Retour

Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

La Croixille

 
   
 
   

1668 – Décès à la suite d’une chute de cheval

   
   
 
   

Signalé par : Françoise Gautier ( 2005-12-21), "jerham4" ( 2007-04-24) et Marie-Pierre Planchais ( 2009-02-08)

 
   

Référence : registre BMS 1668-1675 (vue 4/71).

 
 

Transcription complète (par Françoise Gautier et "jerham4").

 
   
 
 
 

Le huictiesme jour de feubvrier l’an mil six cent
soixante huict, Gervais Pinson marry de Gervaisine
Poupin fut trouvé mort dans le grand
chemin du Roy de Laval à la ville de Fougerre vis
à vis d’une piesse [de] terre nommée l’Hommeau dependante
du lieu des Beausses en cette paroisse de la Croixille
et fut trouvé mort sur les neuf heures du soir
et croit-on qu’il tomba de sur son cheval
revenant de la ville de Laval de son trafic et il
y a parance qu’il fut tué soit ou par son cheval
ou par quelques autres personnes ainsy qu’il paroist
par les plais et meurdrisseures que on a remarquées
sur son coups. Et fut inhumé dans le cimetierre de
la paroisse de la Croixille le neufiesme dudit
mois et an que dessus aux presences de laditte
Poupin et enfans et de Pierre Pinson frere
dudit deffunct et de plusieurs autres qui ne
signent et des soubsignées. Et ledit Pinson fut
trouvé mort par Yve Guesdon et Gervais Guesdon
ainsy qu’ils nous ont declaré. Rature : trois mots
aprouvés.

(Signatures : )

René Garnyer
Delisle
Maillard
F. ? Le Ba…ere
M. Lemeant

 
   
 
   

1705 - Vent impétueux

   
   
 
   

Signalé par Nicole Buron (19 janvier 2004).

 
   

Référence : registre BMS. 1692-1730 (vues 121 et 122).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

(vue 121)

La nuit d'entre le vingt neufviesme jour
de decembre 1705 il fist un vent si impetueux
un peu après minuit que le domage qu’il causa
sur les bastiments de cette parroisse fut estimé
15 000 l.t. sans la perte des arbres fruittiers
et autres que l'on estime de plus grande valeur.
Le domage le plus considerable et le plus
deplorable se fut l'ecroument (sic) et la ruine de
la maison de la Roche soubs les ruines de
laquelle furent ecrasez les nomez Pierre
Le Monier couvreur aagé d'environ 50 ans,
Marie Deliere sa femme aagée d'environ 46 ans,
Jean Le Monier aagé d’environ vingt et cinq

(vue 122)

ans, Gervais Monier agé d’environ quatorze
ans, François Lemonier et Jeanne Lemonier leurs
enfans, et furent inhumez dans le cimettiere
le trente et uniesme dudit mois et an par nous
Matthieu Bigot pretre
curé de céans.

 
   
 
   

1693 - « Choses arivées et qui sont dignes de remarque »

   
   
 
   

Signalé par Nicole Buron (9 août 2004) et par Yves Pecheux (21 décembre 2005).

 
   

Référence : registre BMS 1692-1730 (vues 11-12 et 23-24).

 
 

Transcription complète (par Joël Surcouf, Yves Le Petit et Nicole Buron).

 
   
 
 
  (vue 11)

Choses arivées et qui sont
dignes de remarque en l'année
mil six cent quatre vingt treze.

Premierement l'on ne cueillit que fort peu de vin qui ne
valoit rien et par ainsi on n’en a peu beu tant
de viel que de nouveau. Le vieil vin d'Anjou blanc
valoit 30 sols le pot à Laval la pipe de vin blanc a
esté vendüe 300 l.t. Le bled a valu 42 s. le bousseau
à Laval et a esté vendu dans cette parroisse jusques à 7 l.t.
à ce que l'on m'a dit moulu franc.

2. La guerre qui a commencé il y a environ cinq
ans dure encore et est plus cruelle tant par
mer que par terre qu'elle n'estoit au commencement.
C'est chose visible que Dieu des armées combat
pour nous car sans une assistance divine notre heros
du christianisme, je veux dire notre roy Louis 14
ne pouroit pas resister à tant de puissances
qui sont liguées contre luy. Ces puissances sont
l'Angletere, la Hollande, l'Empereur et tous les
souverains d'Allemagne, l'Espagnol, le duc de
Savvoye, le Liegeois et encore beaucoup d'autres
princes et tant s'en fault qu'ils ayent l'advantage
sur nous qu'au contraire nostre genereux monarque
fait tous les jours de nouvelles conquestes sur ses
enemis.

3. L'on craint cette année que Guilleaume de
Nassau prince d'Orange, gendre de Jacques
Stuard, roy d'Anglettere qui a esté
deposé par ledit de Nassau qui regne en Angletere
il y a quatre ans ne face une dessente en
France par la Normandie ou par la Bretagne.
C'est pour quoy plus de 50 000 hommes de cavallerie
et d'infanterie sont descendües pour garder
les costes, et Mons[ieu]r le duc d'Orléans frere
unique du roy est venu en personne à Vitré
et y est arrivé le dimanche dernier jour de
may et est allé visiter tous les ports de mer
et revient de partout où il vat à Vitré où il
tient sa cour et a fait un camp proche dudit
Vitré où il y a environ 17 000 hommes.

4. Le mardy deuxiesme jour de juin 1693 il passa
par icy un bataillon de 800 Suisses qui allerent à
Fougères coucher. Le mesme jour il ariva icy
un bataillon du regiment de Vexin qui estoit

(vue 12, page gauche)

composé de 800 hommes sans les chevaux qui
estoint au nombre d'environ 100 avec les
mulets, oultre il failloit encore cinq
harnois pour mener leurs bagages qui
demeurerent icy et coucherent tous dans le
bourg et aux vilages de la Boizardière et du
Boisguet car on ne voulut point les envoyer
dans les vilages car ils auroint tout fouragé
et pillé. Mais quelque precaution et soing
que prirent les officiers les soldats allerent
neaultmoings à la picorée par toute la
parroisse et circonvoisines. L'on fut obligé
d'en mettre coucher 150 dans l'eglise et
50 dans la chapelle du bas cimettiere
et 50 dans la grange du presbitaire, sans
quatre capitaines et tout leur train qui
estoit de 66 dans (sic) hommes que bestes. Les
habitants avoint soing de leur fournir du feu,
du bois, de la chandelle, de l'eau, du sel et
du poivre et vinaigre. Quant à la viande, cildre et pain
il y avoit l'estapier qui estoit dans la maison
de la Chapelle de Saint-Jacques qui le fournissoit
aussi bien que le foing et l'avoine pour les
chevaux et mulets. Ce bataillon s'en alla
le mercredy au matin troisiesme dudit mois. Et à
l'après dinée dudit jour ariva un autre battaillon
aussi nombreux que le premier et qui estoit du
regiment des vaisseaux que l'on receut, et furent
lesdits soldats logés comme les precedents. Ce
bataillon partit le jeudy quatriesme dudit mois et
à l'après dinée ariva un aultre bataillon dudit
regiment des vaisseaux et fut receu et logé
comme le precedent ; ce 3e bataillon partit
le vendredy cinquieme dudit mois, et à l'après dinée
ariva un aultre bataillon du mesme regiment
des vaisseaux et fut receu et logé comme les
précédents et partit le samedy matin sixieme
dudit mois de juin 1693, tellement que pendant
toute la semaine les habitants furent occupés à
servir lesdits soldats dans le bourg. Le pardon du
matin, de midy et du soir n'estoit point
sonné car le (sic) cloche ne servoit que pour sonner
le toqssain à toutes les alarmes qui arivoient
et il en arive encore tous les jours, tantost 4 tantost
dix depuis le 2e jour de juin jusques à aujourd'huy
25e auxquels il fauct tout fournir.

(vue 12, page de droite)

Le cours de la monnoye change presque tous les
trois mois car les escus et autres
espèces ont esté rebatus et ont valu tantost
trois livres cinq sols, tantost trois livres quatre
trois livres trois et tantost trois livres deux et les
autres pieces au-dessoubs à proportion.

(2 lignes cancellées)

Le roy a fait une declaration par laquelle il ordonne aux evesques
d'obliger les curez de leurs dioceses de donner une exacte declaration
de la quantité de grains de toutes especes qu'ils ont recueillis de
leurs dixmes avec le nom des habitants qui payent la dixme
et le lieu ou vilage où ils demeurent. C'est affin d'obliger
les curés et autres qui ont quantité de grains de les mener
au marché et empescher que l'on ne face des magasins.

Sur la fin de la campagne de cette année, les Anglois avec
les Hollandois sont venuz à Saint-Malo et ont conduit une certaine
machine infernale proche la muraille de la ville, à dessain
de la brusler, ce qui eust arivé en effet si elle eust fait tout
le desordre qu'elle eust peu faire car on dit qu'il n'eust
demeuré pierre sur pierre de toute la ville de Saint-Malo
et que l'on eust dit « Voyla où estoit Saint-Malo ». Mais Dieu
la conserva, il n'y eut que fort peu de debris. Je n'ay
peu sçavoir de quoy estoit composé cette funeste machine
mais l'on m'a dit que si on en avoit mis un morceau
contre une muraille avec du feu la muraille brusleroit
comme une allumette soufrée après que l'on y a mis le feu.
On dit que cette machine coust 2 400 000 l.t. On menace
encore les costes de Bretaigne et de Normandie de
parailles inventions pour l'année prochaine.

La guerre continue encore aussi cruelle que jamais et tous
nos enemis sont si etroitement unis que jusques icy on n’entend
point dire qu’ils se veillent separer les uns d’avec les autres
Quoique l’Empereur, les Hollandois, les Anglois, les Espagnols, le
duc de Savoye et tous les princes d’Almagne (sic) composent cette
funeste Ligue, nostre roy de France seul contre tous ces
ligues (sic) fait neaultmoings tous les ans de tres belles
conquectes sur ces enemis.

Le bled et le vin ont esté bien chers cette année.
Je prie Dieu qu'il nous regarde en pitié et qu'il nous
donne une bonne et solide paix. C'est pourquoy demandons-la-
lui devotement et lui disons :
Da Pacem Domine in diebus nostris.

Voyez au feuillet verso 23 la continuation.

(vue 23, page gauche)

La cherté du bled, du vin et mesme de la viande
continüe aussi bien que la guere et les victoires
de nostre vaillant monarque qui a pris plusieurs
villes entre autres Palamos, Gyronne et quelques
autres qui m'occuperoint trop longtemps si
j'entreprenois de tout escrire.

Je vous diray seulement en passant que le capitaine
Jambar qui n'estoit cy devant q’un simple matelot
natif de la ville de Donquerque et qui s'est signalé sur
mer par ses belles actions, en qui le roy de France a
beaucoup de confiance, ayant aperceu l'admiral des
Hollandois accompagné de plus de douze navires de
hault bord et de plusieurs autres moindres qui
conduisoint 120 vaisseaux chargez de bled que le roy de
Dannemarc envoyoit au roy de France et que les Hollandois
avoint pris, partit du port de Donquerque avec six vaisseaux
seulement, alla attaquer l'admiral, l'accrocha, le coula à fond
avec deux autres, en emena deux autres avec les 120
vaisseaux chargez de bled, et le reste des autres vaisseaux
hollandois s'enfuirent.

Les louis qui ne valoint que 3 l.t. valent maintenant 3 l.t. 12 s.
et les louis d'or 14 l.t.

La secheresse a esté si grande cette année que les moulins
ne pouvoint moudre faulte d'eau et l'on a esté obligé
d'aller jusques à Laval pour avoir de la farine.

La cherté du pain a esté si grande par delà Le Mans et
à Paris que nous avons apris que le pain valoit 7 s. la
livre poids de seze onces à Paris, et il a tant passé de
pauvres par icy qui abandonnoint leur païs que nous en
avons veu passer par ce bourg jusques à 120 par jour.

Les maladies ont esté si fortes que l'on nous a mandé que
le tiers du monde s'estoit mort à Paris, à Tours et en tous
les pays haults partie de maladie partie de faim. Il se
treuve dans cette parroisse des fieuvres continües
dont les uns meurent et les autres en guerissent mais
ils sont sy longtemps à se restablir. L'on en promet
beaucoup cêt hyver, si je suis en vie je vous laisseray par
escrit ce qui sera arrivé. Dieu nous conserve, ce 14 août 1694.

Nos enemis, c'est-à-dire les Anglois, les Espagnols et les
Hollandois continüent encore à rauder le long des
costes de la Normandie et de la Bretagne. On les
voit fort souvent proche la ville de Saint-Malo
laquelle ils taschent de brusler entierement, mais

(vue 23, page droite)

Dieu aydant, leurs efforts seront vains
d'autant que nostre roy l'a si bien fait
fortifier de citadelles et de canons qu'il est
impossible que les enemis puissent l'approcher. Les Maloüins
ont neaultmoings peur car ils ont tout osté de leurs maisons
et n'y est rien resté que les hommes qui sont capables
de repousser l'enemy. L'on nous a dit qu'il y avoit trois
pipes d'eau en chaque maison, toutes prestes pour esteindre
le feu si par quelque accident funeste il y estoit mis.
Le Havvre de Grace à aussi esté attaqué mais leur
machine semblable à celle qu'ils avoint voulu faire
jouer l'an passé devant Saint-Malo n'ayant peu faire son
effet il n'y a eü que fort peu de desordre.

La ville de Dieppe a esté ainsi que l'on nous a raporté
entierement bruslée par les bombes aussi bien que l'amiral
des enemis le fut par une bombe qui fut jettée de la ville
avant qu'elle fust detruite.

Les maladies continüent dans cette parroisse et sont si importunes
et malignes que lorsque quelqu'un en a esté attaqué dans une
maison tous ceux de la mesme maison en sont tout aussitost
pris, mais il n’en meurent pas neaultmoings que quelques-uns
comme vous pouvez voir sur le registre dans lequel tous ceux
qui sont morts ont esté inscripts ce 14e octobre 1694.

Il y a près d'un an que le roy avoit permis le passage des
grains pour conduire en Bretaigne sans payer aucuns
droits jusques au premier de septembre que les receveurs
eurent ordre de faire payer les droits ordinnaires.

Et aujourd'huy quinziesme jour du mois d'octobre le receveur de
ce bureau a receu un ordre de sa majesté par lequel
il est deffendu à toutes sortes de personnes de passer
aucuns grains en Bretaigne soubs pene de 200 l.t. d'amende
pour la première fois et du (sic) galère pour le seconde fois.

Il fault qu'apparement les Bretons soint soupçonnez de
quelque mauvaise intelligence avec les enemis et par consequent
d'infidélité au roy et à l’estat. Ce qui cause une grande
perte dans ce païs icy parce que les grains diminuront
de prix et les pauvres laboureurs auront bien de la pene pour
treuver de l'argent pour payer les tailles et tant d'autres
subsides, car le fil et le bestial ne valent sol.

J’avois oublié à vous laisser par escrit qu'en l'année 1692 il
vint deux compaignies de dragons du regiment d’Asphel (*) dont l'une
demeura à Juvigné depuis la Toussaint jusques à près de cinq mois
en garnison et l'autre fut quelque temps à la Gravelle et ensuitte
vint à Bourgon, pendant lequel temps lesdits dragons passoint

(*) Pour Asfeld.

(vue 24)

très grandes quantités de sel sur les chevaux qu’ils
prenoint chez les bonnes gents ou dans des pastures ; les gabeleurs
se cachoint ou bien se déguisoint en marchands car si les
dragons les eussent cognuz, il les auroint frapez ou peut
estre tuez car ils mettoint le feu dans leurs corps de
garde quoique les gabeleurs les eussent abandonnez.

L'année suivante 1693, il vint encore deux compaignies
de cavvalliers dans le mesme temps et qui demeurerent
aussi longtemps l'une à Juvigné et l'autre à Bourgon
qui faisoint le mesme trafic de sel que les dragons
de l'an passé, mais les gabeleurs se mirent en deffense
et tüerent à la forge du Port-Brillet deux cavalliers
en traistre, mais les cavaliers vangerent leur mort car
ils en tüerent beaucoup d'autres, entre autres le lieutenant
du Bourgneuf qui fut tüé à la porte de la geolle.
Il y eut quelques cavalliers qui furent condamnez par
leurs officiers mesmes aux galleres et y furent conduits
mais on croit qu'ils n'allerent que jusques à Saumur
et que de là ils allerent joindre leur regiment.

L'année presente 1694, il est venu une compagnie de
cavvaliers à Juvigné du regiment de Rocquespine dans
le mesme temps que ceux de l’année passée, on
n'entend pas parler qu'ils aillent au sel, attendu qu'ils
sont tous dans le bourg et qu'ils n'osent sortir. Les
habitants leur donnent chacun 8 s. par jour et sont quittes
pour cela.

Il n'y en a point cette année à Bourgon car monsieur le
president seigneur dudit Bourgon est allé à Paris et par son
credit et faveur il a dechargé sa parroisse desdits soldats.
Il est à remarquer qu'il fault que toutes les parroisses
circonvoisines fournissent le foing et l'avoine necesaires
pour ces garnisons. Il est vray que les officiers payent
mais à si juste prix que l'on y perd plus du tiers, mais
il vault encore mieux leur fournir des fourages que
de les avoir chez soy. Ce 21e decembre 1694.

 
   
 
 
Haut