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Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

Javron

 
   
 
   

1707 - « Maladies et fievres pestilentieuses »

   
   
 
   

Signalé par Josselyne Brindeau (25 janvier 2005).

 
   

Référence : registre BMS 1700-1710 ( vue 103).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
   
  Depuis le mois de juillet de la presente année
il y a dans cette paroisse beaucoup de maladies
et fievres pestilentieuses, la dessenterie ayant succedé
ensuitte, maladie tres cruelle, où beaucoup de personnes
de different aage meurent continuellement. Dieu
nous ayt en sa sainte garde.
 
   
 
   

1716 - Prise de possession de la cure

   
   
 
   

Signalé par Mireille Girault (2007-10-22)

 
   

Référence : BMS 1710-1720 (vue 48/71)

 
 

Transcription par Mireille Girault.

 
   
 
 
 

(En marge)

Nota
Le 23 juillet
1716  Mr l'abbé
Vauclin a pris
possession
du prieuré.

 
   
 
   

1730 - Écrasé par une charrette

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2007-01-15)

 
   

Référence : BMS 1730-1739 (vue 6/139)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

Le vingt quattre aoust, l'an mil sept cent
trente, sur les sept heures du soir a esté
inhumé dans le cimetiere de Javron
le corps de Jean Davoust âagé de quatorze
ans, lequel a esté ecrasé d'une roüe
de charette dans le chemin de Mayenne
au dela du Ribay suivant le raport qui
nous en a esté fait par Jean Milet et
Mathurin Le Royer, presents lorsque ledit
feu Davoust tomba sous la charette et qui
n'ont pu y remedier. Et le corps dudit
Davoust a esté aporté dans la charette
et remis chez la veufve Jean Davoust sa
mere, et l'inhumation faite en sa
presence et de François Le Meusnier
sieur du Pont, et de François Le Meusnier (sic)
sieur de Boisroger, et de Jean Trollé,
qui ont signé avec nous ; la mere a declaré
ne sçavoir signer      

(Signatures : )

F. Lemeunier
F. Lemeusnier
J. Trolle
M. Androüard

 
   
 
   

1735 - Inhumation d’un « soldat inconnu »

   
   
 
   

Signalé par Christiane Fouquet (3 mai 2005).

 
   

Référence : registre BMS 1730-1739 (vue 59/139).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
Sepulture
[…] soldat
inconnu
Le 13 septembre 1735 a esté inhumé dans le cimetière de cette
paroisse un soldat inconnu cherchant l’aumone qui est mort à la
Musardiere en Javron subitement après avoir pris quelque
noriture et s’est dit estre de Renne et y avoir des nepveuz
et des niepces et ledit homme est mort chez Deloriere audit village.
 
   
 
   

1737 – Mort écrasé par un éboulement
dans une perrière de Chattemoue

   
   
 
   

Signalé par Valerie Duroy (2007-05-13)

 
   

Référence : BMS 1730-1739 (vue 87/139)

 
 

Transcription par Valerie Duroy

 
   
 
 
 

Le sixieme jour de fevrier an que dessus [1737] a esté
inhumé dans le cimetiere de cette eglise avec
les ceremonies ordinaires le corps de Francois Boudier
decedé du jour precedent, et mort subitement ayant
eû la teste ecrasée par un monteau de pierres
et de terre tombée sur luy pendant qu'il travaillait
dans le fond d'une perriere à Chatemoux ; après
avoir vêcu viron vingt cinq ans ; l’inhumation
faite presence de Jean Boudier son pere, de
de (sic) Jean, Paul et Jacques les Boudiers, ses
freres, de sa mere, et grand nombre de ses
parents et amis qui ont signé avec nous, et les autres
ont declaré ne sçavoir signer.

(Signatures : )

Jean Fortin
M. Androüard
Boudier
J. Boudier
Paul Boudier
L. Broust (?)

 
   
 
   

1751 - « Orage terrible ». Jubilé

   
   
 
   

Signalé par Maud Leroy (2008-05-07)

 
   

Référence : BMS 1750-1759 (vues 33-34/185)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 33)

Le seze juin de la presente année sur les six heures du
soir il survint un orage terrible : en un moment les
perrieres d’ardoise furent remplies d'eau, les foins perdus
par les deris, l’eau passant de plusieurs pieds par dessus
une partie des chemins ruinés par des ruisseaux qui s’y firent
et qui y firent des fosses considerables en en enlevant des
(des) pierres qu'un fort harnois auroit bien eu de la peine
à mener. La gresle qui tomba en abondeance perdit touts
les seigles tant en environ les deux tiers  de cette paroisse
qu’en toutte l’etendue de Cranne et Villepail et en partie de celle de
(mot rayé). Les cieux qui continuerent jusqu'au mois d'aoust
firent perdre le peu que la gresle avoit epargné en les
endroits cy dessus marqués. La gresle ne fist pas un tort si 
considerable en ce qui est de l’autre costé de la riviere ny en ce
qui est compris entre le chemin de Villaine et laditte riviere
ny en ce qui est compris à la gauche du chemin de Javron
à Saint Aignan, mais le reste fut tout perdu. La continuation
des eaux partout a rendu le grain fort cher l'annee suivante
en sorte qu'il valloit dès le Caresme douze livres le
boisseau mesure de Lassay.

Le grand jubilé commença en ce diocese le neuf novembre,
il ne finit que le huit may au soleil couchant.

Pour l’ouverture les cloches par tout le diocese sonnerent le
huit novembre depuis cinq heures jusqu’à six heures du soir
et le lendemain depuis sept heures jusqu'à huit du matin.
Par touttes les paroisses on fist une procession generale un
des jours de la premiere quinzaine à l'exception des deux
premiers jours on ne devoit pas aller plus d'une lieue loin 
il falloit aller et revenir croix levée.

(vue 34)

La cloture se devoit faire le 8 may 1752 par l'exposition
du saint sacrement ; le salut ; après quoy on devoit chanter le
te deum.

On faisoit les stations pendant quinze jours de suitte, ou
interrompus. Et on devoit visiter chaque jour quatre eglises,
oratoires, chapelles etc. ainsi qu’il estoit marqué par le
mandement de monseigneur l’evesque pour les lieux
dont y estoit fait mention ; et pour ceux dont il n'estoit
pas parlé sa grandeur laissoit aux curés à designer
les lieux des stations. A chaque station on devoit dire
cinq fois pater noster et ave maria. Et on devoit prier
pour nostre saint pere le pape, pour le roy, la reine,
monseigneur le dauphin, madame la dauphine, pour l’heureuse
fecondité de leur mariage, pour toutte la famille royale,
pour monseigneur l’evesque, pour la conversion des heretiques
shismatiques et pour touts les besoins spirituels et temporels
de l’eglise et de l’etat.

Il estoit deffendu d’exposer le saint sacrement pendant le
jubilé.

On pouvoit se confesser à tout prestre aprouvé et recevoir
la sainte eucharistie en quelle eglise on vouloit, en quel temps
on vouloit, soit avant, pendant ou après les stations.

Les enfans pouvoient gagner le jubilé sans recevoir la sainte
eucharistie en faisant les autres choses prescrites.

Les prestres pouvoient absoudre de touts cas et censures
reservees commuer les voeux.

Les confesseurs pouvoient dispenser des stations les personnes
qu’ils jugoient ne pouvoir les faire en leur prescrivant
d’autres oeuvres pieuses. Ceux qui estoient absent pendant
le jubilé pouvoient le gagner après leur retour en faisant
ce qu’ils auroient fait s’ils avoient esté au pays pendant
le temps du jubilé et leurs confesseurs avoient les mesmes
pouvoirs pour ces personnes seulement qu’ils avoient pendant 
les six mois du jubilé.

Le mandement est du trente septembre 1751.

 
   
 
   

1754 - Transport de la statue de Louis XV ; sécheresse

   
   
 
   

Signalé par Patrick Cacheux (21 mars 2005).

 
   

Référence : registre BMS 1750-1759 (vue 88 ).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 

En le mois de juillet de cette année [1754] passa par
icy la figure de Loüis quinze pour estre menée
à Rennes. On dit qu'elle pesoit vingt deux milliers
sans le pied d'estal et les autres ajustements. Il y avoit
dix huit chevaux à la mener et un chariot fort à
proportion ; les autres figures et ajustements estoient
en d'autres chariots.

En cette année il a fait une secheresse bien longue
ayant duré depuis le commencement de juin jusque
vers la my octobre sans qu'il soit presque point tombé
d'eau ny fait d'orage ou tonnerre. Cependant il y a eu
encore des grains passablement à l'exception du carabin
dont il n'estoit pas demy année.

 
   
 
   

1756 - Tremblements de terre dans le monde

   
   
 
   

Signalé par Serge Douillet (12 novembre 2003).

 
   

Référence : registre BMS. 1750-1759 ( vues 104-110).

 
 

Transcription complète (par Monique Ingé et Isabelle Michaut).

 
   
 
 

(vue 104)

En le courant de cette année il ne s’est rien passé
d’extraordinaire que les temblemens de terre qui ont eu des
suittes funestes ainsi que je vais le marquer cy après.
Pour les grains il en estoit allez bonne année et ainsi
n’estoit pas d’un trop grand prix.

Comme le papier du registre de 1756 est fini
ou presque fini je vais raporter les suittes des tremblemens
de terres arrivés tant dans cette année qu’en laditte année
1756.

Le 26 avril 1755 en la ville de Quito au Perou on ressentit de violens
tremblement de terre et ce à 8 h du matin ce qui dura trois minutes
peu après elles recommencerent mais avec moins de violence et elles
se succederent presque sans interruption tout le reste de la matinée.
Le 27 à 5 h après midi la secousse fut si violente que la pluspart
des habitants sortirent de la ville pour n’estre point ensevelis sous les
ruines de leurs maisons. Entre onze heure et minuit, la terre trembla
de nouveau pendant cinq minutes et peu après elle recommença à
trembler et cela quatorze fois de suite pendant toutte la nuit les
ecclesiastiques furent occupés à exorter et à confesser dans les rues et
dans les places publiques la consternation estoit generale. Le 28
fut l’epoque fatale de la ruine de la ville. Edifices publics, maisons
particulières tout s’ecroula successivement les magistrats firent ouvrir
les prisons et donnerent la liberté à tous ceux qui n’estoient pas
detenus pour crimes capitaux. On permit aux religieuses de quitter
leur cloistre. Cependant, il ne perit que quatorze ou quinze tant
vieillards que femmes et enfans et les habitans se disperserent dans
les campagnes et dans des barques. Et depuis ledit jour 28 avril
juqu’au 30 may il se passa peu de jours sans qu’on n’ait ressenti
quelques secousses.

Le 10 septembre 1755 vers minuit dans le district de Huse-Wig en Dannemark
on sentit une violente secousse et le lendemain il y en eut plusieurs autres

Suite de la transcription...
(par Monique Ingé et Isabelle Michaut)

 
   
 
   

1757 - Attentat de Damiens

   
   
 
   

Signalé par Gwendoline (23 janvier 2006).

 
   

Référence : registre BMS 1750-1759 ( vues 148-152).

 
 

Transcription complète (par Monique Ingé et Isabelle Michaut).

 
   
 
 

(vue 148 droite)

En cette année arriva un accident qui pensa jetter la
France en le dernier trouble et ce par l’attentat de
l’abominable Robert François Damiens sur la personne
sacrée de Louis quinze le bien aimé, nom qui luy avoit
été donné quelques années auparavant lorsqu’etant
tombé malade à Metz en Loraine la France entiere
fut dans la consternation et fist des vœux unanimes
pour le retablissement d’une santé si chere.

Robert François Damiens etoit né au lieu de Thieulloy paroisse
de Monchi-Breton dans l’Artois d’une famille aussi abjecte
que pauvre. Il avoit passé la plus grande partie de sa vie
dans la plus obscure domesticité et s’etoit formé par degré à la
plus haute sceleratesse. En l’eglise de Saint Benoist il s’etoit marié
avec une nommée Elisabeth Mollersin originaire de Metz dont il eut
une fille. Quoy qu’il fust marié en touttes les conditions qui ont
été au moins au nombre de cent depuis son mariage il se
disoit cependant garçon. Au mois de juillet 1756 il entra
au service de monsieur Michel libraire de St Petersbourg qui
se trouvoit alors à Paris et quelques jours après ayant volé
audit sieur Michel 240 louis et disparu, le 31 decembre
il revint a Paris. Il fut trouver sa femme qui luy dist :
« Malheureux, viens-tu te faire pendre à Paris ? » et il se retira
en colere et elle ne le revit point depuis. Il etoit alors age d’environ
quarante deux ans.

Le cinq janvier à cinq heures trois quarts ou environ ce miserable
travesti en colporteur trouva moyen de s’approcher du roy au
milieu de sa garde sans etre apperçu. Il etoit armé d’un couteau
à deux lames, dont l’une etoit une lame ordinaire, l’autre avoit la
forme d’un canif et etoit large de cinq à six lignes et longue d’environ
quatre pouces et ç’a eté avec cette derniere qu’il a porté le fatal
coup.

Le roy etoit descendu de l’appartement de madame Victoire par un
petit escalier qui donne dans la cour où les carosses l’attendoient.
Mr le marquis de Courtanceaux, capitaine des cent suisses de la garde,
marchoit devant le roy, Mr le compte de Brionne, grand écuyer,

Suite de la transcription...
(par Monique Ingé et Isabelle Michaut)

 
   
 
   

1774 - Décès d’une « femme ou fille inconnue »

   
   
 
   

Signalé par Stéphanie Blot (2009-10-19)

 
   

Référence : 1770-1779 (vue 110/315)

 
 

Transcription complète (sauf un mot).

 
   
 
 
 

Le treize novembre mil sept cent soixante et
quatorze est decedée subitement en la grange du
nommé Julien Goupil, demeurant au lieu de la
Guermondiere, une fille ou femme paroissante agée
d’une quarantaine d’années, laquelle …oit son
pain, et qui se disoit etre de la paroisse de
Chalon près Laval, sans avoir dit son nom et son
surnom. Tout ce ce que dessus nous a eté certifié
par ledit Julien Goupil ès presences de Julien Fortin
cordonnier et de Michel Gondard (palonnier ?)
tous les deux sousignés et demeurants en cette
paroisse ; de plus ledit Goupil nous a certifié
devant les susdits Fortin et Gondard avoir
trouvé un chapelet en la poche de la defunte
ce qui etant une marque de sa catholicité nous
curé sousigné avons le lendemain inhumé son corps
en notre cimetiere, ès presences de François Le
Cordelé sacriste, de René Thomas, dudit Goupil et
de plusieurs autres qui ne sçavent signer fors les
sousignés. Deux mots rayés nuls.

(Signatures)

F. Lecordelée
J.R. Guilloreaux
curé

(En marge)

Voyez ce qui suit.

Et depuis l’engegistrement (sic) cy dessus nous a eté declaré
par Anne Loyson et Barbe Piet touttes ses deux
filles demeurantes en cette paroisse, que laditte marquée
en ledit enngitrement (sic) leur avoit dit trois jours avant
sa mort qu’elle etoit de la paroisse de Chalon près
Laval, que feu son père se nommoit François Darida
et sa feute mere Renée Darida ; et ont signé avec
nous.

(Signatures)

Anne Loison
Barbe Piet
J.R. Guillereau
curé

 
   
 
   

1775 - Émeutes en France contre la cherté des grains

   
   
 
   

Signalé par Serge Douillet (12 novembre 2003).

 
   

Référence : registre BMS. janv.1770-1779 (vues 143-149).

 
 

Transcription complète (par Monique Ingé et Isabelle Michaut).

 
   
 
 

Émeutes levées en cette année 1775
par rapport à la charté des
grains

La recolte mediocre de l’année 1774 et le temps froid et sec des
mois d’avril et may de 1775 avoient pu donner lieu au renche-
rissement de grains en plusieurs endroits, mais il s’en falloit toujours
beaucoup que le pain fut aussi cher (surtout à Paris) qu’il l’avoit
été ès années 1770 et 1772 car durant ses années la livre de
pain montoit generalement à 4 s. la livre et dans quelques provinces
jusqu’à 5 à 6 s. et qui n’arriva pas dans cette année ; cependant
on vit des emeutes se manifester dans les provinces et dans la
capitale même.

Dès le 18 d’avril la populace de Dijon poursuivit le meunier
de la riviere d’Ouch [Ouche], qui s’étant retiré chez un procureur fut
obligé de se sauver de toits en toits ; son moulin situé dans
un des fauxbourgs, fut culbuté, les meules, les roües, touttes les
machines brisées et la farine pillée ; une cinquantaine des plus
mutins furent arrestés et conduits dans les prisons et pour
contenir la multitude on fit venir d’Auxone [Auxonne] 400 hommes du
corps royal d’artillerie et de Dole le regiment Dauphin
Cavalerie.

Cette premiere etincelle alluma pour ainsi dire la sedition
et ce dans un tems où les marchés etoient suffisamment appro-
visionnés, dans un tems où la sagesse d’un ministre eclairé
appelloit des secours etrangers pour faire renaitre l’abondance
et forcer ainsi, par la concurrance des commerçans les plus
avides à baisser le prix de leurs grains, d’indignes citoyens qui
avoient conçu le projet sedicieu tenebreux de contrarier l’edit
qui rendoit la liberté au commerce des grains et de traverser
les operations qui y etoient relatives – dans cette vüe qu’ils
qu’ils (sic) supposerent de faux arrets du conseil, qu’ils oserent
faire afficher clandestinement dans les bourgs et les villages
des placards, des ordres du roi, portant que sa majesté vouloit
que ses sujets ne payassent le bled que douze francs le

(vue 144 gauche)

le (sic) septier, qu’ils pouvoient par tout s’en pourvoir à ce prix et
ces indignes citoyens avoient eu grand soin d’alarmer les
habitans des campagnes, en leur annonçant la disette et l’avenir
le plus terrible et pour les animer on leur montroit du pain
qui avoit été fabriqué avec du son, du seigle et des cendres
et qu’on avoit laissé moisir.

La trame odieuse etant ainsi disposée, ce fut alors qu’on vit eclater
la sedition, que l’on peut appeller une conspiration contre
le bien public et contre la gloire de l’administration – moins
pressés par des besoins reels qu’animés à nuire à leurs
concitoyens, des vagabonds, des gens sans aveu, repan-
dirent l’epouvante dans les villages, en entraînèrent les
malheureux habitans aux marchés les plus voisins,
taxèrent les bleds fort au dessous de leur valeur et sur
le refus des marchands de vendre à ce prix ils enlevèrent
de vive force tous les approvisionnemens – la marche de
ces vagabonds se faisoit avec une certaine methode et la
pluspart de leurs chefs etoient inconnus dans les lieux mem[e]
ou ils exerçoient la sedition.

Le 29 avril ils etoient en force à Beaumont-sur-Oise ; ils donn[èrent]
l’exemple du pillage ; les marchands se virent arracher avec
violence leurs grains et farines ; les uns payoient les
denrées sur le pied d’un tiers de la valeur, les autres et
s’etoit le plus grand nombre, l’enlevoient sans payer ; plusieurs
meme paroissant n’avoir en vue que le gaspillage et le
degast, perçoient à coups de couteaux les sacs dont ils repan-
doient les bleds et les farines pour les fouller aux pieds.
Les bords de l’Oise furent temoins des memes desordres les
jours suivans.

Le meme jour 29 avril les brigands attroupés parurent à Pontoise,
ils s’y partagèrent en deux bandes principales, qui suivirent le
cours de la Seine, l’un en dessandant et l’autre en
remontant, touttes les deux agissans d’après les memes
instructions, se livrèrent aux memes excès, en pillant les

(vue 144 droite)

batteaux destinés pour l’approvisionement de Paris et
en jettant une partie de la farine dans la riviere – quoyque
les chefs excitassent le peuple à en faire autant, celuy-cy
neanmoins prefera d’emporter les grains ou farine.

Le premier may, les memes brigands se porterent à Saint-Germain
dont ils pillèrent le marché

Le second, ils pousserent l’audace jusqu'à se presenter à Versailles
et ils en pillerent le marché

Le trois, un certain nombre de ces seditieux se glissa à
Paris et renforcés de la plus vile populace ils forcerent et
pillerent les boutiques des boullangers ainsi que des marchés
au pain – la pluspart donnoient ou vendoient le pain qu’ils
avoient volé et alloient ailleurs recommencer leurs exces – ils
se portoient en foule à la halle aux grains. Mais les gardes
françoises reprimerent leur fougue audacieuse et les
dissiperent, après en avoir arresté quelques uns des plus
coupables.

Reduits à l’impuissance de commettre des desordres dans la
capitale, par les corps de garde nombreux qui furent placés
dans les differens quartiers, les seditieux se rependirent dans
les villes et les villages des environs pour y exercer leurs
brigandages.

Mais ils ne s’en tinrent pas à commettre leurs forfaits
aux environs de Paris, mais se rependirent presque par
toutte la France – n’y eut-il pas jusqu'à Villaine le Juyée [la Juhel]
où il y eut une pareille emeute – plusieurs coupables furent
arrestés et conduits ès prisons du Mans d’où ils ne sortirent
qu’avec fletrissure, en autres l’un des principaux bourgois
qui fut forbanni de la province du Maine.

Cependant le gouvernement prenoit les mesures les
plus fermes pour arrester le cours de ces brigandages – les
troupes furent autorisées à repousser la violence par
la voie des armes et plusieurs detachemens des troupes de la
maison du roi furent envoyés en cantonnemens en l’Isle de
France.

(vue 145 gauche)

Il se tint à Versailles un conseil où l’on s’occupa des moyens les
plus promps pour retablir la tranquillité et à l’issue duquel
on expedia des courriers portant des ordres relatifs à la sureté
des chemins et à la marche de plusieurs regimens qui furent
mandés tant à Paris qu’aux environs – le marechal de Biron
ayant reçu des lettres de commandement du roi posta des
troupes dans tous les marchés, les places publiques et les carrefours,
et depuis se moment tout se passa à Paris sans le moindre
tumulte – le quartier general du marechal fut etabli
à Paris – il avoit sous luy quatre lieutenans generaux, un major
et les ordres y etoient donnés comme à l’armee.

Le 4 may, le parlement s’etant assemblé rendit un arrest
pour ordonner
que les procedures commencées dans son ressort concernant
les revoltes seroient apportées, et que cependant le roy
seroit supplié de continuer ses soins paternels pour la
subsistance de son peuple.

Cet arrest ne fut point publié, mais on afficha l’ordre
suivant :

De par le roy

Il est deffendu sous peine de la vie à touttes personnes
de quelque qualité quelles soient de former aucun
attroupement, d’entrer de force dans la maison ou boutique
d’aucun boullanger ni dans aucun depost de grains, graines,
farine et pain ; on ne pourra acheptter aucune des
denrees susdittes que dans les rues ou places ; il est
deffendu de meme, sous la peine de la vie, d’exiger
que le pain ou la farine soient donnés dans aucun marché
au dessous du prix courant.

Touttes les troupes ont reçu du roi l’ordre formel de faire
observer les defences ci-dessus avec la plus grande rigeur
et de faire feu en cas de violence ; les contrevenans
seront arrestés et jugés prevostalement sur le champ.

Le 5, les princes et les pairs et le parlement ayant été
mandés à Versailles, sa majesté y tint vers les quatre heures
du soir un lit de justice.

(vue 145 droite)

Le roy s’étant assis, ayant oté et remis son chapeau,
dit :
Messieurs

Les circonstances ou [je] me trouve et qui n’ont point d’exemple
me forcent de prendre un parti qui sort de l’ordre
commun – il faut assurer la subsistance et la tranquillité,
non seulement des habitans de ma bonne ville de Paris,
mais encore de tout mon royaume – je dois et je veux
arrester le cours de brigandages qui degenereroient en
rebellion et je vous ay assemblés pour vous faire connoitre
ma volonté – mon garde des sceaux va vous expliquer mes
intentions.

Monsieur le garde des sceaux etant ensuitte monté vers le roi
agenoüillé à ses pieds pour recevoir ses ordres, descendu, remis
à sa place, assis et couvert, dit :

Messieurs

Les evenemens qui occupent depuis plusieurs jours l’attention
du roi n’ont point d’exemples – des brigans atroupés se
rependent dans les campagnes, s’introduisent dans les villes pour
y commettre des excés qu’il est necessaire de reprimer avec
la plus grande activité ; leur marche semble etre combinée,
leurs approches sont annoncées – des bruits publics indiquent le
jour, l’heure, les heures où ils doivent commettre leurs violence –
il sembleroit qu’il y eut un plan formé, pour desoler les
campagnes, pour intercepter la navigation, pour empescher
le transport des bleds sur les grands chemins, afin de parvenir
à affamer les grandes villes et surtout la ville de Paris – le mal
s’est tellement rependu en peu de tems qu’il n’a pas eté possible
d’opposer partout la force à la rapidité des crimes et si le
roi ne prennoit les mesures les plus vives et les plus justes
pour arrester un mal si dangereux dans son principe et
aussi cruel dans ses effets, sa majesté se verroit dans la triste
necessité de multiplier des exemples indispensables, mais [qui] ne
sont reellement efficaces que lorsqu’ils sont faits sans delai.

Tels sont les motifs qui engagent sa majesté à donner dans
ce moment ci à la jurisdiction prevotale toute l’activité
dont elle est susceptible.

(vue 146 gauche)

Lorsque les premiers troubles seront totalement calmés,
lorsque tout sera rentré dans le devoir et dans l’ordre,
lorsque la tranquillité sera retablie et assurée, le roi laissera,
lorsqu’il le jugera convenable, à ses cours et à ses tribunaux
ordinaires le soin de rechercher les vrais coupables, ceux
qui, par des menées sourdes, peuvent avoir donné lieu aux
excés qu’il ne doit penser, dans ce moment-ci, qu’à reprimer –
mais quant à present il ne faut songer qu’à arrester
dans son principe une contagion dont les suites et les
progrés conduiroient infailliblement à des malheurs que
la justice et la bonté du roi doivent prevenir.

Son discours fini, monsieur le garde des sceaux monta vers
le roy, s’agenoüilla pour prendre ses ordres, descendu, remis
à sa place, assis et couvert, il dit :

Le roy ordonne que par le greffier en chef de son parlement
il soit fait lecture de la presente declaration les portes
ouvertes.

Les portes ayant ete ouvertes, le greffier ayant reçu de monsieur
le garde des sceaux en fit la lecture ainsi qu’il suit :

Louis par la grace de Dieu roi de France et de Navarre,
à tous ceux qui ces presentes lettres verront, salut. Nous sommes
informés que depuis plusieurs jours des brigans attroupés
se rependant dans les campagnes pour piller les moulins
et les maisons des laboureurs ; que ces brigands se sont
introduits les jours de marché dans les villes et meme dans
celle de Versailles et dans notre bonne ville de Paris, qu’ils y
ont pillé les halles, forcé les maisons des boullangers et
volé les bleds, les farines, le pain destiné a la subsistance
des habitans desdittes villes et de notre bonne ville de Paris ;
qu’ils insultent meme sur les grandes routes ceux qui
portent des bleds et farine ; qu’ils crèvent les sacs, mal-
traittent les conducteurs des voitures, pillent les bateaux
sur les rivieres, tiennent des discours seditieux, afin de soulever
les habitans des lieux où ils exercent leurs brigandages et de
les engager à se joindre a eux ; que ces brigandages commis
dans une grande etendue du pays, aux environs de notre bonne
ville de Paris et dans notre ditte bonne ville meme le
mercredy trois de ce mois et jours suivans, doivent etre

(vue 146 droite)

reprimés, arrestés et punis afin d’en imposer à ceux qui
echaperont à la punition ou qui seroient capables d’augmenter
le desordre ; les peines ne doivent etre infligées que dans
les formes prescrites par nos ordonnances, mais il est necessaire
que les exemples soient faits avec celerité ; c’est dans cette vue
que les rois nos predecesseurs ont etabli la jurisdiction prevotale,
laquelle est principalement destinée à etablir la surete des
grandes routes, à reprimer les emotions populaires et à connoitre
des excés et violences commis à force ouverte. A CES CAUSES
et autres à ce nous mouvant, de l’avis de notre conseil et de
notre certaine sciance, pleine puissance et autorité royale, nous
avons par ces presentes signées de notre main dit, declaré et
ordonné, disons, declarons et ordonnons et nous plait que tant
dans notre bonne ville de Paris que dans touttes les autres villes
et lieux où se commetront lesdits excés, ceux qui ont ete jusqu'à
present ou seront à l’avenir arrestés, soient remis au prevosts
generaux de nos marechaussées, pour leur proces leur etre fait,
et parfait en dernier ressort, ainsi qu’à leurs complices, fauteurs,
participes et adherens, par lesdits prevost generaux et leurs
lieutenans, assistés par les officiers de nos presidiaux ou autres assesseurs
appellés à leur deffaut ; et les jugemens rendus sur leurs procès,
executés conformément aux ordonnances ; voulons et ordonnons
à cet effet que les procedures encommencées seront portées au
greffe desdits prevosts ou leurs lieutenans ; faisons deffences à
nos cours de parlement et à nos autres juges d’en connoitre,
non obstant touttes ordonnances et autres choses à ce contraires,
auxquelles nous avons et tant que de besoin derogé, et à tous arrests
qui pourroient etre rendus que nous voulons etre regardés comme
non avenus. Si donnons en mandement à nos amés et feaux
conseillers sergens tenant notre cour de parlement de Paris
que ces presentes ils ayent à faire lire, publier, enregistrer
et le contenu en icelles garder, observer et executer selon leur
forme et teneur, car tel est notre plaisir. En temoin de quoy
nous avons fait mettre notre scel à ces presentes. Donné à
Versailles le cinquieme jour du mois de may l’an 1775 de notre
regne le premier. Signé Loüis ; et plus bas : par le roy
Philypeaux ; et scellé du grand sceau de cire jeaune.

(vue 147 gauche)

Lu et publié, le roy sceant en son lit de justice et registrée
au greffe de la cour, ce requerant le procureur general du roi,
pour etre executé selon sa forme et teneur et copies collationnées
d’icelle envoyées aux bailliages, senechaussees et autres sieges
du ressort pour y etre pareillement lues, publiées et
regitrées ; enjoint aux substituts du procureur general du roy
d’y tenir la main et d’en certifier la cour au mois. Fait à
Versailles, le roy sceant en son lit de justice le cinq
may 1775. Signé Le Bret.

Cela fait le roy dit :

Je vous deffends de me faire aucunes remontrances sur ce
que je viens d’ordonner et de rien faire qui puisse y etre
contraire.

Je compte sur votre fidelité et votre soumission dans un
moment où j’ay resolu de prendre des mesures qui m’assurent
que pendant mon regne je ne serai plus obligé d’y avoir
recours.

Cela dit, le roy se leva et sortit dans le meme ordre qu’il etoit
entré

Tout aussitost le roy fit expedier aux archeveques et eveques
de son royaume une lettre circulaire dont voicy la teneur :

Vous etes instruits du brigandage inouï qui s’est exercé sur
les bleds autour de cette capitale et presque sous mes yeux
à Versailles et qui semble menacer plusieurs provinces
du royaume ; s’il vient à s’approcher de votre dio-
cese ou à s’y introduire, je ne doutte pas que vous n’y
opposiés tous les obstacles que votre zele, votre atta-
chement à ma personne et plus encore la religion sainte
dont vous etes le ministre, sauront vous suggerer.
Le maintien de l’ordre public est une loi de l’evangile
comme une loi de l’etat et tout ce qui le trouble
est egalement criminel devant Dieu et devant les
hommes.

(vue 147 droite)

J’ay pensé que dans cette circonstance il pourroi[t] etre
utile que les curés de mon royaume fussent instruits
des principes et des effets de ces emeutes et c’est dans
cette vue que j’ay fait dresser pour eux l’instruction
que je vous envoye et que vous aurez soin d’adresser à
ceux de votre diocese ; les connoisances qu’elle renferme
mises par eux sous les yeux des peuples pourront
les preserver de la sedition et les empescher d’en etre
les victimes ou les complices.

Je compte que vous y joindrez de votre part touttes les
instructions que les circonstances vous feront juger
necessaires ; je suis bien persuadé que je n’ay rien à
prescrire à votre zele, mais si [vous avez] le desir de m’etre
agreable, soyez sûr qu’on ne peut mieux me servir
et me plaire qu’en preservant les peuple de tout malheur
– et par-dessus tout de celuy d’etre coupable dans un
moment où, pour leur interrest meme, il ne me
seroit pas permis d’user d’indulgence – les presentes
n’etant à autre fin, je prie Dieu M. qu’il vous
ait en sa sainte garde. Ecrit a Versaille… le.

Le 14 may 1775 monseigneur l’eveque du Mans envoya
l’instruction dont il est parlé cy devant et qui est cy après
à messieurs les curés de son diocese et y joignit la lettre
suivante :

Par la lettre dont le roy m’a honoré, monsieur, il me
charge de vous faire passer l’instruction cy jointe afin
que vous ayez à tranquilliser ses peuples sur les craintes
et les doutes que quelques scelerats et gens mal
intentionnés ont tenté de rependre dans le royaume
et dans la capitale, sur sa prevoyance, ses bontés et son

(vue 148 gauche)

amour pour son peuple ; ces monstres ennemis du
bien et de l’humanité se sont portés à des excés et
des brigandages inouïs sous le specieux pretexte de la
cherté des bleds et ont malheureusement entrainé
dans leur complot abominable une populace trop credule.
La confiance que S.M. a dans le clergé de son
royaume, qui la merite à juste titre, l’a portée a
luy communiquer les vues qui l’animent pour le bien
de son peuple ; l’assurance qu’elle nous donne de ne
jamais separer son bonheur de celuy de ses sujets
et de n’avoir d’autre pensée que celle de les rendre
heureux doit nous penetrer d’amour, de confiance
et de respect pour sa personne sacrée. La religion
sainte que nous professons nous ordonne la fidelité
et l’obeissance aux roix de la terre ; les vues pater-
nelles de S.M., cette bonté agissante et genereuse dont
nous avons deja ressenti les heureux effets depuis
son avenement au trone nous font une loy plus
particuliere, celle de l’aimer et de le chérir ;
c’est ce que vous representerez à la portion du peuple
confié a vos soins.

Je suis, monsieur, bien parfaittement votre tres humble
et affectionné serviteur. + Loüis eveque du Mans.

(vue 148 droite)

Le 11 may, deux des plus coupables d’entre les seditieux
furent jugés prevotalement et pendus en place de Greve.
Le 13, on fit une pareille execution à Soissons.

Ce qui doit paroitre surprenant c’est que ces brigands
qu’une trame odieuse avoit assemblés n’etoient rien moins
qu’accablés de misere ; ils avoient tous de l’argent et la
pluspart de ceux qui furent arrestés avoient 4, 5 et six
loüis d’or ; l’un d’eux donna à Maigny 600 loüis en
payement du bled qu’il taxoit et qu’on elevoit par ses ordres.

Le 11 may, le roi fit publier un ban conçu en ces termes :

De par le roy

Il est ordonné que toutte personne, de quelque qualité
qu’elles soient, qui etant entrée dans les attroupemens par
seduction ou par l’effet de l’exemple des principaux seditieux
s’en separeront d’abord après la publication du present
ban et ordonnance de S.M., ne pourront etre arrestés,
poursuivis ni punis pour raison des attroupemens, pourvu
qu’elles rentrent sur-le-champ dans leurs paroisses
et qu’elles restituent en nature ou en argent, suivant
la veritable valeur, les grains, farines ou pain qu’elles ont
pillés ou qu’elles se sont fait donner au dessous du prix
courant.

Les seuls chefs et instigateurs de la sedition sont exceptés
de la grace portée dans la presente ordonnance.

Ceux qui après la publication du present ban et ordonnance
de sa majesté continueront de s’attrouper encourreront
la peine de mort et seront les contrevenans arrestés et jugés
prevotalement sur-le-champ.

Tous ceux qui dorenavant quitteront leurs paroisses sans etre
munis d’une attestation de bonne vie et mœurs signée de
leur curé et du syndic de leur communauté seront poursuivis
et jugés prevotalement comme vagabonds.

Donné à Versailles le 11 may 1775. Signé Louis et
plus bas Philypeaux.

(vue 149 gauche)

L’amnistie de l’autre part produisit les effets les
plus heureux ; les restitutions en grains, en farine, en
argent se firent de toutes parts ; les paysans que la
crainte d’etre punis avoit retenus cachés regagnèrent
leurs foyers.

Le roy, considerant qu’il n’etoit plus necessaire d’employer
les chatimens rigoureux que les circonstances exigeoient
d’abord, fit ecrire dès le 13 may aux prevosts generaux
des marechaussees la lettre suivante :

Les emeutes et les brigandages qui les ont accompagnées
et suivies, monsieur, ont forcé le roi à prendre les
mesures necessaires pour en arrester le cours et à
faire usage de son autorité pour la punition promte
et exemplaire des coupables ; c’est à regret et contre
la bonté de son cœur que S.M. a donné les ordres
que je vous ay fait passer de sa part ; mais la
tranquilité publique qu’il falloit retablir et la
subsistance de ses sujets, à laquelle il falloit
veiller ont, pour ainsi dire, fait une loy a S.M.
du parti qu’elle a cru devoir prendre.

Ses soins paternels ont repondu à son attente. Les
attroupemens se sont dissipés et le calme est presque
entierement retabli. Sa majesté est instruite que le
repentir et la consternation ont succedé au tumulte
et au pillage et qu’un grand nombre de ceux qui
ont volé les grains ou qui ont forcé les laboureurs,
les marchands ou les meuniers à leur en delivrer
au dessous du prix courant ont deja fait des
restitutions proportionnées ou sont disposés à les
faire.

Touchée de ces circonstances, S.M. a dejà bien
voulu ordonner à tous ceux qui etoient sortis de
leur domicile d’y rentrer, en annonçant une amnistie
generale, et en exceptant seulement les chefs et les
instigateurs de la sedition ; elle ne doute pas que
son ordonnance ne produise l’effet qu’elle en
attend.

(vue 149 droite)

Dans cette persuasion, monsieur, elle m’a ordonné de vous mander
que son intention est que vous ne procediez au jugement definitif
d’aucun de ceux qui ont ete arrestés, que vous m’envoyez une
copie sur papier non marqué des procedures qui seront faittes
et que vous attendiez les ordres de sa majesté sur le sort des
accusés.

Elle m’a ordonné de plus de vous mander qu’il est inutile quant
à present de commencer de nouvelles procedures, à moins que vous
ne soyez assuré que ceux contre lesquels elles seront dirigées
auront deja eté repris de justice ou qu’ils ne soient du
nombre des chefs et des instigateurs de la revolte, ou enfin coupables
de quelques nouveaux faits de sedition. Je suis… garde
des sceaux.

 
   
 
   

1779 – Confirmation donnée par l’évêque du Mans

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2007-01-24)

 
   

Référence : BMS 1770-1779 (vues 248-315)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

État

de la paroisse de Javron au 2 octobre
1779, jour auquel monseigneur l’evêque
du Mans, François Gaspard Jouffroy
Gonssant, a donné la confirmation
en notre eglise
à environ huit cent cinquante
habitans de cette ditte paroisse, n’y
ayant point eu de confirmation
en ces cantons depuis 1742.

Cet etat est par ordre alphabetique
des villages .

Le nombre de village est marqué à la
marge par des chiffres ordinaires et le
nombre de menages de chaque village
par des chiffres romains.

Cet état occupe les vues suivantes (249 à 314).

 
   
 
   

1780 – Inhumation d’un enfant
qu’on amenait aux Enfants trouvés à Paris

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2007-01-24)

 
   

Référence : BMS 1780–1790 (vue 7/283)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(page gauche)

Le dix huit fevrier mil sept cent quatre vingt a eté inhumé
en notre cimetiere (*) le corps d’une fille morte d'hier, laquelle
est decedée chez Barbe Gaultier veuve Julien Grudé

(page droite)

habitant de notre bourg, ainsi que nous l’a
certifié laditte Gaultier en
presence de Michel Gondard et de
François Le Cordel le jeune
qui ont assisté à la sepulture dudit enfant ainsi
que laditte Gaultier. Et ledit jour d’hier (**) Marie Hutin
femme de Michel Hadbin, demeurante en la ville de Laval
paroisse de la Trinité (***) nous a declaré qu’elle portoit ledit
enfant à Paris aux enfans trouvés, et nous en a remis
l'extrait basptistaire, certifié veritable par le
sr Cormier pretre vicaire (****) de Laval en datte du quatorzieme
des presens mois et an ; par iceluy certificat de bapteme
appert que ledit enfant se nommoit Françoise Renée
fille naturelle de Françoise Guibert demeurante ditte
paroisse de la Trinité de Laval, et baptisée le sept
de ce mois. Lesdits Le Cordele, Michel Gondard et Barbe
Gaultier ont signés avec nous. (*) par nous curé. (**) la soydisante.
(***) etant pressée de continuer son voyage. (****) de la Trinite.
Quatre mots rayés nuls.

(Signatures)

Michel Gondard
Julien Fortin
F. Le Cordelle
Barbe Gautier
Guillereaux vicaire

 
   
 
   

1785 – Inhumation d’un enfant mendiant

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2007-01-24)

 
   

Référence : BMS 1780-1790 (vues 7 et 8 / 283)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 7)

Le vingt fevrier mil sept cent quatre vingt est
decedé à Chatmoux chez le nommé Julien Fouqué le
jeune, hôte, un garçon agé d’environ neuf ans, lequel
mandioit son pain et que ledit
Fouqué avoit ramassé par charité il y a environ huit
jours, ledit enfant etant malade (*). Et Marie Fouqué
fille dudit Julien nous a declaré que ledit garçon avoit
dit estre de Saint Julien du Terroux et se nommer
Jean Belmont, ce quelle nous a declaré ès presences
de Jean Boudier, de Constantien Geré de cette parroisse,
et de René Chollet de la paroisse de Saint Leger. Et le
lendemain vingt un dudit mois de fevrier nous

(vue 8)

vicaire soussigné avons fait l’inhumation du corps dudit
enfant ès presences desdits Boudier, Gere, Chollet et de
laditte Fouqué, lesquels ont signé avec nous. (*) a resté
chez ledit Fouqué jusqu'à sa mort. Quatre mots et une
sillabe rayés nuls.

(Signatures)

Constantien Geré
Jean Boudier
Marie Fouque
Rene Chollet
Tirot vicaire

 
   
 
 
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