de la Société des courses, confie à Jacques Moreau le soin d’animer une commission chargée de l’inauguration : « Ce fut en quelque sorte mon examen d’entrée au conseil d’administration » .
 
Vingt-sept ans plus tard, il se souvient avec gourmandise des grands moments : « En 2006, la Finale de l’Union Européenne du Trot pour chevaux de 4 ans, grande première pour un hippodrome de province, reste mon plus fort souvenir. Exceptionnel aussi, le déplacement de 2 000 supporters mayennais pour assister à la 2e place d’Insert Gédé au Grand prix d’Amérique à Vincennes en 2003 » . Des amitiés solides et sincères avec de grandes familles d’éleveurs mayennais sont également nées. Amoureux fou de la Mayenne et du cheval, « l’or noir de notre département » , Jacques Moreau reste cet infatigable passionné. Derrière la lisse blanche qui encercle la piste, il n’a pas fini de vibrer pour cette dernière ligne droite : « C’est étrange, mais je suis persuadé que les chevaux ressentent les clameurs du public monter à l’approche du poteau. Un spectacle fascinant dont je ne me lasse pas » .

J Moreau