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Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

Saint-Pierre-la-Cour

 
   
 
   

1666 - Calendrier des fêtes religieuses

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2005-02-17)

 
   

Registre BMS 1672-1676 (vues 3-4/54)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 3) (le haut de la page manque)

[…] Circumcision
[…] l’Epiphanie
[Le] vingt septieme - Saint Julien

En fevrier

Le deuxieme jour - La Purification

En mars

Le vingt-cinquieme - L’Annunciation

En may

Le premier jour - Saint Jacques et saint Philippe

En juin

Le 19eme jour - Saint Gervais et saint Prothais
Le 27e jour - Saint Jean Baptiste
Le 29e jour - Saint Pierre et saint Paul

En juillet

Le 25e jour - La translation de saint Julien

(vue 4 gauche) (le haut de la page manque)

[En août]

Le X […]
Le 15e […]
Le 25e […]

En septembre

Le 8e - La Nativité de la Vierge
Le 21e - Saint Matthieu

En octobre

Le 16e – L’apparition de saint Michel
Le 28  – Saint Simon et saint Jude

En novembre

Le premier jour – La Toussaints
Le 2me – La commemoration des morts
jusqu'à la fin de l’office du matin
Le XI – Saint Martin
Le XXXme – Saint André

En decembre

Le 8me – La Conception de la Vierge
Le 25me – La Nativité de Notre Seigneur
Le 26me – Saint Estienne
Le 27me – Saint Jean L'Evangeliste

(vue 4 droite) (le haut de la page manque)

[…] tous les dimanches
[…] de Pasque
[…]la Sainte Trinité
[…] aussy le lundi et
[…] les festes de Pasque

On chommera encore la dedicace de
l'Eglise du Mans le lundy qui suit le
dimanche de la Quasimodo.

On chommera l'Ascension de Notre Seigneur
le lundy qui suit la feste de la
Pentecoste.

La feste du Saint Sacrement.

Le jour de l’octave du Saint Sacrement
jusqu’à la fin du service du matin.

On chommera encore la feste du principal
patron de chaque eglise, ou parroisse seulement.

Item la procession et la devotion accoustumée
le jour Saint Sebastien XX janvier sera
observée.

Donné au Mans le premier
decembre 1666.

 
   
 
   

1675-1752 - Travaux réalisés à l’église

   
   
 
   

Signalé par Jean-Luc Gastinel (2009-10-04) et Valerie Duroy (2010-07-17)

 
   

Registre M 1645-1668 (vue 84/86)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

En l’année 1675 on a fait une
ouverture dans
la muraille de l’eglise vis à vis de la nef
sur la cour du presbitaire, et fait une
fenestre avec une grille de fer, et une vitre.

En 1676 on a doublé la voulte de l'eglise.

En 1679 a esté rehaussé le fond de l’eglise et
recarreleté à noeuf.

En 1680 fait le grand autel.

En 1682 fait la sacristie.

En 1688 latté et couvert a neuf le costé
de l’eglise qui est sur la cour du presbit[aire.]

En 1692 on à paind le grand autel.

En 1695 on à fait la boulangerie, et le
four, la chambre sur ladite boulangerie
et le grenier sur ladite chambre, le tout
basty à neuf, on a aussy fait les
greniers de bois.

En 1741 latté et couvert et mis du chevron
à neuf le costé de l’eglise qui est sur le
cimmetierre.

Le saize du mois de juin mil sept cent
quarante et huit on a mis une poutre neuve
dans la grande chambre du presbitaire,
celle qui est proche la cheminee et de
J. Merienne curé pour lors.

En mil sept cent cinquante et deux on a fait massonner
à neuf le pignon de la grange qui donne sur le chemin.
On a refait aussÿ en 1752 touttes les croisées du
presbitaire à bois neuf, vytres avec plon neuf.

En 1752 on a aussy fait tout à neuf l’ouverture
et porte pour sortir de la laverie dans le jardin
et la croisee du cabinet tout à neuf tant en bois
qu’en massonnal aussÿ bien que la porte qui est
au dessous de la croisee par J. Merienne curé
de Saint Pierre de la Cour.

 
   
 
   

1676 - Compte de gestion de la fabrique

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2005-02-17)

 
   

Registre BS 1676-1679 (vues 2-3/50)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 2)

Le douzieme jour du mois de janvier mil six cent
soixante seize devant nous Louis Anjüere pretre
bachelier en theologie curé de l’eglise parochiale
de Saint Pierre de la Cour, a comparu en personne Mre
François Peu notaire sieur de la Noe Baudron procureur marguiller de notre dite
eglise pour l’année precedante tant pour la fabrice
que pour la confrairie du Saint Rosaire. Lequel nous a presenté
le livre où est contenu tout ce qu’il a receu et
deboursé pendant le temps de sa gestion un an durant
tant pour ladite fabrice que pour ladite confrairie pour
estre par nous examiné et afin de rendre ses comtes.

A quoy nous avons procedé le plus exactement qu'il
a êté possible en admettant ce qui etoit raisonnable
et rejetant ce qui aüroit eté injuste. Et après avoir
examiné diligemment et soigneusement tous les articles
tent de ce que led François Peu à receu que de ce qu'il
à deboursé dans ledit livre, nous avons trouvé qu'il
avoit plus receu que deboursé de la somme d'unze
livres dix huit solz tournois. Laquelle somme de 11 l.t.
18 s. il redoit tant pour la fabrice que pour ladite
confrairie du Saint Rosaire qui lui a esté laissée
entre les mains, et en demeure redevable jusqu'à
parfait payement. Dans le present comte sont contenues les sommes
de quatres livres 5 s. pour la fondation annuelle et
perpetuelle d'Yves le Roy sr de la Masure et de
cinquante quattres solz
pour la fondation de damoiselle Renée Aubert (*)
sauf audit François Peu à se faire payer par
les debteurs de ce qui luy peut estre deu sur

(vue 3 page gauche)

sur le livre qu’il nous a presenté. Fait et
arresté en notre presbitaire en présence d'Anthoine
Auber sr de la Minerais, Gilles Bouin, sieur de
Reullier, Julian Croissand boulanger, Jean
Leroy sr de la Trebonnais, de cette paroisse,
et plusieurs autres nos paroissiens qui ont
tous declaré ne sçavoir signer fors les
sous signez. Rature : deux mots nuls. Glose :
sr de la Noe Baudron ; nous a ; comte sont ; approuvé.

(*) echeües aux jours de Saint George et Saint
Louys derniers passez sans prejudice de l’annee
courante.

(Signatures)

J. Croissand
Aubert
G. Bouin
L. Anjuere
curé

 
   
 
   

fin XVIIe s.
Procès entre le curé de Saint-Pierre
et les religieux de Saint-Tugal de Laval
au sujet des droits d’usage dans la forêt

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2005-02-17)

 
   

Registre BMS 1687-1690 (vues 31-32/32) et M 1645-1668 (vues 63-67/86)

 
 

Transcription par Françoise Gautier et Valérie Duroy

 
   
 
 
 

Avant les forges du Port Brillet basties, qu’on
commença à bastir au commencement du dix septieme
siecle où nous sommes,
le curé de la paroisse de Saint Pierre de la Cour
joüissoit de fort beaux droits dans la forest de la
Gravelle et bois de Fregeul. Pendant que ladite forest
et Fregeul estoint en haut bois, ledit curé avoit droit
d’y prendre mort bois et bois mort pour se chauffer, du
bois à bastir à neuf, et pour reparer et pour
chauffer un fourneau à chaux ; d’y mettre engresser
ses porcs et pasturer ses bestes et de prendre
des litieres dans les landes du Chesne à l’Evesque
et Balloüeres. Mais après lesdites forges basties comme
monseigneur le duc de la Trimoüille fist abbatre lesdits bois
pour alimenter lesdites forges les parroisses d’Olivet,
de La Brulatte, de La Gravelle et de Saint Pierre de la
Cour, l’abbaye de Clermont et quelques autres qui
estoint usagers luy formerent des oppositions pour
leurs usages et se fist un procez qui dura long-
temps et qui se termina par un arrest de
la Table de marbre du 21 fevrier 1643 qui ordonna
de triager. Ledit arrest a esté imprimé, et j'en ay
veu une coppie moullée au prothocole de
François Mechineau notaire royal demeurant à la Magdeleine ;
plusieurs autres en ont eu des copies. On fist ensuitte
un triage entre ledit seigneur et les usagers, et
on assigna à chaque des susdites paroisses son quanton. Olivet
La Brulatte et La Gravelle ont laissé chacunes
leurs quantons dans leur entier, et en ont joüy
sçavoir les usagers de chaque paroisse jusqu'à present
en commun. Mais les usagers de la paroisse de Saint
Pierre de la Cour partagerent leur quanton
tant des bois que des landes par acte de partage
devant François Mechineau notaire royal demeurant en la paroisse de

(vue 31 droite)

la Madeleine, et arpenteur le 6me octob 1653 en vertu
d'actes portans les consentemens des usagers devant
Pierre Travers notaire royal à Bourgon le 25me septembre 1650
devant Jacques Georgeault notaire à Saint Pierre de la
Cour le XIme novembre 1650, et devant Pierre Boüin, notaire
en ladite paroisse de Saint Pierre de la Cour le 27me juillet 1653
et en vertu du contrat passé entre monseigneur le duc
de la Tremoüille, et Mre pierre de la Corbinaye seigneur de
Bourgon devant François Le Moynne notaire à Laval
le 23 juillet 1653, par lequel partage il escheut
au sieur curé de la paroisse de Saint Pierre de la Cour dans la
forest de la Gravelle une portion de trois cents vingt
cordes le bois estant encore debout, et dans la lande
Balloüere une portion de trois cents cordes, la-
quelle portion de lande j'ay fait clore de hayes en
l’an 1686 et l’ay nommée la piece du Roütoüer à
cause de la fontaine qui est auprez qui a nom le
Roütoüer, et parce que ladite piece est entourée de routes
et aboutte du bout du bas le chemin qui tend du
Teilleul à la Gravelle, le village de la Basse Reveurie
estant de l'autre costé dudit chemin, du bout du haut
joint la lande close de ladite Basse Reveurie, et
du costé vers septentrion le chemin qui tend des
Moulins Neufs au bourg de Saint Pierre de la Cour.
Outre icelle portion de lande est dit audit acte de
partage que ce qui reste de lande au costé dudit
chemin joignant le champ du Teilleul ledit chemin
levé et les perrieres qui demeurent communes aux
usagers contenant 18 (?) cordes demeure audit sieur curé.
C’est pourquoy j'ay fait clore et hayer ce reste et
l’ay incorporé au champ Beuchard qui estoit du
temporel de ladite cure, et en ay fait un seul champ
qui porte le nom de Beuchard et contient un journiau
et demy quelque peu plus, et le Roüttoüer contient
trois journiaux trois quarts avec les hayes d'autour.
Quand je fis faire ces clostures il en dêpleut à plusieurs
qui ne le firent pas paroistre, mais quelqu'uns me

(vue 32 page gauche)

susciterent secretement messieurs les chanoinnes de
Saint Thugal de Laval qui comme des personnes
qui s’estoint endormis pendant que tout ce que j’ay
dit cy dessus du triage et du partage
des quantons des bois et landes s’est passé,
s’eveillerent à l’excitation qui leur fut faite et
allerent lire les tiltres de leurs fondations
où trouvants qu’ils avoint droit d’usage dans
la lande Balloüere à cause de leur mettayerie du Teilleul creurent avoir bon droit
d’empecher mes clostures et de faire rabattre
mes hayes, disans qu’un particulier ne pouvoit
pas prendre de son authorité une partie d’un
bien commun et faire des hayes, tinrent là
dessus leur chapitre et deliberent de me faire
un procez, donnerent l’ordre à un d’eux de me
faire assigner et me firent plusieurs menaces,
à quoy je leur rêpondy qu’ils avoint dormy
trop longtemps et qu’ils s'eveilloint lorsqu’il
n’estoit plus temps, que pendant leur sommeil
les choses avoint changé, qu'au sujet des abbas
des bois qu'on faisoit pour les forges, les usagers
avoint fait leurs oppositions, qu'il y avoit eu un
procez entre les usagers et le seigneur de la Trimouille
qui avoit duré environ de quarante ans, qu'il avoit
esté donné un arrest en 1643 pour triager, que
les quantons de la paroisse de Saint Pierre de la Cour tant
des bois que des landes avoint estéz partagéz le 6me
octobre 1653, et qu'en tout cela n’ayans point opposé
avec les autres usagers pour la conservation de
leurs droits, ny pareu au partage qui s'est
fait des quantons de bois et des quantons de landes
destinez pour la paroisse de Saint Pierre de la Cour par
les usagers de ladite paroisse, et enfin n'ayant en tout
cela ny pareu ny parlé, ny n’estant fait d'eux

(vue 32 page droite)

aucune mention, ils sont decheuz de leurs droits
comme se pretendans usagers à cause de leur mettayerie
du Teilleul, et se pouvant faire qu’ils le fussent et qu’ils
y soint bien fondez par leurs tiltres, ne s’estant point
opposez avec les autres usagers de ladite paroisse de Saint
Pierre de la Cour du nombre desquels ils auroint
deu estre à raison de leur dite mettayerie du Teilleul
Teilleul (mot répété) parce qu’elle est sitüee dans ladite paroisse.
Les quantons de bois et de landes qu’on a assignez
à ladite paroisse aüroint esté plus grands à proportion
de leurs droits, mais comme dans le triage desdits
quantons on n'a eu aucun esgard au
chapitre de Saint Thugal faute de paroistre, faute
de parler, on n'a rien assigné pour ledit
chapitre, et aussy les usagers de ladite paroisse de
Saint Pierre de la Cour faisant partage entre eux
de leurs quantons n'ont point tint (sic) comte
de messieurs lesdits chanoinnes parce qu'il n’y avoit
rien pour eux, et parainsy que messieurs les
chanoinnes de Saint Thugal n’ont presentement aucune
raison de vouloir troubler les usagers de la
paroisse de Saint Pierre de la Cour pour leurs droits
d’usage à cause de leur mettayerie du Teilleul
qu’ils n’ont point de raison de chercher à
troubler le curé de Saint Pierre de la Cour pour avoir
fait clore et hayer la portion de la lande
Ballouere qui luy est escheüe par partage,
que ladite lande n'estoit plus commune puisqu’elle
estoit partagee, et qu’ils n’y avoint plus
aucun droit ny d'usage, ny autrement. A ces
remontrances ils se calmerent et me laisserent en patience.

Voyez la suite à la fin du 3me
registre qui est pour les mariages à
cette marque (dessin : croix entourée d’un cercle)

   
M 1645-1668
vues 63-67/86

(vue 63 droite)

Suitte de ce qui est êcrit à la fin
du huitieme registre à cette marque
(dessin : croix entourée d’un cercle)

Je ne croy pas que messieurs les channoines
de Saint Thugal
aprez ces remontrances vüeillent dorsenavant
troubler, mais enfin, s’il arrivoit dans la
suitte des tems qu’ils retombassent en quelque
retuerie et qu’ils voulussent troubler
mes successeurs, voyla de quoi leur
répondre.

Quant à la portion de 320 cordes de bois
qui escheut au curé de Saint Pierre de la Cour
dans la forest de la Gravelle par le susdit
partage, elle fut eschangée par Mre Louis
Noüillu curé de ladite paroisse de Saint Pierre de la
Cour avec Mre Pierre de la Corbinaye chevallier
seigneur de Bourgon par acte receu devant
Pierre Travers notaire royal demeurant à Bourgon
le 8me jour d’avril 1660, où ledit seigneur de
Bourgon a donné audit sieur Noüillu et à
ses successeurs pour contreschange une
rente de trente livres sise et assignée sur
son lieu de la Lande aux Torts, une piece
de terre en taillis de deux journeaux et demy
joignant d’un costé un champ de la mettayerie
de la Grande Brillaye et d’autre costé le
chemin qui tend de ce bourg aux Moulins
Neufs se terminant en pointe vers les
Moulins Neufs ; et une portion de lande ny

(vue 64 gauche)

close ny hayée de 220 cordes dans la
Lande Belloüere, abouttant du haut la piece de
terre du Haut Chasteau, et du bout du bas la
Geminiere. Quelque tems apres ledit contrat
d’eschange, ledit seigneur de Bourgon vendit ladite
closerie ou lieu de Lande aux Torts à
Jeanne Chevallier, veuve Jean Granger, et
transporta ladite rente de trente livres qu’il avoit
assignée sur sondit lieu de la Lande aux Torts
sur son lieu du Haut Chasteau, epuis
quelque temps après ledit transport il vendit
toutte la terre des Moulins Neufs où estoit
compris le lieu du Haut Chasteau à madame
de la Bougasteriere mere du sieur de Pannard
sans faire aucune mention de ladite rente
de 30 l.t Peu après le susdit contrat d’eschange
et pendant que ces autres contrats se firent
Mre Louis Nouillu s’en alla à Paris pour un
procez qu’il eut contre la gabelle et y
mourut, auquel Mre Alexis Febvrier succeda
qui fut curé de ladite paroisse de Saint Pierre de la
Cour 3 ou 4 ans ; au sieur Febvrier succeda
Mre Anne Francois de Caboche sieur de Mermont,
qui est une maison de noblesse de Picardie,
qui fut curé de ladite paroisse 5 ou 6 ans.
Ces messieurs mes predecesseurs ne se firent point
servir ladite rente de 30 livres, ny ne s’en
mirent point en possession, non plus que
du taillis et de la portion de lande donnez
pour contreschange, et ne s’opposerent point

(vue 64 droite)

aux susdits contrats de Jeanne Chevallier
et de la dame de la Bougateriere, de sorte
que ladite rente de 30 l.t. se trouvoit desja bien
esgarée. D’autre part les messieurs des forges du
Port Brillet avoit fait abbatre et enlever
les bois de la susdite portion du curé de Saint
Pierre de la Cour, qui leur avoit esté
vendüe par ledit seigneur de Bourgon, qui
l’avoit eüe dudit sieur Nouillu par eschange.
Moy venant au benefice et voyant cela en
mauvais estat, et ladite rente en danger
d’estre perdue, je fus quelque tems à
adviser comment je devois faire, et enfin
je pris et fis assigner ladite Jeanne
Chevallier pour me payer ladite
rente, qui fist insinüer ma demande audit
Mre Pierre de la Corbinaye seigneur de Bourgon,
qui estoit encore en vie, lequel n’estant pas
chicanneux vint de bonne foy à un
accommodement, et fisme une transaction
devant André Derommaigné notaire royal
demeurant en la paroisse de Bourgon le 7me jour
de may 1675, par laquelle transaction ledit
Mre Pierre de la Corbinaye s’obligea à la
descharge de ladite Chevallier de me payer
la somme de 260 l.t. pour les arrerages,
et s’obligeant à la continüation de ladite rente
me la transporta et hypotequa sur son fief

(vue 65 gauche)

de Chambordeau dans la paroisse du Bourgneuf,
comme il est dit plus au long audit acte. Ledit
Mre Pierre de la Corbinaye ne payant point
comme il estoit accordé audit acte, il fallut
le poursuivre, et je fis donner contre luy
un jugement à Saint Ouen, en vertu duquel je
fis saisir et arrester les fermes des moulins
de Bourgon sur ledit Pierre de la Corbinaye,
auxquelles saisies Mre Julian de la Corbinaye,
conseiller et president au parlement de
Bretage (sic), fils dudit Mre Pierre, homme de
palais et par consequent plus chicanneur
que son père, qui jouissoit des biens du
père, s’opposa, et sans dire pour lors de
raisons demanda l’evocquation de la cause
à son parlement en vertu de lettres de
committimus qu’il obtint à la chancelerie
à raison de ses offices. Mais Mr le senechal
de Saint Oüen, qui est un bon juge et mon
amy, maintint genereusement mon bon droit
et ordonna non obstant les lettres de
committimus de Mr le president de proceder
devant luy. Mr le president appella de
l’ordonnance de Mr le senechal de Saint Oüen
au siege de Mayenne, où il demanda encore
derechef son renvoy, et il me fist signifier de
nouvelles lettres de la chancellerie. La cause fut
plaidée et retenüe à Mayenne, et le procez
distribüé. A cette heure Mr le President dist
qu’il jouissoit des biens de son pere à la verité
mais comme son creantier et pour le remplacement

(vue 65 droite)

des deniers dotaux de sa mere, et non comme
son heritier, et me produit plusieurs contrats
et beaucoup d’escritures. Je fourny aussi ma
production. Or se voyant sur le point d’estre
condamné, il se trouva forcé de venir à un
accommodement et il fut fait entre luy et
moy un acte de transaction devant ledit
André Derommaigné, notaire royal à Bourgon,
le neufme jour de may mil six cent soixante
dix neuf où ledit Mre Julian de la Corbinaye
president s’obligea de me payer les arrerages
de ladite rente de 30 l.t., de me la continüer
et garantir sur ledit fief de Chambordeau ;
dont il s’est fort bien acquitté, et du depuis
ladite rente m’a esté bien payée et servie
jusqu'à present 1694. Sont des graces que le
bon Dieu m’a faites, dont je le remercie et
dont je prie mes successeurs de l’en
remercier. Cette rente a couru grande risque
d’estre perdüe en plusieures manieres, et si
Mr le president avoit eu son renvoy à
son parlement comme il le demandoit je ne
serois pas allé après car ç’auroit esté en
vain et je me serois mins dans des grands
frais et despenses qui ne m’auroint de rien
servy et dont je n’aurois jamais esté
recompensé. Je suis neantmoint encore presentement
embarassé au sujet de cette rente car les
creantiers de Mr le Président ont mis une
saisie sur tous ses biens de Bourgon et sur

(vue 66 gauche)

le fief de Chambordeau par le Chastelet
de Paris. J’y ay fait mon opposition pour la
conservation de ladite rente et je ne sçay point
encore ce qu’il arrivera.

En l’année 1692 par arrest du Conseil
royal des finances tenu à Versailles le 24me
avril dit an, je fus taxé pour ladite rente
de 30 l.t. pour le droit d’amortissement à cause
qu’elle avoit esté baillée au benefice cure de
Saint Pierre de la Cour par eschange en      200 l.
et pour le nouvel acquest en                      21 l.
pour le taillis et pour la portion de lande
proche la Geminiere aussi par eschange au
même acte, pour le droit d’amortissement
en trente cinq livres                                 35 l.
et pour le nouvel acquest en                       5 l. 3 s. 9 d.
et en outre deux solz pour livre desdites sommes
pour les …, ce qui faisoit tout ensemble
la somme de deux cents quatre vingt sept
livres six sols                                         287 l. 6 s.

Cette taxe me causa bien du coust et beaucoup
de peine, elle estoit excessive parce qu’ils
supposoint lesdites choses dans la mouvance
du roy, ce qui n’estoit pas vray, afin de
faire la taxe plus grande. Et par la signification
qui me fut faite de ladite taxe et dudit arrest
ils me commendoint de payer dans la ville
de Tours, ce qui m’embarassoit fort parce que
je ne trouvois point à Tours les moyens
de faire moderer l’exces de ma taxe, ny de
bonnes seüretez pour y faire porter mon
argent, et ce qui m’embarassoit encore davantage

(vue 66 droite)

estoit qu’on me prist pour la taxe de la
fabrice qui luy fut imposée par le même
susdit arrest à cause des fondations de
Louis et Pierre les Grangers, qui furent
taxées pour le droit d’amortissement de nouvel
acquest, et deux solz pour livre en plusieures
sommes particulieres qui se montoint ensemble
à la somme de                                       198 l. 5 s. 4 d.

Me voyant dans ces embaras, et ne sçachant
que faire, j’eu recours aux amis que le
bon Dieu m’avoit donné à Paris, qui avec
beaucoup de peines et 30 ou 40 l.t. viron
qu’il m’en cousta, firent moderer touttes
lesdites taxes, tant les miennes que celles de la
fabrice, à la somme de                            275 l. 19 s. x d.
sçavoir pour moy 122 l.t. 9 s. 4 d., et pour
la fabrice 123 l.t. x s. 6 d. J’ay esté
remboursé par les heritiers
desdits defuncts Louis et Pierre
les Grangers de ladite somme de 123 l.t. x s. 6 d.
mais je n’ay point esté remboursé de ladite
somme de 122 l.t. 9 s. 4 d. pour la rente de
30 l.t. taillis et portion de lande baillée
par ledit acte d’eschange par ledit seigneur
de Bourgon, quoyque pourtant ledit seigneur
doit l’acquit des amortissemens et nouveaux
acquests desdites choses par luy baillées
pour contreschange. Je l’en ay prié, et il
ne l’a pas voulu. Je ne sçay pas ce qu’il
en sera.

(vue 67 gauche)

Coppie au long de la quittance susdite
des amortissemens et nouveaux
acquests, tant pour la rente de 30 l.t.
taillis et portion de lande baillées
par eschange à la cure de Saint Pierre
de la Cour que pour les fondations
de Louis et Pierre les Grangers.

Je soussigné, interessé au recouvrement
des droits d’amortissement et nouveaux
acquests dans la generalité de Tours,
subrogé aux droits de Mre Jean Fumé
chargé par Sa Majesté du recouvrement
desdits droits en execution de la declaration
du roy du 5 juillet 1689, confesse avoir
receu des sieurs curé et fabrique de Saint
Pierre de la Cour sous Laval par les
mains du sieur Duclos provenans des
deniers du sieur curé, la somme de deux
cents quarante cinq livres dix neuf solz
dix deniers, sçavoir pour le sieur curé
de 122 l.t. 9 s. 4 d. et pour la fabrique
celle de 123 l.t. x s. 6 d., y compris les deux
solz pour livre, deüe pour lesdits
droits, sçavoir celle de deux cents
vingt trois livres douze solz huit
deniers en principal ; à quoy a esté
liquidé ce qu’ils doivent pour lesdits

(vue 67 droite)

droits d’amortissement et nouveaux
acquests, et la somme de vingt deux
livres sept solz deux deniers pour les
deux solz pour livre de ladite somme
principale de deux cents vingt trois
livres douze solz huit deniers, de laquelle
premiere somme de deux cents quarante
cinq livres dix neuf solz dix deniers je
promes compter à messieurs mes
associez et tous autres à la dêcharge
dudit sieur curé et fabrique, auquel sera
fourny incessamment quittance de Mr le
garde du tresor royal, de ladite somme
principale de deux cents vingts trois
livres douze solz huit deniers, et
celle dudit Fumé, pour les deux solz
pour livre en rapportant la presente.

Fait à Paris ce quinzieme septembre
1692. Signé Harent.

 
   
 
   

fin XVIIe s. - Catalogue des papiers et titres
de la cure et eglise de Saint-Pierre-la-Cour

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2005-09-19)

 
   

Registre M 1645-1668 (vues 68-73/86)

 
 

Transcription par Françoise Gautier

 
   
 
 

 

 

 

30 l.t.
à la Saint Georges
sur Mr de Bourgon

(vue 68 page gauche)

Catalogue des papiers et tiltres
de la cure et eglise de Saint Pierre
de la Cour.

De la closerie de Haut Louis terres en dependants
du Pré Macé Malherbe, les deux nöes proche
le jardin, des nöes Belines et des anciens usages
dans Fregeul et bois de la Gravelle et landes
Balloüere et Chesne à l’Evesque et d’un ecu
de rente qui se paye au curé de Saint Pierre
de la Cour sur la recepte du chasteau de
Laval chacun an au terme d’Anjevinnes.
Il n’y a aucun tiltre que la possession,
la jouissance continüelle et les âveüx des
predecesseurs curez rendus à la seigneurie
de Laval et qui se trouvent sur les
remenbrances de ladite seigneurie, par les-
quels âveus il se voit que le curé de la paroisse
de Saint Pierre de la Cour est tenu et obligé
dire une messe tous les lundys de chaque
semaine et de chanter un Subvenite au retour
de la procession tous les dimanches pour le
repos des ames des defuncts seigneurs du
comté de Laval, et d’en faire la recommendation
aux prônes de la messe parroissiale comme
seigneurs de la paroisse, tant des defuncts que
des vivans. Pour les anciens usages susdits
à l’esgard des bois seulement
ont esté changez dans une rente de dix êcus
dans le taillis et portion des landes dont est

(vue 68 page droite)

parlé cy dessus, laquelle rente taillis et portion
de lande tiennent presentement le lieu et place des
bois venus par partage au curé ou des anciens usages
quil avoit dans Fregeul et forest de la Gravelle
du champ de la Maisonneufve autrement le
Grand Rostis contenant deux journeaux et d’un
autre petit champ d’un demy quart de journeau
nommé le Petit Rostis proche le grand. Un petit
champ entre deux, et un autre petit champ entre
les Feuvillaines joignant le chemin du bout du haut
nommé le champ ou rüe aux Prestres contenant un demy
journeau, et d’une nöe de pré proche les Petites
Feuvillaines joignant d’un costé le ruisseau de
la Fontaine et du bas le ruisseau du Gué du Pont.
Il n’y a point de tiltres que la possession, la
jouissance continuelle et les aveux rendus par
les predecesseurs curez à la seigneurie de la
Salle estant icelles choses sitüees dans son fief
comme il seroit sur les remembrances de ladite
seigneurie ou les curés se sont âvoüez obligez de
faire la recommendation des seigneurs de la Salle tant
defunts que vivans aux prônes des messes parochiales
après le seigneur comte de Laval et de les avoir en
prieres.

Du champ Breton proche le village de Reuilli…
et du champ des Marres proche le village de
l’Euche, en la paroisse de Launay, situez dans le fief de Clermont il n’y a
point de tiltre que la possession, la jouissance
continuelles et les âveüs rendus par les predecesseurs
curez et par moy à l’abbaye de Clermont.
Ledit champ des Marres a esté eschangé avec
un petit champ qui est devant la porte des Rüettes
et joint le chemin qui vat de ce bourg aux Four…
par acte receu devant Jean Le Rouge notaire demeurant
en cette paroisse le 15me mars 1601.

(vue 69 page gauche)

Les tiltres du susdit taillis sont :

Premierement. Le contrat qu’en a fait Jean
Boüin, de dame Charlotte de Nasseau
duchesse de la Trimoüille, par les formes
de justice devant Pierre de Champhüon
juge royal de Laval le 29me jour de
novembre 1608. Ledit taillis pris dans
la forest de la Gravelle et est de deux
journeaux et demy, sitüé proche les terres
de la Grande Brillaye avec les confrontations
cy dessus estant en triangle.

2nt. Le contrat qu’en a fait Mre Francois de la
Corbinaye seigneur de Bourgon, d’Anthoinne
Aubert, par devant Jean Corvaissier notaire
demeurant au bourg de Saint Pierre de la Cour, le
17me novembre 1633.

 

(*) 4nt. La possess-
ion paisible
où je suis
depuis vingt
ans.

3nt. L’acte d’eschange fait entre Pierre
de la Corbinaye, fils dudit François de la
Corbinaye, seigneurs de Bourgon, et Mre Louis
Noüillu curé de cette cure le 8me avril
1660 devant Pierre Travers notaire royal
demeurant à Bourgon (*)

 

 

Tiltres de la susdite portion
de lande de 220 cordes dans la
lande Balloüere proche la Geminiere
sont :

Premierement. Le contrat d’acquest qu’en a fait
ledit Mre Pierre de la Corbinaye seigneur de Bourgon
de monseigneur Henry de la Trimoüille devant
Julien Richard notaire demeurant au bourg d’Olivet,
le 17me jour de juin 1646.

(vue 69 page droite)

2nt. Ledit contrat d’eschange devant Pierre
Travers 1660

Les tiltres dudit …oüer de trois
journeaux trois quarts dans la lande
Balloüere que j’ay fait clore, et de la
petite portion que j’ay incorporée
et fait clore avec le champ
Beuchard sont :

Premierement. Le triage fait en execution de
l’arrest de la Table de marbre du palais
à Paris, donné le 21 fevrier 1643.

2nt. L’acte de partage entre les usagers de
la paroisse de Saint Pierre de la Cour devant Francois
Mechineau notaire royal demeurant à la Madelene,
le 6me octobre 1653.

3nt. La possession paisible où je suis depuis
huit ans, et les ay fait clore sans aucun
trouble. On s’est contenté de me menacer.

4nt. Le tout fondé sur les anciens droits
d’usage de la cure de Saint Pierre de la Cour
dans la forest de la Gravelle et landes
Balloüere et du Chesne à l’Evesque.

Tiltres de la rente de 30 l.t.
constituée sur le fief de
Chambordeau dans la paroisse
du Bourgneuf la Forest sont :

Premierement. Ledit acte d’eschange entre Mre
Louis Nouillu cure de la paroisse de Saint Pierre
de la Cour et Mre Pierre de la Corbinaye

(vue 70 page gauche)

seigneur de Bourgon le 8me avril 1660
devant Pierre Travers notaire royal à
Bourgon.

2nt. L’acte de transaction fait entre
ledit Mre Pierre de la Corbinaye seigneur de
Bourgon, Jeanne Chevallier veuve Jean
Granger et moy devant André
Derommaigné notaire royal demeurant
à Bourgon ; le 7me de may 1675.

3nt. L’acte de transaction entre Mre
Julian de la Corbinaye, seigneur de Bourgon,
fils dudit Mre Pierre de la Corbinaye,
devant ledit Derommaigné notaire
royal à Bourgon le 9me jour de may
1679. Ensuitte de quoy a esté passé
bail dudit fief de Chambordeau par ledit
Mre Julien de la Corbinaye à Louis et
Pierre les Grangers, par devant Jean
Durand notaire à Brëal, à la charge que
lesdits Granger fermiers payeroint entre mes
mains ladite somme de 30 l.t. de rente chacun
an. Depuis ladite année 1679, j’ay jouy
paisiblement de ladite rente et m’a esté fort bien
payée et est encore presentement. Il y a la
saisie de madame de Villiers defunte apposée
sur tous les biens dudit seigneur de Bourgon
qui s’estend aussi sur ledit fief de
Chambordeau, qui est une affaire à discuter.

 

 

Les tiltres
en sont les
âveux des
curés.

(vue 70 page droite)

Tiltres des fondations de
l’église parochiale de St
Pierre de la Cour

Premierement est la fondation des seigneurs
comtes de Laval, qui ont donné comme
je croys la plus grande partie du domaine
de la cure de Saint Pierre de la Cour, à la
charge que les curez de ladite cure
diront à leur intention une messe
tous les lundys de chaque semaine,
feront d’eux la recommendation aux
prosnes des messes parroisiales et
chanteront un subvenit tous les dimanches
dimanches (mot répété) au retour de la procession.

2nt est la fondation de defunct mre
François Gemin pretre qui le lundy Xme jour
de décembre 1646 par devant Gilles
Davost notaire demeurant à Laval, a donné
la maison nommée la Croix Blanche
pour loger le sacriste de la paroisse de Saint
Pierre de la Cour avec un petit jardin
joignant ladite maison, à la charge par le
dit sacriste de dire ou faire dire chacun
an perpetuellement en l’octave de la Toussaints
un service à basse voix de trois messes : une
du Saint Esprit, la seconde de la Vierge et
la troisieme des morts avec vigile à neuf
leçons, une autre messe aussi avec vigiles

 

(vue 71 page gauche)

dans l’octave de la feste de Nöel,
pareille messe et vigiles dans l’octave des
Pasques, autre messe et vigile dans l’octave
de la Pentecoste et encore autre pareille
messe avec vigiles à la feste de l’Assumption
de Notre Dame. Le tout à l’intention dudit
sieur Gémin, ses defuncts pere et mere et
amis trepassez, auxquelles sera fait
recommendation des amis desdits les Gémins
et parens.

3nt est la fondations de defunct Yves
Aubert minerais qui par son testament
receu devant Pierre Boüin notaire

(*) 2me septembre 1652

demeurant dans la paroisse de Saint Pierre de la Cour le (*)
a fondé un service de 3 messes le
mardy des festes de Pasques dans l’eglise
de Saint Pierre de la Cour à perpetuité sur
son pré du Gué de Massay qui est
au bas du Pré Macé Malherbe et y
joint, et parce que la somme n’est

à 3 l.t. 10 s.

point reglée par ledit testament, je l’ay
fait regler par un jugement au siege
ordinaire de Laval rendu le 25me
janvier 1684.


Messe du
point du jour

4nt est la fondation de Perrinne
Malherbe qui a fondé une rente de
vingt cinq solz sur son lieu de la
Basse Balloraye et particulierement sur

(vue 71 page droite)

le pré de la Cressaudiere par son testament,
comme il se voit par un contrat entre Jean [et]
René les Malherbes et Renée Fleuret,
vendeurs, et Guy Caillet et Jeanne Malherbe
sa femme, achepteurs, devant André
Gilles et G. Durant notaires demeurant à
Brëal, le dernier jour d’octobre 1657,
et par la reconnoissance qu’en ont donné
Michel Salmon et Andrée Caillet sa
femme proprietaires dudit lieu et pré
devant Jean Boüin notaire demeurant au bourg
de Saint Pierre de la Cour le 7me de
novembre 1682.

(vue 72 page gauche)

5nt est la fondation de Renée
Aubert veuve Corvaisier sieur de la Reveürie,
laquelle ayant emprunté de la confrairie
du Rozaire de l’eglise parochiale de Saint
Pierre de la Cour la somme de cinquante
quatre livres, en a fait et constitüé une
rente annuelle et perpetuelle payable au
terme de Saint Georges à ladite confrairie du
Rozaire sur son lieu de Villeneufve et
particulierement sur le champ du Puis
par son contrat de constitution devant
François Peu notaire demeurant au bourg de Saint
Pierre de la Cour le 12me de mars 1670.

6nt est la fondation de Mre Francois Peu
notaire susdit demeurant au bourg de Saint Pierre de la
Cour qui par son testament receu devant
nous Loüis Anjüere curé (de) la paroisse de Saint
Pierre de la Cour le 27me jour d’avril
1679 a conjointement avec Olive Coüeffé sa
femme fondé seize services de chacun
deux messes chantees dans l’eglise parochiale
dudit Saint Pierre la Cour à perpetuité pour
le repos de leurs ames et de leurs parens
aux jours proche de chaque des quatres
principales festes de l’annee 15 jours devant
ou 15 jours aprez quatre, avec un nocturne
et laudes des morts à chaque service.
Et pour retribution desdits services ont
ensemble laissé sur tous leurs biens une

(vue 72 page droite)

rente de vingt livres, chacun pour une moitié
mais ladite Olive Couëffé survivante a revocqué
sa moitié de ladite fondation par son testament
receu devant Mre Gilles Lerozier pretre nôtre
vicaire le 4me jour du mois de juin 1692.
Partant, il ne subsiste plus que la moitié de
ladite fondation qui est la part dudit defunct François
Peu qui sont huit services de chacun deux
messes chantées avec un nocturne et laudes des
morts, deux 15 jours devant ou apres la feste
de Noel, deux 15 jours devant ou aprez
la feste des Pasques, deux 15 jours devant où
aprez la feste de la Pentecoste, et deux 15 j[ours]
devant ou aprez la feste de Toussaintz. Pour
lesquels dits 8 services est payée chaque
année au terme de Saint Georges la somme de
dix livres sur les biens immeubles dudit defunct
François Peu.

7nt est la fondation de defunct Louis
Granger marchand demeurant dans son
lieu et maison du Haut Chasteau en
cette paroisse de Saint Pierre de la Cour, qui
par son testament devant Jean Boüin
notaire demeurant au bourg de ladite paroisse
le vingtieme jour du mois d’avril
1688 a fondé une rente de vingt livres
annüelle et perpetuelle sur les préz de
Loüesieres et de Lespinette proche le village
de Villeneufve en cette paroisse pour la
celebration d’une messe devant l’autel de la Vierge
en cette eglise tous les vendredys, laquelle
rente se paye au jour Saint Georges.

L’indemnité de laquelle rente et fondation
a esté payée au roy l’an 1691 et est

 

 

(vue 73 page gauche)

comprise dans la somme de 275 l.t. 19 s.
dont copie de la quittance est cy dessus.

8nt est la fondation de defunct Pierre
Granger frere cadet dudit Louis Granger
aussy marchand demeurant dans son
lieu et maison de la Haulte Reveürie
dans cette dite paroisse de Saint Pierre de la Cour
qui par son testament devant ledit Jean
Boüin notaire a donné à perpetuité

(*) au village de
la Basse Baloraÿs
en cette paroisse de Saint
Pierre de la Cour

une closerie à luy appartenante (*) pour
la celebration d’une messe tous les samedys
dans cette eglise de Saint Pierre de la Cour
qui se doit dire devant l’autel de la
Vierge parce que je le scay de la bouche
dudit testateur quoyque le notaire aye
oublié à l’exprimer que c’est son intention.
Ledit testament en datte du vingt cinquieme
jour du mois d’avril 1688. De laquelle
fondation a esté aussy payé l’indamnité
au roy en même temps que de la
fondation cy-dessus dudit Louis Granger
et qui est pareillement comprise dans ladite
somme de 245 l.t. 19 s. dans ladite quitance
dont copie est cy dessus signé Harent.

9nt est la fondation de Jean Leroy sieur de la
Trebonnaye qui ayant il y avoit longtemps
receu de Mre Francois Gemin pretre susdit soixante livres
à condition de fonder à son intention des services
le 2e jour de may 1682 devant ledit Jean Boüin
notaire au bourg de Saint Pierre de la Cour, a fondé
une rente annuelle et perpetuelle de soixante
solz sur son lieu de la Trebonnaye en cette paroisse
pour deux services de chacun deux messes chantées
dans l’octave de la Toussaints à l’intention dudit
defunct Gemin. Cette fondation par sa datte est la 7me
mais l’ayant oublié, elle est ecrite au 9me lieu.

 
   
 
   

1689 - Procès entre le curé de Saint-Pierre
et les religieux de l’abbaye de Clermont
au sujet de la perception des dîmes

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2005-11-15)

 
   

Registre M 1645-1668 (vues 73-84/86)

 
 

Transcription par Françoise Gautier

 
   
 
 
 

(vue 73 page droite)

Des dixmes de la paroisse de Saint
Pierre de la Cour

En l’an 1194 (en interligne : et 1195), onze cent quatre vingt quatorze,
Jean et Philippes Crosseau chevalliers, et
Tibault Derbree aussy chevallier,
donnerent à l’abbaye de Clermont le
droit de dixmes qu’ils avoint dans la
paroisse de Saint Pierre de la Cour.

En l’an 1259 transaction fut faite entre
le sieur curé de Saint Pierre de la Cour et
les religieux de Clermont qui fut decretee
par Geffroy evesque du Mans, ce quy fut
fait aparanment pour appaiser les contestations.
Par laquelle transaction lesdits religieux
prennoint la moitié des dixmes même
novalles au fief du Grosmenil et au
fief des Feuvillaines et fief de la Cour.
Lesdits religieux prennoint le tiers des dixmes
mesme noualles, ce qui fut encore sujet
à beaucoup de contestations et de procez
entre les curez de la paroisse de Saint Pierre de la
Cour et lesdits religieux de Clermont, ce que
pour empescher,
le 3me juillet 1647 fut fait un acte
d’abournement devant Melchior Belin notaire à Laval
entre mre Loüis Noüillu curé de la paroisse de
Saint Pierre de la Cour et les sieurs abbé et
religieux de Clermont, par lequel tout le
droits desdits abbé et religieux de percevoir
des dixmes dans la paroisse de Saint Pierre de la


 

Ce traitté
d’abournement
fut executé et
observé jusques
à l’an 1689

(*) mesure de Laval

(vue 74 page gauche)

Cour fut abourné au nombre de
quatre vingt douze bousseaux de blé seigle (*)

à prendre sur le monceau et gros de la
cure. Neantmoint ce traitté fut encore
sujet aux contestations et procez car les
abbé et religieux de Clermont disoint que
par ces mots de blé seigle, il leur êtoit
deu du blé pur et net, où il n’y eust seulement
seulement (mot répété) que du seigle ; et lorsqu’il s’y trouvoit
quelques grains de nielle, de dreux, etc.
d’avoinne, ils le refusoint et n’en vouloint
point. Le curé n’eust pas osé affermer pour
un êcu de dixmes de blé, car ils aüroint dit
qu’il aüroit derogé au traitté par lequel il
estoit obligé de leur presenter le monceau
et gros de touttes les dixmes du seigle de la
paroisse et qu’il avoit affermé le meilleur blé
quoyque ce eust esté le plus mauvais, et
que par ainsy ils ne prendroint point son
blé, à moins qu’il ne fust parfaitement bon
et net. Les curez au contraire soustenoint
que cet acte estant un abournement des
dixmes à prendre sur le monceau et gros
de la cure, (ne ?) ce devoit estre du blé que
de telle qualité qu’estoint les dixmes de la
paroisse, tel que le produisoit la terre et le
fond, et qu’après qu’il avoit esté nettoyé
par le van, ils ne devoint pas davantage
que ces mots d’abournement à prendre sur le
monceau et gros de la cure le faisoint ass[ez]
entendre. A cela les religieux disoint que
lorsqu’ils avoint traitté avec le curé et qu’ils
avoint fait avec luy un acte d’abournement

(vue 74 page droite)

de leurs dixmes au nombre de quatre vingt
douze bousseaux de blé seigle mesure de
Laval, ils avoint beaucoup relaché de
leur droit, qu’il valoit bien mieux que ledit
nombre de blé, et qu’en se relachant ils
avoint entendu avoir du blé pur et net
et que c’estoit pour cela qu’on avoit mis
ces mots de blé seigle, et par ainsy vexoint,
gesnoint et tourmentoint les curez. Ils
venoint aux termes d’Anjevinne qui estoit
l’escheance de leur rente avec des harnois,
chevaux et poches se presenter au presbitaire
avec des sergens pour faire des sommations
avec des notaires pour prendre des actes de
rufus (?), quoyqu’on leur offrist le monceau
des dixmes du blé qu’on avoit recueilly
dans la paroisse parce qu’ils disoint n’estre pas
recevable, en prenoint des echantillons
pour porter au greffe et faisoint donner
au curé des assignations et puis failloit
plaider, et les juges souvent sans avoir esgard
au point de la contestation qui estoit
sçavoir si le blé seigle devoit estre pur et net
ou s’il suffisoit qu’il fust vanné et de la
qualité qu’il avoit esté recueilly des dixmes
de la paroisse, condamnoint le curé de fournir
et livrer auxdits religieux le nombre de
92 bousseaux de blé conformement à l’acte et
aux despens. Les religieux, après avoir fait un
voyage au presbitaire de la maniere cy
dessus, pretendoint fort bien contraindre le curé
de leur faire transporter à ses despens ledit
blé dans leur maison abbatiale. Ce sont

(vue 75 page gauche)

les persecutions qu’ils ont faites à tous
mes predecesseurs. Ils levoint et emportoint
une partie des dixmes et faisoint manger
l’autre en procez, de sorte qu’il ne restoit
souvent rien aux curez pour vivre
dans des années mauvaises. Ils avoint
seulement pour leur partage la peine et le
dêplaisir. Ces persecutions ont contraints
plusieurs curez à quitter et abandonner la
cure. Les deux qui m’ont immediatement
precedé, sçavoir Mre Anne François de Caboche
et Mre Alexis Febverier, ont esté contraints
d’abandonner tous deux de suite parce qu’il
ne leur restoit pas de quoy subsister, dont
j’ay bonne connoissance. Moy même j’ay
souffert et resenty ces persecutions qu’on a
exercées très rigoureusement sur moy depuis
1673 jusqu’à 1689, que je me servy
du secours que le bon Dieu envoya par
une declaration de nôtre bon roy Louis
quatorze. Le bon Dieu, qui veille incessamment
sur son église, voyant dans ce royaume
l’accablement de plusieurs pauvres curez qui
gemissoint sous une cruelle persecution des
gros decimateurs, en fut touché de compassion
et volut (sic) leur donner soulaigement par le moye[n]
du roy dont il tiend le cœur dans sa m[ain]
et le tourne comme il luy plaist. Cor reg[is]
in manu Dei et quocumque volet, vertet
illud. Il arriva donc au mois de janvi[er]
dans l’annee 1686 que nôtre bon roy
Louis XIIII, meu par l’esprit et mesericorde
du bon Dieu, porta la declaration par la-
quelle il ordonna que les gros decimateurs

(vue 75 page droite)

payeroint aux curez la somme de trois
cents livres quitte de decimes et de touttes
autres charges etc., et la somme de cent
cinquante livres pour leur vicaire, de
portion congrüe, lorsque les curez feroint
l’option de portion congrüe au lieu du
revenu de leur cure. Lorsque je veu
cette declaration, je la consideré comme un
secours envoyé du bon Dieu et comme un
moyen propre pour me dêlivrer de la persecution.
Je me resolu d’abort de m’en servir, mais
considerant touttes les peines qu’il me
failloit essuier dans un grand procez, je
voulu premierement tenter les voyes de la
douceur. Je fis plusieurs voyages à Clermont
pour proposer aux religieux le dessain ou
j’estois de prendre, et de leur demander la
portion congrüe. J’êcrivis jusqu'à Vabbres
à Mr l’abbé de Clermont qui est evesque
de Vabbres pour le même sujet. Je le prié,
je prié les religieux, je les sollicité tous
les uns et les autres du mieux qu’il me
fut possible pour qu’ils me fissent eux même
justice ou qu’ils me donnassent la
portion congrüe, ou qu’ils me fissent
quelque relache, ou quelque honeste
composition. A tout cela, ils furent
sourds et ne firent point estat de mes
recherches ny de mes prieres, se tinrent
toûjours dans leur dureté, et me croyant
toûjours incapable de les attaquer et de
les reduire à la raison, se mocqueoint de
moy. Mais ils ne regardoint pas que le bon
Dieu vouloit me secourir. Trois ans et demy

(vue 76 page gauche)

demy se passerent ainsy. Enfin le bon Dieu
qui me donna son secours me donna aussy
le courage, et dans la confiance que j’eu
dans le bon Dieu, j’attaqué Mr l’abbé et les
religieux de Clermont dans lannée 1689
et leur fis procez. Comme ils me menaçoint
de ne point payer de pension pour un
vicaire, attendu, disoint-ils, qu’il n’y avoit
pas un assez grand nombre de communions
dans la parroisse et qu’il failloit l’ordonnance
de Mr l’evesque du Mans, et me menaçoint
encore de prendre le dommaine de ma cure
avec touttes les dixmes si je leur demandois
la portion congrüe pour l’esgard d’un
vicaire. Je voulu me precautionner. Je presenté
une requeste à monseigneur l’evesque du Mans
au pied de laquelle il mis son ordonnance
qu’il seroit fait procez verbal de
l’estat et estendüe de la parroisse pour
la necessité d’un vicaire ; et pour le faire
il commis son doïen rural de Laval, le-
quel je fis descendre sur les lieux et
fis dresser un procez verbal assez à mon
avantage. Duquel procez verbal je pris
copie et l’aporté moymême à monseigneur
l’evesque du Mans, qui la voyant et
connoissant par ce procez verbal qu’il y
avoit toujours eu dans la paroisse un vicaire
et qu’il estoit necessaire d’y en avoir un,
fist incontinant expedier son ordonnance
au pied de ladite copie, ordonnant qu’il y
auroit dans la paroisse de Saint Pierre de la Cour
un vicaire, signa et y fist mettre son sceau.
Mais auparavant que cette ordonnance me
fust dêlivree, il arriva une lettre de la
part de Mr l’abbé de Clermont, evesque de
Vabbres, qui empescha qu’elle me fust dêlivrée.

(vue 76 page droite)

Monseigneur l’evesque du Mans ne
voulut point me faire justice
quoyque le procez verbal que je luy
presentois contint tout ce qui estoit
requis et que sur iceluy il eust
ordonné qu’il y aüroit un vicaire. Il
me rêpondit que Mr l’evesque de Vabbres
estoit son confrere et qu’il ne vouloit rien
faire sans son consentement, qu’il ne me
donneroit point de vicaire ny son ordonnance
pour en avoir un. A quoy je luy reparty et
luy dis : Vous ne vouderiez pas, Monseigneur
oster à cette parroisse un vicaire, voyant
par le procez verbal de votre commissaire
qu’il y en a toûjours eu et qu’il est necessaire,
car cela ne seroit pas selon Dieu ny
selon votre conscience ny selon l’intention
de notre bon roy dans sa declaration, que si
monsr de Vabbres est vôtre frere, le bon
Dieu est vôtre pere, dont il s’agist de la
gloire, l’eglise de vôtre dioceze est vôtre
epouze dont cette parroise en est une partie
partie (mot répété), les fideles qui y sont, sont vos
oüailles, qu’il vous faut paistre ou faire
paistre, et plusieurs autres choses que je
luy dist, qui ne servirent de rien, et me
rêpondit toûjours qu’il n’en feroit rien sans
le consentement de Mr de Vabbres, mais comme
mon affaire venoit de la grace du bon Dieu
ce que je reconnois encore bien mieux presentement
que je ne le reconnoissois au commencement,

(vue 77 page gauche)

dont je le remercie tres humblement et
luy dois des remerciemens eternels, dont
je prie tous mes successeurs d’en remercier
sa divine bonté, car ils y sont bien
obligez, et bien plus qu’ils ne sçauroint
jamais l’imaginer. Tout alla bien pour
moy. Je ne perday point courage. Le
premier jour de juillet 1689, je fis un
abandonnement de touttes mes dixmes
avec les champs Breton et des Marres
faisant partye du domainne de ma cure
parce que je voyois ces deux champs n’estre
sujets à aucun service, mais je ne fis
point d’abandonnement de tout lautre
domaine de ma cure parce que je voyois
par les declarations des sieurs curez mes
predecesseurs à la seigneurie de Laval
que tous les autres champs et préz aux
environs de ce bourg et closerie de Haut
Loüis despendans de ce benefice estoint
chargez d’une messe basse tous les lundys
à l’intention des seigneurs comtes de Laval et
d’un subvenite tous les dimanches au retour
de la procession, et de faire d’eux la
recommendation aux prônes et à la
seigneurie de la Salle ; que pour le
champ de la Maison Neufve autrement le
Grand Rostis, autre petit champ nommé
le Petit Rostis, autre petit champ nommée la
Rüe aux Prestres et nöe de pré proche
les Feuvillaines estoint tenües par les
curez de cette paroisse à la charge de service d[ivin ?]

(vue 77 page droite)

sur quoy je me fonde de n’estre point obligé
d’abandonner ledit domaine en prenant la
portion congrüe, en quoy je me trouvois favorisé
par la susdite declaration du roy de 1686. Mais
pas si nettement, comme le roy le dist
ensuitte par la seconde declaration le 30me
juin 1690 où il donna aux cürez outre
la portion congrüe, les fonds chargez
d’obis (sic) ou fondations pour le service
divin. Je me fis donc juger ledit jour
1er juillet 1689 par monsr le juge royal de
Laval de mon susdit abandonnement au
profit desdits sieurs abbé et religieux de
Clermont, à la charge de me payer la
somme de trois cents livres de portion
congrüe exempte des decimes et touttes
autres charges, et celle de cent cinquante
livres pour mon vicaire, à commencer
dès le premier jour de janvier audit an 1689.
A laquelle fin, je leur fis donner assignation ;
et après plusieurs procedeures et debas de part
et d’autres, un appointement en droit et
production, j’obtins par la grace du bon
Dieu une sentence le 7me septembre audit
an 1689 par laquelle lesdits sieurs abbé et
religieux de Clermont furent condamnez
de me payer la somme de trois cents livres
de portion congrüe et celle de cent cinquante
livres pour la retribution de mon vicaire
par les demyes années et d’avance de six mois
en six mois annüellement et solidairement,
sans prejudice du casüel, fondations et autres
droits reservez qui me demeuroint en outre

(vue 79 page gauche)

et à commencer le payement d’icelles
sommes le premier jour de janvier precedent
audit an. Si mieux n’aymoint abandonner
les dixmes ou rentes qu’ils prenoint sur
ma cure, leur donnant un mois pour faire
leur option ; et le 21 octobre dit an 1689,
faute à eux d’avoir fait leur option, elle
me fut referée par le juge, et moy
persistant dans ma même demande de
portion congrüe, j’obtins une seconde
sentence qui confirmant la premiere
condamna derechef lesdits sieur abbé et religieux de
Clermont de me payer comme dit est
la portion congrüe purement et simplement.
Pendant que tout cela se passa au temps de la
recolte, attendu que lesdits sieurs de Clermont
ne vouloint point faire recuellir et traitter les

(*) craignans de se
faire préjudice

dixmes par moy abandonnées (*), je fis ordonner
par le juge un sequestre au nom duquel
les dixmes furent recueillis et traittées,
quoyque neantmoint j’en fis tous les frais
et diligences, et retiré les acquits des
ouvriers à raison de x s. par jour pour
paye et despens au nom du sequestre des
susdites sentences et de tout ce qui s’en estoit
suivy. Lesdits sieurs abbé et religieux
interjeterent appel et moy cependant
je demandé la provision en fournissant
caution, ce qui me fut octroyé. En
vertu de ma sentence de provision après que
les dixmes de ladite année eürent esté ramass[ées]
et traittées et les mesurées faites avec touttes
les formalitez de justice, je fis saisir sur [les]

(vue 79 page droite)

sieurs abbé et religieux de Clermont entre les
mains (?) du sequestre touttes lesdites dixmes de ladite
annee et les fis vendre au palais de Laval,
l’audience tenant au plus offrant et dernier
encherisseur. Et comme le bon Dieu voulut
favoriser toutte mon affaire de ses graces,
il arriva par une grande faveur du
ciel pour moy, qui estoit une grace pour
tous, que les grains estoint cette annee
là et furent trois ans de suitte à vil prix.
Le blé ne fut vendu à l’audience du
palais que dix solz le bousseau et les
autres grains à proportion, tellement que le
prix de touttes les dixmes, tant grains que
pailles et lenfoirs ne montoit qu’à la somme
de trois cent trente deux livres 16 s., les-
quels grains furent adjugez à un de mes
amis, et fut dit que le prix d’iceux seroit
payé par luy entre mes mains, et moy que
je payerois les frais de sequestre. Ensuitte
de quoy, on fit taxer les frais du sequestre
suivant les quitances des ouvrieres (sic) et formalitez
de justice qui avoint esté observées. Lesquels
frais se monterent à la somme de deux
cens vingt neuf livres sept solz huit deniers,
de laquelle somme on donna au sequestre
un executoire contre moy, lequel ledit sequestre
quitance (?), et reconneut avoir receu ladite
somme de 229 l. 7 s. 8 d. de moy et l’executoire
me demeura en main parce que j’avois fait
tous lesdits frais ; et tous les grains qui avoint
esté adjugez à mon amy me demeurerent
qui même n’avoint point esté hors de
sur les lieux parce qu’on les avoit vendus

(vue 80 page gauche)

seulement sur des echantillons. Aprez tout cela,
il se voyoit qu’il ne me restoit de ladite somme
de 332 l. 16 s. qui estoit le prix de touttes les
dixmes, en deduisant celle de 229 l. 7 s. 8 d.
que j’avois payée au sequestre pour ses frais,
que la somme de cent trois livres 9 s. 8 d.
qui m’estoit à valoir sur la somme de quatre
cents cinquante livres que lesdits sieurs abbé
et religieux estoint condamnez me payer de
portion congrüe. Ce fut pourquoy je fis
encore saisir les fermes de monsieur l’abbé
de Clermont entre les mains de son fermier
general et on condamna ledit fermier de
me payer la somme de deux cens trente
quatre livres, laquelle il me paya bien
proprement en attendant nôtre procez à vuider
dans la cour du parlement. Cette somme
m’ayda à poursuivre mon affaire au
parlement, laquelle je receu comme une
grace de la bonté du bon Dieu. Mes
adversaires se promettoint beaucoup au
parlement de Paris, se confians dans leurs
qualitez et faveurs de leurs amis, croyoint
bien me faire perdre terre dans ce lieu là,
me consommer par la longueur du procez
et à la fin le gaigner facilement ainsy qu’ils
se vantoint, et me menaçoint. Pour moy, je
ne me vanté de rien, mais comme j’avois
mis ma confiance dans le bon Dieu dès le
commencement, je me fié toujours en luy
qui m’a fait aussy de la grace de ne me
delaisser point dans mon affaire, mais qui
l’a conduite heuresement jusqu'à la fin.

(vue 80 page droite)

Car enfin, nôtre procez ayant esté porté
à la cour du parlement par deux appels
qui me furent signifiez de la part de monsieur
l’abbé et de messieurs les religieux de Clermont,
j’y poussé le plus vigoureusement et le plus
diligemment qu’il me fut possible. Le bon
Dieu me continüa l’assistance de ses graces
et me fist trouver à Paris un bon procureur,
un bon advocat et de bons amis, et ne me
laissa point manquer d’argent. Le bon Dieu
me donna en ce même temps un amy à
Paris très agissant, intelligent, soigneux,
riche, estimé et aymé, que je n’avois
jamais veu n’y conneu, mais qui prist mon
party par le moyen de deux de mes amis
qui me le procurerent. Cet amy en agit en
veritable amy, aussy bien et mieux que si
l’affaire eust esté pour luy même, et mieux
que je n’aürois fait si j’y avois esté moy
même. (Car je n’allé point à Paris pour ce
procez, quoyqu’il fust de grande consequence).
Cet amy ne negligea rien, ne laissa êchapper
ny moment ny occasion propres, y employa
son industrie, son credit, ses amis et sa
bourse. Il gaigna entierement le raporteur, et
son secretaire, qui estoit un homme de 60 ans
habile dans la pratique, qui nous donna
toûjours bonne esperance. Cet amy fist
agir les amis que le bon Dieu m’avoit donnez
à Paris pendant six ans que j’y avois

(vue 81 page gauche)

demeuré, touttes les lettres et recommendations
que je peu pratiquer de tous parts, je les
mis entre les mains de cet amy, qui fist
tout bien valoir. Il arriva par bonheur que
la sœur de mon raporteur estoit la
penitence d’un curé de Paris qui estoit
parfaitement mon amy, ce qui me
servit grandement au maintien de mon bon
droit. Mon affaire marchoit bien sans
achrocher (sic) ; et mes adversaires, quy s’estoint
tant vantez, estoint bien surpris et etonnez
de voir cela aller un si beau train. Ils
avoint beau faire tous leurs efforts pour
retarder le procez, il alloit pas moins avec
autant de vitesse qu’il se peut jamais faire.
Il y eut beaucoup de debats, d’êcritures
et de sollicitations de part et d’autre
et le procez fut enfin porté sur le
bureau dans la seconde chambre des
enquestes, qui est composée de vingt six
conseillers et deux presidens, où il y eut
tant de raisons, et d’êcritures à examiner
que les seigneurs nos juges firent trois seances
pour juger, sçavoir, le mardy matin, le
même mardy au soir et le mercredy lendemain
au matin, vingt cinqme jour d’avril 1691
mil six cent quatre vingt unze,
feste de l’evangeliste saint Marc, auquel
jour 25me avril 1692 au matin la cour
prononça son arrest, qui me donna
tout au long le gain de ma cause,

(vue 81 page droite)

confirma mes sentences de Laval, condamna
Mr l’abbé et les sieurs religieux de Clermont
en tous les despens et me donna tout ce que
je demandois, par la grace du bon Dieu.
Incontinent, je delivré mon arrest et fis
taxer mes frais et aussytost je fis
signifier à Mr de Baradat abbé de Clermont
evesque de Vabbres, et aux religieux dudit
Clermont mondit arrest et executoire de mes
frais, et fis, en vertu dudit arrest et dudit
executoire, saisir et arrester tous les plus
beaux et meilleurs revenus de ladite abbaye
entre les mains des fermiers dans l’Anjou
et dans le Mainne. Ce fut à eux pour
lors à me rechercher parce qu’ils ne pouvoint
rien toucher de leurs fermes. Après leurs
grandes jactances et mêpris, cela leur faisoit
un desplaisir bien sensible. Pour sortir
d’avec moy, ils se recommenderent à plusieurs
personnes, ils eürent recours à monseigneur l’evesque
du Mans, auquel j’estois peu obligé dans ce
ce (mot répété) rencontre parce qu’il avoit toûjours tenu le
party de Mr l’abbé de Clermont à cause
qu’il estoit evesque. Neantmoins, parce que monseigneur
l’evesque du Mans estoit mon evesque, je ne
peu m’empescher d’avoir encore de la defference
pour luy. Mais ce qui me pousse le plus à une
honeste condescendance, fut la consideration
consideration (mot répété) du bon Dieu et la reconnoissance
de ses graces auxquels j’ay toûjours attribüé

(vue 82 page gauche)

et attriburay toûjours tout mon heureux
succez. J’eu crainte que le bon Dieu ne
trouvast pas bon que je tinsse autant de
rigueur que je le pouvois dans l’avantage qu’il
m’avoit donné sur mes adversaires. Ce fut
pourquoy je receu messieurs de Clermont à
l’abandonnement qu’ils me firent de
quatre vingt douze bousseaux de blé seigle
qu’ils prennoint pour droit de grosses dixmes
sur ma cure. Nous composasmes pour
les frais à la somme de treze cent trente
six livres et 276 bousseaux de blé des
arrerages de leur dite rente qui me demeurerent
en outre. Et je leur fis remise de six
cent livres ou environ sur mes frais que
j’aürois encore peu exiger d’eux et leur
faire payer outre la susdite somme de 1336 l.t.
dont je me contenté avec lesdits arrerages
de leur rente de blé ; laquelle somme ils
m’ont fort bien payée et sont bien contens
de ne prendre jamais rien à l’avenir sur
la cure de Saint Pierre de la Cour. De
nôtre accommodement il fut fait un acte
entre Mrs l’abbé et religieux de Clermont
et moy devant Pierre Poulain notaire
royal à Laval le vingtme jour de
novembre mil six cent quatre vingt unze,
par lequel acte lesdits sieurs abbé et religieux
de Clermont se soumettent à mon arrest et

(vue 82 page droite)

en execution d’iceluy me font l’abandonnement
de leur dite rente de 92 bousseaux de blé
etc. moy le recevant et consentant et pour
appuyer ledit acte lesdits religieux firent
auparavant un acte capitulaire dudit
abandonnement devant Charles Galet notaire
royal le 16me jour de novembre 1691,
duquel acte capitulaire copie fut apportée
par Gaspard sergent celerier de ladite abbaye
et comme procureur des autres religieux
pour traitter avec moy et me faire ledit
abandonnement. Laquelle coppie est demeurée
annexée à la minute du susdit acte fait avec moy devant
Poulain notaire royal. Il m’en cousta pour
poursuivre ce procez jusqu’au bout et obtenir
un arrest, mille livres, 1000 l.t. ou viron.
Et j’ay receu de messieurs l’abbé et religieux
de Clermont, en argent treze cent trente six
livres 1336 l.t. et en outre me sont demeurez
deux cent soixante seize bousseaux de blé seigle
pour trois années d’arrerages de leur rente,
sçavoir 1689, 1690 et 1691, en vertu de mon
arrest et de mon executoire. Et par
l’acte susdit fait entre nous devant Pierre
Poulain notaire royal la rente de 92
quatre vingt douze bousseaux de blé seigle
que l’abbaye de Clermont prenoit chacun
an sur la cure de Saint Pierre de la Cour, est
demeürée estainte et morte pour jamais,
pour toûjours, en execution et par vertu dudit
arrest. Gloire au bon Dieu, louange au
bon Dieu, mille actions de graces au bon D[ieu.]
Amen, amen.

(vue 83 page gauche)

Mes chers successeurs curés de cette
paroisse de Saint Pierre de la Cour, je vous
diray icy la mesme chose que nôtre Dieu
dist autresfois à son peuple Isräl par la
bouche de Moyse au sujet de la delivrance
de ce même peuple, de la captivité
d’Egipte, instituant la feste de Pasque
en memoire de cette miraculeuse delivrance

Exodi 12 c.

habebitis autem hanc diem in monumentum, et
celebrabitis eam solemnen Domino in generationibus vestris
cultu sempiterno.

Je vous prie de vous souvenir perpetuelement
jusqu'à la fin de la grace qu’il a pleu au
bon Dieu faire à cette cure, à moy et à vous,
et de n’oublier jamais ce jour vingt cinqme
du mois d’avril 1691 et de penser au
bonheur qui vous est arrivé dans ce jour
par la misericorde du bon Dieu, qui a eu
pitié des curés de cette parroisse de Saint Pierre de la
Cour, après les avoir veu gemir pendant

depuis 1194
jusqu’à 1691

le temps de cinq cents ans sous une grande
tyrannie, et a voulu dans ce saint jour
les dêlivrer de la rude captivité et rigoureuse
persecution de l’abbaye de Clermont par
un arrest du parlement. Mes chers
successeurs, parce que vous ne sentirez jamais,
graces à Dieu, cette persecution, vous aürez
peutestre de la peine à reconnoistre le
bonheur de vôtre delivrance, et vous en joüirez
sans en sçavoir gré. Mais si vous aviez esté
dans la place de mes predecesseurs, et dans
la mienne, vous y penseriez bien, et sçauriez
sçauriez (mot répété) estimer, comme il faut, ce bonheur.
Plusieurs curez ont esté si tourmentez par

 

 

Clermont prenoit
une partie des
dixmes et faisoit
manger l’autre
en chicannes

(vue 83 page droite)

la persecution de Clermont, qu’ils ont esté
obligez de quitter et d’abandonner la cure ;
et recemment, mes deux derniers predecesseurs
Alexis Febvrier et Anne François de Caboche
de suitte ont abandonné par la persecution,
et tous generalement ont beaucoup souffert
500 ans durans. Si vous oubliez, vous serez
coupables d’ingratitude. Souvenez-vous donc,
souvenez vous, je vous prie, de ce jour heureux
et du bonheur de ce jour, et en joüissance
de ce bonheur, rendez graces au bon Dieu
qui vous l’a donné et au moins chaque
année, dites ou faites dire une messe
à chaque feste de saint Marc, et jour vingt
cinqme d’avril tous les ans à perpetuité en
action de graces, et pour remercier le bon Dieu
qui vous a donné ce bonheur, et en l’honneur
du grand évangiliste saint Marc, que le bon Dieu
a fait presider à cet arrest, puisqu’il a
voulu qu’il aye esté donné le jour de sa
feste. Je vous prie aussy de vous souvenir
de moy, puisqu’il a pleu à nôtre bon Dieu se
servir de moy pauvre miserable, pour vous
procurer ce bonheur, d’avoir memoire de moy
dans vos saints sacrifices et prieres. Je
vous demande des prieres parce que j’en
aüroy grand besoin, je vous supplie de
ne me les pas refuser. Je vous en supplie
dans nôtre sauveur Jesus Christ, dans lequel,
comme dans notre pere commun, je vous embrasse
comme vôtre frere et amy Loüis Anjüere,
curé de la parroisse de Saint Pierre de la Cour.

Je vous supplie aussy d’avoir memoire dans vos
saints sacrifices et vous recommende très

(vue 84 page gauche)

fortement à vos prieres les ames de mes
defuncts très chers pere et mere Michel
Anjüere et Perrine Lebreton, dont les
corps reposent dans cette eglise de Saint
Pierre de la Cour. Je vous recommende
encore les ames de tous mes defuncts
parens.

 
   
 
   

Chronique des années 1686-1693
(intempéries, milice, cantonnement de troupes,
prix du blé et du vin)

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2004-07-25)

 
   

Registre BMS août 1690-1694 (vues 30 et 31)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

(vue 30)

Dans l’année 1690 la feste de Saint Louis il fist tout d’un
coup une abondance de pluye et un debordement d’eaux
si grand que les eaux rompirent les trois chaussées des
trois estangs de Villiers et emporterent les deux moulins,
et peu s’en faillut qu’elles n’emportassent  la chaussée des
forges du Port Brillet. Jamais les forgerons n’eurent si grande
peur.

Dans les années 1690, 1691, 1692 et 1693 le roy ordonna
aux parroisses de luy fournir des soldats, les grandes
deux ou trois ou quatre et les petittes un, qu’on appelloit
soldats de milice. Cette parroisse en a fourny un
et Launay au lieu d’en fournir a esté taxé en 60 l.t. Ce
fournissement de soldats de milice a causé bien du coust
et beaucoup de trouble aux parroisses car tentost on les
acheptoit tantost on faisoit tirrer au sort les garçons
et jeunes mariéz et le sort tomboit presque toujours
sur ceux qui ne vouloient ou ne pouvoient aller à la guerre.
Il en a beaucoup cousté à cette paroisse et on continue
encore ce fournissement.

Dans l’année 1692 on envoya dans la paroisse de La Gravelle
une compaignée de dragons de cinquante hommes de
cheval en quartier d’hyver, et comme ils trouverent
la paroisse trop petitte ils demanderent leur changement et
ils y resterent seulement quelques mois et ensuitte ils
furent transferez dans la paroisse de Bourgon, où ils
acheverent de passer leur quartier d’hyver. Il y en eut
à Juvigné et aussy dans plusieurs autres parroisses
qui ne les enrichissoient pas. Ces dragons se mirent à
voiturer du sel sans aucun empeschement car les gabeleux
fuyoient devant eux et leurs laissoient les chemins
ouverts et libres. Ces dragons passoient par le milieu
du bourg de La Gravelle et de la ville de Laval avec
des charges de sel en grand nombre. Les gabeleux
s’assemblerent neantmoins une fois et allerent garder
des dragons environ de six aux Sept Fontaines et en tuerent
un.

(vue 31, page gauche)

Dans l’année 1693 on envoya derechef dans ladite paroisse
de Bourgon une compaignée de quarante cavalliers
en quartier d’hyver ; on en envoya aussy dans les
autres parroisses où il y avoit eu des dragons l’année
precedente. On obligea les parroisses voisines d’autour
de fournir des fourages à ces compaignées à un certain
prix reglé par monseigneur l’intendant ou son subdelegué.
Les capitaines ou leurs lieutenans devoient payer mais
il en demeuroit toujours une partie au croc, quand
les receveurs des tailles avoint l’ordre de payer on
n’y perdoit pas grande chose.

Dans les années 1689, 1690, 1691 les grains furent
à vil prix. On vendoit le meilleur blé seigle
à Laval dix solz le bousseau, on en bailloit de bon
à sept solz, mais dans l’année 1692 il rehaussa
de prix et passa quarante solz le bousseau de
Laval et se tint toujours environ ledit prix de 40 s.

Dans les années 1686, 87, 88, 89, le vin fut à bon
marché. On avoit à Laval du meilleur vin d’Anjou
à vingt livres la pippe et à 18 l.t. Il fut encore
à bon marché en 1690 et 91 mais en 1692
au mois d’aoust et commencement de septembre
il fist des pluyes froides et du temps froid ce
qui retarda la maturité du raisin qui estoit abondant
et comme on attendoit tard le raison à meurir
vers le milieu ou même la fin de septembre
après qu’il eut fait huit jours ou environ de
beau temps chaud comme on croyoit aller
vendanger il vint une gelée qui gela tout le
raisin et le vin valut et fut vendu à Laval
trois cent livres la pippe vin d’Anjou vieu et
de l’année precedente et j’ay reçu un marchand de
Laval qui me dist qu’il en avoit encore une pippe
qu’il vendroit quatre cent livres. La pippe de cidre

(vue 31, page droite)

de cidre se vendoit à Laval trente six livres.

 
   
 
   

1697-1699 - Impositions ; prix du vin ; guerres

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2004-07-24)

 
   

Registre BMS 1697-1698 (vues 1-2/14)

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

(vue 1)

Dans la presente année mil six cens quatre vingt
dix sept la paroisse de Saint Pierre de la Cour a esté
imposée au gros de la taille à la somme de
douze cents quatre vingt livres, en utansile (sic)
à la somme de 470 l.t., pour indamnité et
fourage à la somme de 95 l.t., pour les appointemens
des officiers de milice 4 l.t. pour les habilemens 5 l.t. …
plus a esté imposée au role de la capitation
à la somme de 251 l.t.

Au commencement de cette année le vin blanc
d’Anjou vault 110 l.t. la pippe et le blé 40 sols à la
mesure de Vitré, et 25 s. à la mesure de Laval.

A la fin de cette année 1697 la paix generale s’est
faite entre le roy de France d’une part et le prince
d’Orenge, la Holande, l’empereur et le roy d’Espagne
confederez d’autre part, et a esté publiée au
commencement de l’année 1698 après une guerre qui a
duré entre ces deux parties plus de trente ans. Le
prince d’Orenge a esté la principale cause de cette
guerre qui estant le general des armées de Holande et
ayant epouzé la fille du roy d’Angletaire s’insinua
dans l’esprit des Anglois et sous pretexte de religion
chassa son beau père de son trône et de son royaume
et se mist dans sa place où il est demeuré par le
traité de paix et s’appelle le roy Guillaume et son
beau père qui est le roy Jacques est demeuré en France
où il s’est refugié avec la reine d’Angletaire et leur
fils le prince de Galle.

(vue 2)

Dans l’année 1698 la paroisse de Saint Pierre de la Cour
a esté imposée au gros de la taille à la somme (de)
1300 l.t. Les utensilles (sic) et autres sommes pour la
guerre ont esté ostées et est seulement resté le
quart de la capitation.

Dans l’année 1699 la paroisse de Saint Pierre de la Cour
a esté imposée au gros de la taille à la somme de
douze cent quarante et cinq livres : 1245 l.t.
et n’y a plus de capitation ny autres taxes.

 
   
 
   

1697 - Refonte et bénédiction des deux cloches

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2004-07-24)

 
   

Registre BMS 1697-1698 (vue 9/14)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

Le troisieme jour de juillet mil six cens quatre vingt
dix sept les deux cloches de cette eglise parochiale de Saint
Pierre de la Cour ont esté refondües, à la fonte desquelles
on a adjouté cent vingt livres de metail, dont il en est
allé trente livres en dechet, et quatre vingt dix livres
qui y sont demeurées par augmentation. Lesquelles deux
cloches ont esté raportées de la ville de Vitré, où
elles ont esté refondües. Le tout aux despens d'Anthoinne
Aubert sieur de la Mineraye demeurant dans le
village de Fauduteüil en cette dite paroisse, qui en a foürny
tous les frais, et lesquelles ont esté benistes dans ladite
eglise, la grosse au nom de saint Pierre et la petitte au
nom de saint Paul, le vingt deuxieme jour d'octobre
susdit an par nous Pierre Bureau pretre docteur
de Sorbonne curé et doyen de Laval, en execution de
la commission à nous donnée par monseigneur
l’illustrissime et reverendissime Louis
Delavergne Montenard de Tressan evesque
du Mans.

(Signature)

P. Bureau

 
   
 
   

1715 - Bénédiction de la grosse cloche

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2004-07-24)

 
   

Registre BMS 1711-1720 (vue 32/64)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

Je Pierre Chemin, curé de la Brulatte soussigné qui me
suis transporté à l’eglize de Saint Pierre de la Cour
doienné de Laval par commission de venerable et
discret Me Pierre Bureau docteur de Sorbonne, doien
curé de Laval, vicaire general de monseigneur
l’illustrissime et reverendissime evesque du Mans
en datte du vingt deuziesme juin mil sept cent quinze,
et en vertu de ladite commission ay beni la grosse cloche
de ladite paroisse soubs le nom de Saint Pierre nommee
par discret Mre Jacque Blanche curé de ladite paroisse
et par Perrine Aubert dame de Lespine soussignés,
en presence de tous les soussignés.

(Nombreuses signatures)

 
   
 
   

1727 - Bénédiction de la grosse cloche

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2004-07-24)

 
   

Registre 1721-1743 BMS (vue 39/152)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 

La grosse
cloche

Le vingt quatriesme dudit mois et an que dessus la grosse closche de cette
paroisse a esté benie par messire François Maherault prestre curé
de la paroisse de Launay Villiers par la permission de monseigneur
l’illustrissime et reverendissime evesque du Mans en datte du trese
du present mois signé Cottu vicaire general du diocese du Mans
nommée par messire François René de la Corbinais chevallier comte de
Bourgon de la Salle et des Grasmenils de Bourgon et autres
lieux et par demoiselle Anne Françoise
Trouillard de la Jeusseliere Françoise Renée Anne.
Rayé deux mots. Glose closche.

(Signatures : )
F. R. de la Corbinaye
Anne Françoise Trouillard
F. Maherault
J. Blanche

 
   
 
   

1741 - Mission des Capucins de Laval

   
   
 
   

Signalé par Denis Messager (2011-01-30)

 
   

Registre BMS 1721-1743 (vue 133/152)

 
 

Transcription par Denis Messager

 
   
 
 
 

(page gauche)

La sainte mission a commencé icy le 15 du present
mois par six reverands pères capucins de Laval 1741.

 

 

Sepulture
René
Moreau

Fin de la
mission.

(page droite)

La cloture de notre sainte mission et la fin de la vie de
René Moreau agé de 70 ans sont arrivées au meme
moment le soir cinquieme novembre 1741, le corps duquel
a eté inhumé le landemain dans le saint cymetiere de ceans
par nous pretre soubsigné, ès presences de Michel Maillard
sacriste, Louis Heulot, Simon Moreau et plusieurs autres qui ne
signent.

(Signature)
J.B.Granger pretre

 
   
 
   

1747 - Avis de décès d’un faux-saunier
mort dans les galères

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2003-12-10)

 
   

Registre BMS 1744-1754 (vue 37 /116)

 
 

Transcription par  Françoise Gautier et Denis Messager

 
   
 
 

Extrait
de sepulture
de Louis
Le Breton
mort dans
les galeres
le 28 juin
1747

Louis Le Breton, fils de feu Julien et de feüe
Jeanne Desforges, marié à Jeanne Fouques,
laboureur natif de Saint Pierre de la Cour diocese
du Mans, agé de vingt et six ans, bonne taille,
cheveux, barbe et sourcils chatains, visage mate,
les yeux gris, le nez pointu, aiant une legere
cicatrice au milieu du menton ; condamné à Laval
par sentence des officiers du grenier à sel le
vingt et trois juillet mil sept cent quarante et six
pour faussonnage à trois ans.

Venu en galere le onze octobre mil sept cent
quarante et six.

Mort à l’hopital le vingt et huit juin mil sept
cent quarante et sept.

Nous commissaire de la marine aÿant l’inspection
des chiourmes, certifions le present extrait
veritable et à iceluy avons fait aposer le
sceau roÿal des galeres à Marseille le
douze octobre mil sept cent cinquante signé
Pené. Tel est l’extrait de sepulture de Louis
Le Breton, tiré des registres du bureau
des chiourmes au port de Marseille,
numero 21431, à nous curé envoié et
adressé ce jourd’huÿ vingt six octobre mil
sept cent cinquante, dans lequel extrait de
sepulture nous avons trouvé ce qui est cy dessus
ecrit et specifié, par nous curé soubsigné
à Saint Pierre de la Cour ce vingt et six octobre
mil sept cent cinquante.

(Signature)

J. Merienne pretre et
curé de Saint Pierre de la

Cour

 

(Dans la marge, verticalement)

Paraphe ne varietur en consequence de notre ordonnance du jour d'hier à Saint Pierre de la Cour
le 6 fevrier 1765. (Signature) Barbeu de la Coupperie

 
   
 
   

1750 - Remarques du curé
sur « un prétendu droit de banc »
réclamé par le seigneur de Bourgon

   
   
 
   

Signalé par Jean-Luc Gastinel (2009-10-04) et Valerie Duroy (2010-07-17)

 
   

Registre M 1645-1668 (vues 85-86)

 
 

Transcription par Valerie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 85 page gauche)

Remarque particulierre d’un pretendu droit
de banc en cette eglise et refuté
et detruit.

En mil sept cent cinquante, Joseph François de
la Corbinais, seigneur de Bourgon, qui deceda le
vingt et huit avril mil sept cent cinquante et trois à
Renne et fut apporté à l’aglise (sic) de Bourgon, où il fut
inhumé enterré, s’immagina la vigille de la Toussaint
en 1750 de vouloir placer un banc dans le choeur
de l’eglise de Saint Pierre de la Cour, disant quil en
etoit seigneur accause d’un petit fief de la Salle
qu’il perçoit en cette paroisse de Saint Pierre de la Cour.
Je luÿ representais avec toutte la politesse qu’il
n’en etoit pas seigneur accause de son fief de
la Salle et que c’etoit monseigneur le duc de la
Trimouille qui en etoit seigneur fondateur
de Saint Pierre de la Cour, et que j’en ecrirois â son
altesse s’il executoit son dessein. Il me repond
en parolles dures que je n’en etois pas capable
et, malgré mon opposition, il plaça son banc et
fist coupper avec violance la balustrade de
communion pour placer plus commodement
son banc dans le coeur de leglise. Après avoir
ecrit â madamme la duchesse doiriere de la
Tremouille, j’eu une réponse favorable et,
sur ce que j’avois ecrit on fist promptement
ses diligences à Paris et on obtint une
sentence des requestes du parlement de Paris,
que madamme la duchesse de la Trimouille
fist signifier à monsieur de Bourgon de la
Corbinais, conseiller pour lors au parlement
de Renne, affein qu’il eut soubs vingt et quattre
heure après la signification de la sentence
à enlever son banc du coeur de l’eglise ou
autrement que les messieurs de la justice de
Laval se transporteroint à Saint Pierre de la
Cour pour enlever son banc. Ce qui arriva,
monsieur de Bourgon n’iant point obeÿ
à la signification de la sentence des requestes
du palais qui ordonnoit que le banc seroit

(vue 85 page droite)

enlevé du coeur et brisé et cassé par pieces
dans le chemin accause de la violance et le peu
de veneration qu’avoit eu Mr de Bourgon dans
le temple du Seigneur. Et ces messieurs de la justice
de Laval, voulant traiter un peu plus doucement
Mr de Bourgon, enleverent son banc du coeur
la survigille de la feste de Noiel mil sept cent
cinquante, qui etoit deux mois après qu’il eu[t]
eté placé, et dresserent une acte par devant
notaire, qui etoit Mr Trois de Laval, de l’enlevement
du banc qu’ils renverserent dans le bas de la
neffe de l’eglise auprès des fonts baptismaux
où il resta ainsy renversé pendant deux
ans trois mois, pendant lequel temps Mr de
Bourgon fist touttes ses recherches pour
prouver son pretendu droit de seigneur accause
de son petit fief de la Salle qu’il rend meme par
declaration à monseigneur le duc de la Trimouille,
et d’une ancienne permission que les habitants
de la paroisse de Saint Pierre de la Cour lui avoint
accordé en 1697 de placer un petit banc auprès
de la balustrade de communion, et d'autres
circonstances qu’il peut alleguer, dont il
composa un placet qu’il envoia à Paris à
monseigneur le duc de la Trimouille pour luÿ
faire connoistre son droit sans entrer en
procès, ce qu'on accepta, pour faire connoistre
â Mr de Bourgon qu’on vouloit luÿ rendre
justice de quelque maniere que ce peut estre.
Ce qui fist qu’on renvoia de Paris le placet ou
plaidoié de Mr de Bourgon au messieurs de la justice
de Laval pour en dresser un autre plaidoié
pour monseigneur le duc de la Trimouille
où on repondoit à chasque article du
plaidoié de Mr de Bourgon pour faire
connoistre les droits de seigneur fondateur
de monseigneur le duc de la Trimouille.
Lesquels deux placets ou plaidoiés furent

(vue 86 page gauche)

envoiés à Paris pour estre examinees par le
conseil de monseigneur le duc de la Trimouille,
qui est composé de sept messieurs conseillers,
auquels Mr de Bourgon voulut bien se
raporter, et qui examinairent avec toutte
la justice les raisons de part et d’autre.
Jugerent que puisque l’eglise de Saint Pierre
de la Cour etoit batÿe et scytuee
directement sur le fief et fond de terre de
monseigneur le duc de la Trimouille, et que
touttes les pieces de terre et maisons aux
environs du bourg de Saint Pierre de la Cour
sont encorre dans le fief de Mr de la Trimouille,
et que le fief de Mr de Bourgon n’est scÿtué
qu’aux extremités de la paroisse de Saint Pierre
de la Cour, et que meme les messieurs de Bourgon
ont reconnu les messieurs ducs de la Trimouille
pour seigneurs fondateurs de Saint Pierre de la
Cour accause de quattre pieces de terre qu’ils
ont donné il ÿ a plus de deux cent ans au
temporel de la cure de Saint Pierre de la Cour,
qui est le champs de la cure à la Maison Neuve
en cette paroisse, un autre petit champs auprès
de la Marionniere, et deux petitte noes de
pres au Feux Villainne, est specifié et resté
au tresor de cette eglise, et encore raporté
en ce registre, par lequel acte il est dit que
les messieurs de Bourgon donnant leurs quattre
pieces de terre, les curés seront obligés
de faire les prierres nominalles des
messieurs de Bourgon touts les dimanches aux
prosnes des grandes messes parroissialles
après les seigneurs ducs de la Trimouille,
seigneurs fondateurs de Saint Pierre de la Cour.
Ces messieurs du conseil, voiant touttes ces
preuves incontestables, jugerent et firent
connoistre à Mr de Bourgon qu’il etoit
très mal fondé à placer un banc dans

(vue 86 page droite)

le coeur de l’eglise de Saint Pierre de la Cour
et ÿ avoir les droits honorifiques pendant
que sa maison avoit meme reconnu les messieurs
ducs de la Trimouille seigneurs fondateurs
de Saint Pierre de la Cour par le don qu’ils avoint
fait au temporel de la cure pour les prierres
nominalles. Ce qui a obligé Mr de Bourgon
à se retirer bien confus et honteux de
son entreprise et de son banc renversé
dans l’eglise, à la risée du public pendant
l’espace de deux ans. Apres lequel temps, et
les affaires et les contestations etant decidees,
je l’aÿ demonté etant fort nuisibles aux
ceremonies de l’eglise, et laÿ placé par

(*) Pierre
Belosse
procureur
fabricier

paquets avec le procureur de fabrique Pierre (*) dans
la grange du presbitaire, et la table de
communion raccommodée par les messieurs
de la justice de Laval avec des clous et lattes
de fer quon ÿ voit encorre, et Mr de
Bourgon bien mortifié d’avoir fait une
pareille entreprise voulant s’atribuer
des droits qu’il n’a jamais eu et qu’il ne
pourra jamais avoier (sic). Cela cependant m’a
donné beaucoup d’affaires et causé beaucoub (sic)
de voiage à Laval mais grace a Dieu j’y aÿ
reussÿ aiant été repondu favorablement
de monseigneur le duc de la Trimouille,
seigneur fondateur de Saint Pierre de la Cour,
avertÿ de l’usurpation de la seigneurie
que vouloit luÿ faire Mr de Bourgon. Par
J. Merienne curé de Saint Pierre de la Cour.

La remarque faitte cÿ dessus et des autres parts
ecritte le 27 juillet 1753.

 
   
 
   

1766 - Mort écrasé « sous les ruines de minerai »

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2007-06-07)

 
   

Registre BMS 1766-1779 (vue 13/224)

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

Le douze aoust 1766 par nous curé soussigné a eté
inhumé dans le cimetiere le corps de Pierre Deforges
minier de la paroisse de Breal agé d’environ soixante
ans, decedé d’hyer au Minerai de cette parroisse, ayant
eté ecrasé sous les ruines du minerai, et ce en presence
de Michel Maillard, Jean Machard et de plusieurs
autres temoins qui ont declaé ne sçavoir signer
de ce enquis.

(Signature)
F. Fleury
curé

 
   
 
   

1770 - Assassinat de la veuve Le Sourd

   
   
 
   

Signalé par Julien Tancray (2011-03-17)

 
   

Registre BMS 1761-1779 (vue 171/351)

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

Le corps d’Anne Le Sourd, veuve Pierre Leprince,
agée de soixante et dix ans ou environ, trouvé assas-
siné hier matin en sa maison au lieu de la Ragonnerie
en cette paroisse, a eté inhumé sur les trois heures après
midy le treize mars mil sept cent soixante dix dans le
grand cimetiere proche la Croix Boissée par nous vicaire
soussigné, en presence de René Poisson son gendre
demeurant à Sillé, de Julien Chaingnon, hoste en ce bourg,
et de Michel Launay marchand et de René Besnard
tisseran, qui ont signé avec nous.

(Signatures)

René Poisson
M. Launay
Julien Chaignon
R. Benard
S. Anjubault

 
   
 
   

1785 - Bénédiction des deux cloches

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2003-11-03)

 
   

Registre BMS 1783-1792 (vue 47/216)

 
  Transcription par Françoise Gautier  
   
 
 

Benediction
des deux
cloches
de cette
paroisse

 

un jeudi
24 novembre
entre saint Clement
pape et martire
et sainte Catherine
vierge martire.

 

Etant placées on les
a fait carillonner
pro primo die . . .
à la fête de la
Conception 28 decembre

Le vingt quatrieme jour de novembre mil sept cent
quatre vingt cinq ont été par nous curé de Ruillé le Grave[lais]
soussigné benies les deux cloches de cette église . . .
d’un pouvoir spécial a nous adressé par l’un des . . .
vicaires genereaux de monseigneur l’evêque du Mans e[n]
date du vingt deux octobre dernier signé Paillé
vicaire général lesquelles cloches ont été nommées
savoir la plus grosse Marie Jeanne par le sieur [. . .]
Aubois des Planche maître en chirurgie domiciler de
Bréal et demoiselle Marie Barrier veuve de sieur Antoine
Griveau ; la petite Marthe Victoire par le sieur François
Depestaire Sauniere marchand et  par demoiselle [. . . ]
Levrot Desrottes femme du sieur Pierre Croissant de l[a]
Moinnerie qui sont tous domiciliers de cette paroisse
qui ont signé avec nous.

(Signatures )

François Depestere
Marie Barier
Aubert
Launay curé de Ruillé le Gravelais

Deposé . . . du present au greffe
du siege royal de Laval le
vingt cinq juillet mil sept cent
quatre vingt six.

(Signature)

Tellot fils.
 
   
 
   

1785 – Étrenne des cloches (sépulture)

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2003-11-03)

 
   

Registre BMS 1783-1792 (vue 54)

 
 

Transcription par Françoise Gautier

 
   
 
 

Jacques Salmon a
etrenné les cloches
par son deces et
inhumation.

Le premier service
où l’on sonna les
cloches fut l’anniversaire
de madame des Planches
Marie Gripon Vauveaubert
et où se fit le reglement
du son à une demi heure
qui irrita un peu la famille.

Sépulture de
Jacques
Salmon

âgé 78 ans.

L’an mil sept cens quatre vingt cinq le dix neuf
decembre a été inhumé dans le cimetiere de ce lieu
par moi vicaire de cette paroisse soussigné le corps
de Jacques Salmon closier decedé d’hier âgé
de soixante dix huit ans ou environ et bpatisé en cette
eglise l’an mil sept cens sept ou environ et ce en
presence de Michelle Salmon de cette paroisse
de Marie Salmon femme de Jean Grassard
journalier de la paroisse d’Olivet, de Jean Heriau
emploïer de la paroisse de la Gravelle, de Marie
Remond femme de Pierre Salmon closier de cette
paroisse, ses fille, gendre et belle fille qui
ont signé avec nous ou declaré ne savoir signer de ce
interpellé.

(Signatures )

Heriau
Marie Remond

Mautain vicaire

 
   
 
   

1786 – Étrenne des cloches (baptême d’un garçon)

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2003-11-03)

 
   

Registre BMS 1783-1792 (vues 55-56/216)

 
 

Transcription par Françoise Gautier

 
   
 
 
 

(vue 55)

L’an mil sept cens quatre vingt six le trezieme
jour du mois de janvier a été baptisé par moi
vicaire de cette paroisse soussigné Julien né
d’aujourd’hui à sept heures du matin du

legitime mariage de Julien Rubin metaïer


 

Bapteme de
Julien
Rubin
de la Salle
qui comme
premier
baptisé a etrenné les
cloches bénites et
placées

(vue 56)

à la Salle et de Renée Gerard son epouse, tous
deux de cette paroisse, mariés en cette église
le trente et un janvier mil sept cens quatre vingt.
Le parain e été René Rubin laboureur de
cette paroisse, la maraine Jeanne Laisi femme
de Michel Rubin metaïer de la paroisse d’Erbrée,
eveché de Renne en Bretagne, et ce en présence
du pere qui a signé avec nous ; les autres ont
declaré ne savoir signer de ce interpellés.

(Signatures)
Julien Rubin

Mautain vicaire

 
   
 
   

1786 – Étrenne des cloches (baptême d’une fille)

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2003-11-03)

 
   

Registre BMS 1783-1792 (vue 56)

 
 

Transcription par Françoise Gautier

 
   
 
 

 

Bapteme de
Jeanne Rousseau

 

 

(page gauche)

L’an mil sept cens quatre vingt six le vingtieme
jour du mois de janvier a été baptisée par moi
curé de cette paroisse soussigné Jeanne née
d’aujourd’hui à quatre heures du matin du legitime
mariage de Mathurin Rousseau closier et
rouetier et de Jeanne Beucherie son epouse
tous deux de cette paroisse, mariés dans cette

 

C’est la premiere
fille baptisée
qui a etrenné
les deux cloches
neuves benites
placées et tout à fait
arrangées.

(page droite)

eglise l’an mil sept cens quatre
vingt trois le jour sainte
Catherine. Le parain a été Vincent
Chatenaï laboureur de la paroisse d’Olivet, la
maraine Pauline Rousseau tante de l’enfant de
cette paroisse, et ce en presence du perre. Tout ont
declaré ne savoir signer de ce interpellés.

(Signature)
J. Paucton
curé

 
   
 
   

1867 - Enquête sur le décès d’un soldat,
mort de la fièvre jaune sur l'île de Gorée (Sénégal)

   
   
 
   

Signalé par (?)

 
   

Registre NMD. 1861-1870 (vues 231-234/380)

 
 

Transcription par (?)

 
   
 
 
(vue 231)
 

N° 41

Extrait des registres de l’état civil
de cette île de Gorée
Sénégal

 

Audience du 20 février 1868

N° 56
20 février 1868
Décès du sieur
Haudemond,
disciplinaire

Le tribunal de première instance de Gorée,
Sénégal, a rendu le jugement suivant.

Monsieur le Procureur impérial
a donné lecture de la requête suivante

A Monsieur le Président du tribunal de Gorée

La Procureur impérial près le même
siège a l’honneur d’exposer qu’il résulte
des renseignements qui lui ont été fournis
par l’administration de la Marine que
pendant l’épidémie de mil huit cent
soixante-sept sont décédés au poste de
Kaolack, arrondissement de Gorée, les
militaires dont les noms suivent :
1° Haudemond (Alexis Pierre)
Qu’à cette époque à raison même de
l’épidémie il n’a pas été tenu de registre
d’acte de l’état civil à ce poste
Qu’aujourd’hui il ne peut être
suppléé au défaut des actes de décès des
hommes dont les noms précèdent que
par un jugement.
Que pour parvenir à ce but sur
la demande de l’administration de la
Marine il a fait citer à compraître
à l’audience de ce jour les nommés
1° Moreau, sergent à la compagnie dis-
ciplinaire ; 2° Tangny, caporal ; 3°
Veiss, ex fusiller et 4° Rozenzeig

(vue 232 gauche)

fusilier à la même compagnie. Tous quatre
seuls survivants des militaires occupant
alors Kaloack se trouvent encore dans la
colonie.
En conséquence il prie Monsieur
le juge impérial de vouloir bien procéder
à leur audition pour statuer ensuite ce
qu’il appartiendra. Et ce sera justice.
A Gorée le dix-neuf février mil huit cent
soixante-huit.

Le procureur impérial, signé Meyer.

Après cet exposé le tribunal obtempérant
à cette requisition procède à l’audition des
témoins appelés par l’huissier.

1° Moreau, âgé de vingt huit ans,
sergent à la 3e compagnie disciplinaire, né
à Brizancourt, en garnison à Dakar, lequel
prête serment de dire toute la vérité, rien
que la vérité.

D.– Avez-vous connu Haudemond (Alexis Pierre) ?
R.– Oui, Monsieur, c’était l’ordonnance du lieutenant.
D.– Savez-vous où il est mort ?
R.– Il est mort au poste de Kaloack.
D.– A quelle date ?
R.– Le vingt-trois décembre mil huit
cent soixante-sept.

Deusième témoin.– Tangny, caporal
d’infanterie de marine, agé de trente-six ans
né à Coloret (Finistère) en garnison à Dakar
prête serment de dire toute la vérité et
rien que la vérité.

D.– Vous étiez au poste de Kaloack
pendant l’épidémie de dix huit cent soixante-
sept ?
R.– Oui, monsieur le président.

(vue 232 droite)

D.– Avez-vous connu Haudemond
(Alexis Pierre) et pouvez-vous indiquer au
tribunal la date de son décès ?
R.– J’ai connu parfaitement Haudemond
mais je ne me souviens pas du jour de
sa mort.

3° Témoin.– Veiss (François Joseph),
agé de quarante-trois ans, ancien militaire
aujourd’hui employé chez monsieur Jousse
à Dakard, prête serment de dire toute la
vérité rien que la vérité.
D.– Vous étiez au poste de Kaloack
pendant l’épidémie de l’année dernière ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Vous avez dû connaître tous les
militaires qui étaient dans ce poste ?
R.– Oui.
D.– Avez-vous connu Haudemond
(Alexis Pierre) ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Vous rappelez-vous l’époque de son décès ?
R.– Non, monsieur.

4° Témoin.– Rozenzeig, fusilier à
la troisième compagnie disciplinaire, âgé de
vingt-sept ans, né à Strasbourg, demeurant
à Dakar, prête serment de dire toute la
vérité, rien que la vérité.

D.– Étiez-vous au poste de
Kaloack pendant l’épidémie de la
fièvre jaune de l’année dernière ?
R.– Oui, monsieur le président.

(vue 233 gauche)

D.– Avez-vous connu Haudemond ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Pouvez-vous indiquer au tribunal
la date de son décès ?
R.– Je ne puis vous indiquer que
quelques uns (sic).

Après l’audition de ces témoins
la parole est donnée à M. le procureur
impérial qui conclut à ce qu’il plaise au
tribunal déclarer que l’époque du décès du
nommé Haudemond est suffisamment cons-
tatée par les témoignages entendus et
par les pièces de ce dossier et ordonner que
le jugement soit transcrit sur les registres
de l’état civil de Gorée chef-lieu d’ar-
rondissement pour tenir lieu au susnommé
d’acte de décès.

Le tribunal,
Après en avoir délibéré conformément
à la loi.
Ouï monsieur le procureur impérial
en ses conclusions
Jugeant en matière civile
Attendu qu’il résulte de la déclaration
unanime des témoins produits à cette
audience que le sieur Haudemond est
décédé au poste de Kaloack le vingt
trois décembre 1867

Attendu que jusqu’à ce jour l’acte
de décès du susnommé n’a pas été inscrit
aux registres de l’état civil
Attendu que la réparation de telle

(vue 233 droite)

omission est d’ordre public, qu’il y a lieu de
statuer par un seul jugement . En conséquence
fixe le décès du sieur Haudemond au vingt-
trois décembre 1867.
Ordonne que le présent jugement sera
transcrit sur les registres de l’état civil
de cette île, chef-lieu d’arrondissement pour
tenir lieu au susnommé d’acte de décès
et ce sur minute. Les dépens à la charge de
l’Etat.
Ainsi fait, jugé et prononcé au
palais de justice de Gorée (Sénégal) en
l’audience publique du jeudi vingt février mil
huit cent soixante-huit où siégeaient :
Messieurs Aug. Thaly, juge impérial, président,
Moyer, procureur impérial, et Victor Boyer
greffier.
Signé : Aug. Thaly et Victor Boyer.

Transcrit littéralement sur les deux
registres de l’état civil de Gorée à la
requête de monsieur le procureur impérial
par nous Victor Boyer greffier du
tribunal de l’île de Gorée remplissant
les fonctions d’officier de l’état civil. Ce
jourd’hui trois mars mil huit cent soi-
xante huit. Signé : Boyer.

Pour copie conforme.
L’officier de l’état civil signé boyer
Vu pour légalisation de la signature de
Monsieur Victor Boyer, officier de l’état
civile de Gorée par nous juge impérial
président du tribunal. Ce jourd’hui huit
avril 1868. Signé : Aug. Thaly.
Vu pour légalisation de la signature
de Monsieur Aug. Thaly juge impérial

(vue 234)

président du tribunal par nous com-
mandant dudit lieu. Ce jourd’hui huit
avril 1868. Signé : Mailhetard.
Vu pour légalisation de la signature
de M. Mailhetard.
Paris le 20 juin 1868.
Par délégation du ministre de la Marine
et des Colonies
Pour le directeur de la Comptabilité générale.
Le chef de bureau du service intérieur des
Bibliothèques. Signé Xer Cordier.

Transcrit sur nos registres conformément
à la loi par nous maire de la
commune de Saint-Pierre-la-Cour le 28 juin
mil huit cent soixante huit.

(Signature)
H. Barré

 
   
 
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(vue 231)

N° 41

Extrait des registres de l’état civil
de cette île de Gorée
Sénégal

 

Audience du 20 février 1868

N° 56
20 février 1868
Décès du sieur
Haudemond,
disciplinaire

Le tribunal de première instance de Gorée,
Sénégal, a rendu le jugement suivant.

Monsieur le Procureur impérial
a donné lecture de la requête suivante

A Monsieur le Président du tribunal de Gorée

La Procureur impérial près le même
siège a l’honneur d’exposer qu’il résulte
des renseignements qui lui ont été fournis
par l’administration de la Marine que
pendant l’épidémie de mil huit cent
soixante-sept sont décédés au poste de
Kaolack, arrondissement de Gorée, les
militaires dont les noms suivent :
1° Haudemond (Alexis Pierre)
Qu’à cette époque à raison même de
l’épidémie il n’a pas été tenu de registre
d’acte de l’état civil à ce poste
Qu’aujourd’hui il ne peut être
suppléé au défaut des actes de décès des
hommes dont les noms précèdent que
par un jugement.
Que pour parvenir à ce but sur
la demande de l’administration de la
Marine il a fait citer à compraître
à l’audience de ce jour les nommés
1° Moreau, sergent à la compagnie dis-
ciplinaire ; 2° Tangny, caporal ; 3°
Veiss, ex fusiller et 4° Rozenzeig

 

(vue 232)

 

fusilier à la même compagnie. Tous quatre
seuls survivants des militaires occupant
alors Kaloack se trouvent encore dans la
colonie.
En conséquence il prie Monsieur
le juge impérial de vouloir bien procéder
à leur audition pour statuer ensuite ce
qu’il appartiendra. Et ce sera justice.
A Gorée le dix-neuf février mil huit cent
soixante-huit.

Le procureur impérial, signé Meyer.

Après cet exposé le tribunal obtempérant
à cette requisition procède à l’audition des
témoins appelés par l’huissier.

1° Moreau, âgé de vingt huit ans,
sergent à la 3e compagnie disciplinaire, né
à Brizancourt, en garnison à Dakar, lequel
prête serment de dire toute la vérité, rien
que la vérité.

D.– Avez-vous connu Haudemond (Alexis Pierre) ?
R.– Oui, Monsieur, c’était l’ordonnance du lieutenant.
D.– Savez-vous où il est mort ?
R.– Il est mort au poste de Kaloack.
D.– A quelle date ?
R.– Le vingt-trois décembre mil huit
cent soixante-sept.

Deusième témoin.– Tangny, caporal
d’infanterie de marine, agé de trente-six ans
né à Coloret (Finistère) en garnison à Dakar
prête serment de dire toute la vérité et
rien que la vérité.

D.– Vous étiez au poste de Kaloack
pendant l’épidémie de dix huit cent soixante-
sept ?
R.– Oui, monsieur le président.

 

(vue 232 droite)

 

D.– Avez-vous connu Haudemond
(Alexis Pierre) et pouvez-vous indiquer au
tribunal la date de son décès ?
R.– J’ai connu parfaitement Haudemond
mais je ne me souviens pas du jour de
sa mort.

3° Témoin.– Veiss (François Joseph),
agé de quarante-trois ans, ancien militaire
aujourd’hui employé chez monsieur Jousse
à Dakard, prête serment de dire toute la
vérité rien que la vérité.
D.– Vous étiez au poste de Kaloack
pendant l’épidémie de l’année dernière ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Vous avez dû connaître tous les
militaires qui étaient dans ce poste ?
R.– Oui.
D.– Avez-vous connu Haudemond
(Alexis Pierre) ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Vous rappelez-vous l’époque de son décès ?
R.– Non, monsieur.

4° Témoin.– Rozenzeig, fusilier à
la troisième compagnie disciplinaire, âgé de
vingt-sept ans, né à Strasbourg, demeurant
à Dakar, prête serment de dire toute la
vérité, rien que la vérité.

D.– Étiez-vous au poste de
Kaloack pendant l’épidémie de la
fièvre jaune de l’année dernière ?
R.– Oui, monsieur le président.

 

(vue 233 gauche)

 

D.– Avez-vous connu Haudemond ?
R.– Oui, monsieur le président.
D.– Pouvez-vous indiquer au tribunal
la date de son décès ?
R.– Je ne puis vous indiquer que
quelques uns (sic).

Après l’audition de ces témoins
la parole est donnée à M. le procureur
impérial qui conclut à ce qu’il plaise au
tribunal déclarer que l’époque du décès du
nommé Haudemond est suffisamment cons-
tatée par les témoignages entendus et
par les pièces de ce dossier et ordonner que
le jugement soit transcrit sur les registres
de l’état civil de Gorée chef-lieu d’ar-
rondissement pour tenir lieu au susnommé
d’acte de décès.

Le tribunal,
Après en avoir délibéré conformément
à la loi.
Ouï monsieur le procureur impérial
en ses conclusions
Jugeant en matière civile
Attendu qu’il résulte de la déclaration
unanime des témoins produits à cette
audience que le sieur Haudemond est
décédé au poste de Kaloack le vingt
trois décembre 1867

Attendu que jusqu’à ce jour l’acte
de décès du susnommé n’a pas été inscrit
aux registres de l’état civil
Attendu que la réparation de telle

 

(vue 233 droite)

 

omission est d’ordre public, qu’il y a lieu de
statuer par un seul jugement . En conséquence
fixe le décès du sieur Haudemond au vingt-
trois décembre 1867.
Ordonne que le présent jugement sera
transcrit sur les registres de l’état civil
de cette île, chef-lieu d’arrondissement pour
tenir lieu au susnommé d’acte de décès
et ce sur minute. Les dépens à la charge de
l’Etat.
Ainsi fait, jugé et prononcé au
palais de justice de Gorée (Sénégal) en
l’audience publique du jeudi vingt février mil
huit cent soixante-huit où siégeaient :
Messieurs Aug. Thaly, juge impérial, président,
Moyer, procureur impérial, et Victor Boyer
greffier.
Signé : Aug. Thaly et Victor Boyer.

Transcrit littéralement sur les deux
registres de l’état civil de Gorée à la
requête de monsieur le procureur impérial
par nous Victor Boyer greffier du
tribunal de l’île de Gorée remplissant
les fonctions d’officier de l’état civil. Ce
jourd’hui trois mars mil huit cent soi-
xante huit. Signé : Boyer.

Pour copie conforme.
L’officier de l’état civil signé boyer
Vu pour légalisation de la signature de
Monsieur Victor Boyer, officier de l’état
civile de Gorée par nous juge impérial
président du tribunal. Ce jourd’hui huit
avril 1868. Signé : Aug. Thaly.
Vu pour légalisation de la signature
de Monsieur Aug. Thaly juge impérial

 

(vue 234)

 

président du tribunal par nous com-
mandant dudit lieu. Ce jourd’hui huit
avril 1868. Signé : Mailhetard.
Vu pour légalisation de la signature
de M. Mailhetard.
Paris le 20 juin 1868.
Par délégation du ministre de la Marine
et des Colonies
Pour le directeur de la Comptabilité générale.
Le chef de bureau du service intérieur des
Bibliothèques. Signé Xer Cordier.

Transcrit sur nos registres conformément
à la loi par nous maire de la
commune de Saint-Pierre-la-Cour le 28 juin
mil huit cent soixante huit.

(Signature)
H. Barré