Caroline Corbeau

Octobre 2013

Caroline Corbeau

 



Caroline Corbeau

Caroline Corbeau, l'acier lui sied si bien

La monumentale chaise rouge trône au milieu de la pelouse grillée par l’été brûlant. L’objet d’acier interpelle lorsque l’on quitte Jublains en direction d’Évron. Est-ce une chaise pour girafe en goguette dans la cité diablinte ? Forcément, l’oeuvre d’une artiste. Salopette en jeans, cheveux poivre et sel en bataille, Caroline Corbeau semble sortie tout droit d’un film de Jeunet et Caro quand elle se pare de son masque à souder ou de ses lunettes noires et que jaillissent des étincelles bleu méthylène.
 
 Dans son atelier, elle dicte sa loi à l’acier. Meuleuse, découpeuse, plieuse, poste à souder, Caroline sculpte du mobilier que les futurs propriétaires installeront dans le salon, la cuisine, le jardin ou la chambre à coucher. Où ils veulent. Objets d’art et du quotidien, œuvres d’art, le travail de Caroline Corbeau commence toujours par un dessin : « Une étape essentielle, mais rébarbative pour ma part » , glisse-t-elle. Et toujours la même volonté « de proposer des lignes douces et épurées contrastant avec la froideur de l’acier » . Caroline, ce qu’elle aime, c’est s’agenouiller à même le sol pour polir et adoucir les angles d’une table basse, piloter  les machines de découpe au doigt et à l’oeil, souder deux pièces métalliques pour la vie. En la voyant dans cet atelier baigné de lumière naturelle, l’on comprend mieux pourquoi Caroline n’est pas devenue artiste peintre : « J’ai pourtant commencé par là, mais sans jamais réussir à me trouver. Je n’avais rien à dire » . Si la peinture la laisse muette, la sculpture de l’acier sera alors un fabuleux champ d’expression. A ses débuts, dans l’entreprise d’oxycoupage familiale à Châtillon-sur-Colmont, Caroline sculpte sous l’oeil paternel : « Un jour, en voyant mes chaises et mes tables, il m’a dit « Mais c’est génial, faut en faire d’autres ! » Mon père a été un formidable professeur » .

Après avoir occupé un premier atelier d’artiste à Ambrières-les-Vallées pendant 7 ans, « mal fichu et bruyant pour les voisins » , participé à quelques expositions ici et là, Caroline Corbeau expose, à l’automne 2003, à l’espace Scomam de Laval : « Trois mois décisifs ! Jamais mon travail n’avait été présenté ainsi. Le public pouvait s’approprier mes oeuvres, mieux comprendre mon travail. Cette exposition fut une révélation» .

Désormais installée depuis 8 ans à Jublains, Caroline Corbeau se lève tôt et passe la majeure partie de son temps à l’atelier avec pour bande son du rap américain. Si vous n’aimez pas cette musique, calme et volupté du showroom attenant vous permettront d’apprécier le talent indéniable de cette artiste mayennaise.

 
 
Pour en savoir plus :  www.caroline-corbeau.com