Retour

Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

Saulges

 
   
 
   

1709 - L’hiver 1709

   
   
 
   

Signalé par Véronique Bignon (15 févrrier 2006).

 
   

Référence : BMS 1700-1721 (vue 87/165).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

(dernière page de l’année 1709)

Céte année a été un temps de consternation
publique par le froid extreme arrivé au mois
de janvier. Les bleds et les arbres qui ont été les
victimes du froid ont reduit la pluspart des
peuples à une grande disette le reste de l’année
et tans que Dieu a fait ressentir sa misericorde
par la foecondité des menus grains, ont auroit
vû quantité de personnes mourir de faim
egalement à la campagne comme dans les
viles où plusieurs n’ont pû s’en garantir.
Céte paroisse a eu l’avantage et la gloire
que plusieurs pauvres y ont trouvé une
heureuse resource à leur pressante necessité.

Dernier.

Dernier

 
   
 
   

1714 - Mortalité des bestiaux ; rage

   
   
 
   

Signalé par Joel Desnoe (2003-08-26) et par Jean-Claude Deshaies (lundi 23 mai 2005).

 
   

Référence : BMS 1700-1721 (vue 120/165).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

Cete année a été remarquable par la mortalité et par le prix eccessif
des bestiaux et l'air a été si corrompu dans plusieurs provinces
qu'aussitost qu'on y en avoit emmené d'ailleurs elles perissoient
soudain et la mortalité est allée si loin en quelques endroits
qu'il n’y en a pas resté pour labourer la terre.

La rage a causé aussi de grands désordres surtout dans les
chiens et même dans les loups qui sont venus surtout jusques
aux portes de la ville d'Angers où plusieurs personnes ont été des victimes
de leur cruauté et de leur fureur.

 
   
 
   

1755 - Bénédiction de la grosse cloche

   
   
 
   

Signalé par Joël Desnoe (2006-04-04).

 
   

Référence : 1740-1760 (vue 164D/239).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
  L'an mil sept cent cinquante cinq, le six
octobre, nous prestre curé de Saint Pierre sur Erve
en vertu de la commission à nous adressée par
monseigneur l’illustrissime et reverendissime eveque
du Mans en datte du treze septembre dernier
signé Baudron vicaire general, avons beni ce
jourd'huy la grosse cloche de Sauge et avons
observé touttes les ceremonies prescrites par nottre
rituel. Ont etés parein et mareinne René François
Lancelin, Magdeleine Bordin veuve Blanchouin, qui
lui ont donnés les noms de Marie Louise Anne. La
ditte cloche pesante quatre cent trente cinq livres
avant d'estre fondüe et augmentée de cent quarente
sept livres. Fondeurs les sieurs Brusson (?) et Tichand.
Ont etés presents le sieur René Languillé prestre sacriste,
le sieur Jacques Jusseaume aussi prestre vicaire, le sieur
Julien Provots procureur fabricier, Me Pierre
Moulé curé de cette paroisse, lesquels ont
signés avec nous fors la mareinne qui a déclaré ne
sçavoir signer de ce enquis. Rayé un mot nul.

Signatures :)

M. Le Boulch (?)
R. Languillé
J. Jusseaume
Julien Provost
René Lancelin
P. Moulé

 
   
 
   

1760 - Morts pour avoir mangé
« des potirons et des champignons »

   
   
 
   

Signalé par Archives départementales (1989-01-01) et Marie-Roberte Mathieu (2006-03-21).

 
   

Référence : BMS 1740-1760 (vue 239G/239).

 
 

Transcription complète.
Les "potirons" sont des champignons.

 
   
 
 
Renée
Bodinier
et
trois de
ses enfans
morts
pour
avoir
mangé
des
potirons
et
champignons.
L'an mil sept cent soixante le vingt deux
octobre ont etés inhumés par nous prestres sous-
signés en assistence de monsieur le curé de cette
paroisse Renée Bodinier agée d'environ trente
cinq ans femme de René Cartier journalier demeurant
à la Touche Riché, le mesme jour Jacques Cartier
agé d'environ cinq ans, et le lendemain Simon
Cartier agé d'environ onze ans et Renée Cartier
agée d'environ neuf ans. Lesquels trois enfans et
laditte Renée Bodinier leur mere sont decedés pour
avoir mangé des potirons et champignons. Ces
tristes sépultures faites en presence de Julien Le Breton
oncle de la deffunte et autres parens lesquels ont
declarés ne sçavoir signer.

(Signatures :)
J. Jusseaume
P. Moulé

 
   
 
   

1789 - La Grande Peur de 1789

   
   
 
   

Signalé par Archives départementales (1989-01-01)

 
   

Référence : BMS. 1781-1792 (vues 100-101/128).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
  (vue 100)

C'est dans cette année celebre qu'ont tenus les
Etats généraux ; ils ont commencés le quinse mai et nous
ne savons pas quand ils finiront. Il y a eus de
grands troubles jusqu'aujourd’huy, qu'il seroit trop long
de developer ici. Je dirai seulement que le vingt et
un et le vingt deux juillet il se repandit dans tout
le royaume que des cohortes de brigands alloient

(vue 101)

mettre tout à feu et à sang ; en sorte qu'ont se mit
tous sous les armes et le toxain sonnoit dans toutes les pa-
roisses et villes du royaume. Les gens de la campagnes
s'armoient de fourches, de brocs, etc. pour aller au
devant de ses pretendus brigands. Chaque paroisse
croyoit ses voisins massacrés, ils voloient à leur secours.
En sorte qu'il ne restoit que des femmes dans la pluspart
des paroisses. La terreur avoit troublé tous les esprits.
Il se presentoit à l'imagination des phantomes terribles qui
representoient à l'ame toutes les horreurs de la mort. Les
femmes pâles et defigurées prenoient leurs enfants
et pour fuir la mort alloient toutes eplorées se
cacher dans les bleds. Et ce n'etoit que de faux bruits.
Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'ils furent en même temps
par tout le royaume. On en imputa la cause à la
noblesse à qui on enlevoit les privilèges. Le peuple s'irrita
tellement contre la noblesse qu'il assiegoit leurs chateaux
et les brulerent en differents endroits, bruloient leurs titres
et jusqu'à leurs generations ; et plusieurs furent mas-
sacrés. En sorte qu'ils etoient obligés de fuir et de se cacher.
Tous arborent une coquarde à la louange du tier etat ;
les pretres memes pour mettre leur vie en seureté etoient
obligés de la porter. Voila une petite note qui
bien loin d'exagerer ne dit presque rien.
L'histoire dira le reste. Quelle sera la fin ?
Quelle sera la fin ?

 
   
 
 
Haut