Famille De Kam

JANVIER 2015

Famille De Kam

 



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Imaginez un couple de Mayennais et leurs deux enfants, quittant tout, famille, amis et racines locales, afin de se lancer dans la fabrication de camembert en Hollande, l’autre pays du fromage… Et bien, c’est à peu de chose près, mais en sens inverse, le voyage qu’ont entrepris Willem et Marieke De Kam en 1995. Cette année-là, ils foulaient pour la première fois le sol de leur exploitation agricole à Bazougers. Dix ans plus tard, débutait la production de gouda, le fromage emblématique des Pays-Bas.

Mais auparavant, il leur a fallu bien du courage et de la ténacité. Une époque épique, se souvient Marieke, notamment à propos de leur arrivée en Mayenne : « Nous avons atterri (sic) avec notre vieille Golf tractant la caravane. Il faisait 30°c. C’était en mai, les champs étaient déjà grillés par la sécheresse. Nous parlions très peu le français. J’avais l’impression qu’on arrivait d’une autre planète » . Les autochtones aussi, probablement. Aux Pays-Bas, Marieke et Willem ont appris leur métier d’agriculteur dans une école de biodynamie, avant de travailler dix ans comme salariés agricoles puis co-exploitants. Même si leur façon de faire ou de penser a pu interloquer les banquiers mayennais, « les prêts ont été difficiles à négocier ! » , se rappelle Willem, leur projet n’avait rien d'hasardeux. Tout comme leur choix de s’installer en Mayenne « où le prix des terres était plus attractif qu’en Bretagne où nous avions des vues » .

gouda

« Dès 1998, nous avons engagé la conversion de l’exploitation en bio en arrêtant la culture du maïs, trop consommatrice d’eau » , précise Willem. En 2003, les époux De Kam sont confrontés à la baisse du prix du lait : « Être bio, ce n’est pas être idiot » , tonne Willem tel un slogan publicitaire. « Nous avons diversifié notre activité afin de poursuivre l’aventure. L’idée de transformer notre lait en gouda fut une évidence » , ajoute-t-il. Les premiers fromages ont été affinés en 2005. Dix ans plus tard, l’exploitation en produit 500 à 600 kg par semaine (2 à 3 000 litres de lait transformés). Des fromages de toutes les saveurs (carottes, nature, cinq épices…), affinés en cave de 1 mois à 1 an, voire plus. Depuis, les De Kam ont investi dans un atelier de fabrication aux normes et embauché deux personnes. Leurs 60 vaches, pour la plupart de race Frisonne, « rustiques et bonnes laitières ! » , précise Willeme, paissent une herbe bien grasse (trèfle et luzerne), sur les 88 hectares qu’ils cultivent et l’hiver elles se régalent de foin et de céréales.

En mai prochain, la famille qui a eu la joie d’accueillir depuis son arrivée, deux nouveaux enfants, entamera sa vingtième année « Made in Mayenne ». C’est sûr, elle a trouvé son bonheur dans ce petit coin de France, et leur vie est désormais ici, à Bazougers, au milieu des prés verts : « Je me sens Mayennaise aujourd’hui ! » , s’exclame Marieke.