Didier Foubert

MARS 2015

Didier Foubert

 



Didier Foubert, premier supporter du Bleu du Maine

C’est à Bazougers, l’un des berceaux de la race ovine Bleu du Maine, que Didier Foubert, éleveur, bichonne ses champions. Le voici qui arrive du champ, avec deux béliers dociles comme des chiens bien dressés, âgés de 1 et 3 ans : « Ils seront du voyage au Salon International de l’Agriculture de Paris (SIA)*. Le plus âgé a de l’expérience puisqu’il s’agira de sa 4e participation. Il a déjà été primé deux fois en viande et une autre fois en laine. C’est une bête de concours, la vitrine de la ferme. Regardez-le comme il est large d’épaules et sa tête, bleue ardoise, correspond parfaitement au standard » .

Pour la petite séance photo, l’éleveur prend soin de leur laver les pattes, d’ôter le moindre fétu de paille apparent. « Tout doit être irréprochable » , dit Didier Foubert, sous l’œil approbateur de son père, André, ancien éleveur et depuis des décennies ardent défenseur de la race, aux côtés, entre autres, de Louis Lemesle.

A 46 ans, Didier Foubert élève aujourd’hui 60 brebis et possède cinq béliers. Intarissable sur la race, il s’investit pleinement dans son développement et préside l’organisme de sélection (OS) Bleu du Maine : « Au sein de cette association, nous poursuivons deux grands objectifs : la promotion de la race et l’orientation de la sélection, autrement dit quelle brebis souhaitons nous demain pour s’adapter à l’évolution des marchés et des systèmes d’élevage ? »  Sur ce dernier point, Didier Foubert est quelque peu dubitatif sur la situation que vivent les éleveurs de Bleu du Maine : « Chaque année, le Concours général agricole de Paris distingue notre race par sa qualité de viande, on ne compte plus nos prix ! Mais les carcasses de nos agneaux, pesant en moyenne autour de 24 kg, ne correspondent pas au standard recherché par les bouchers ou les grandes surfaces qui optent plutôt pour des poids compris entre 16 et 21 kg. La situation est ubuesque puisque notre race est victime de sa qualité bouchère » , peste Didier Foubert.

Pour autant, l’éleveur mayennais ne baisse pas les bras. D’ailleurs, il vient de conclure un joli coup marketing : « Nicolas Nobis, chef étoilé du restaurant L’éveil des Sens à Mayenne, s’est engagé, dès cette année, à proposer une recette avec de l’agneau Bleu du Maine » . Une belle opération de communication et rien de tel pour apprécier les qualités gustatives de la bête.

www.bleudumaine.org

* Entretien réalisé avant le Salon de l’Agriculture.