Retour

Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

Cigné

 
   
 
   

1668 – Baptême d’un enfant naturel
(avec circonstances détaillées de sa naissance)

   
   
 
   

Signalé par Bernard Millière (2006-12-29)

 
   

Référence : BMS 1660-1675 (vue 30/122)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

Le seizieme jour de janvier mil six centz soixante et huict
nous a esté apporté un enfant fille par Jeanne Pelouin femme
de Jacques Garnier demeurant au lieu de la Fanerie en cette
paroisse, laquelle nous a dit luy avoir esté apporté par Jeanne
Goussin femme de Guillaume Piednoir sa voisine luy disant qu’elle
le (sic) venoit de trouver enveloppé de petits linges seul et
abandonné de toutes personnes, gisant sur la paille en une
maison appartenante à Nicolas Jousse demeurant au lieu de la
Brancherie en cette paroisse, et que c’est l’enfant d’une
femme accouchée en ladite maison il y avoit trois jours et
y demeuroit il y avoit environ six jours, laquelle s’estoit
trouvée dans ledit village seule sans conduite de personne
disant qu’elle se nommoit Magdelaine Lamy et que celuy
des œuvres duquel estoit l’enfant se nommoit Perre du
Coudray, qu’elle n’esoit poinct mariée, qu’elle estoit servante
et ledit Du Coudray aussy serviteur en une mesme maison dans la
paroisse de Rouellé en la vicomté de Domfront, que dimanche
dernier huitieme jour de ce moys environ sur les trois à
quatre heures du soir ils allerent dans la maison où ladite
femme accouchée se retiroit entendant l’enfant crier et
la porte fermée, laquelle  ayant ouverte ils ne trouverent
personne que ledit enfant ; et leur ayant demandé s’il avoit
esté baptisé ladite Pelouin a dit qu’il avoit esté baptisé par
son mary, mais à cause de son insufisance et i...d.tion
craignant qu’il eust manqué à quelque chose nous l’avons
baptisé soubs condition ès presence de Mr François Belin
pretre nostre vicaire et Julian Paré sacristin. Le parain est
Gilles Jousse et la maraine Renée Tremblot (*). Fait par
moy Jean Lair pretre curé soubssigné. (*) lesquels luy ont
donné le nom de Marguerite.

(Signatures : )
Belin
J. Paré

 
   
 
   

1669 - « Tué et assassiné »

   
   
 
   

Signalé par Viviane Chedeville (2006-11-30)

 
   

Référence : BMS 1660 (avril)-1675 (vue 42/122)

 
 

Transcription par Viviane Chedeville

 
   
 
 
 

Le troisieme jour de mars mil six centz soixante et neuf a esté inhumé
en l'eglise de cigné le corps de defunct Josselin de Logé vivant
escuyer sieur de la Halgriniere, tué et assassiné le jour d'hier en sa maison au lieu
de la Halgrinière, au convoy duquel ont assisté Jean de Logé escuyer sieur
de la Gandonnière, et Jean de Lonlay escuyer sieur de Souvray et plusieurs
autres, par nous pretre curé soubsigné.

(Signature : )

J. Delogé

 
   
 
   

1670 - Sépulture d'un homme
« trouvé mort dans les neiges »

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2011-08-01)

 
   

Référence : BMS 1660-1675 (vues 54-55/122)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

(vue 54)

Le quatorzieme jour de janvier mil six centz soixante et dix
nous à esté apporté le corps de defunt Mathurin Foubert
cy devant habitant de cette paroisse et à present demeurant
au lieu des Landes en la paroisse de Torchant en ce doyenné

(vue 55)

ainsy que Anne Le Hericé femme dudit deffunt, Mathieu et Jean
Baptiste Foubert enfans dudit deffunt et d'elle nous ont assuré
et que ledit defunt avoit communié à Pasques dernier en l’eglise
dudit Torchant, lequel corps ils nous ont dit avoir esté
trouvé mort dans les neiges en cette paroisse, ce qui nous
a aussy esté affirmé par Jacques Garnier demeurant au lieu
de la Faverie en cette paroisse pour avoir aidé à l'emporter
du lieu où il estoit en la maison d'un de sesdits enfans auquel
corps a esté donné la sepulture au cimetiere de cette
eglise de Cigné en presence des dessusdits et plusieurs autres
ce jourd'huy par nous pretre curé de ladite eglise soubssigné.

(Signatures)
M. Foubert
J. Garnier

 
   
 
   

1670 - Mort d'un coup d'épée

   
   
 
   

Signalé par Viviane Chedeville (2006-11-30)

 
   

Référence : BMS 1660 (avril)-1675 (vue 65/121)

 
 

Transcription par Viviane Chedeville ; complétée par Valérie Duroy (2011)

 
   
 
 
 

Le samedy vingt et septieme jour de decembre mil six
centz soixante et dix par nous pretre curé de l'eglise Sainct
Martin de Cigné a esté inhumé au cimetiere de ladite
eglise le corps de defunct Meffray Leudiere trouvé la
nuit precedente mort auprès du lieu de la Libasiere proche
le bourg dudit Cigné d'un coup d'espée au travers le corps
et ce en la presence de Meffray Leudiere pere du defunct
Emery Lecoq musnier du moulin de Torcé, Me Guillaume
Millard notaire royal et plusieurs autres.

(Signature :)
Lair

 
   
 
   

1671 - Mort d’un marchand de Cossé-le-Vivien
qui menait des moutons en Normandie

   
   
 
   

Signalé par Valérie Duroy (2011-08-06)

 
   

Référence : BMS 1660-1675 (vue 71/120)

 
 

Transcription par Valérie Duroy

 
   
 
 
 

Le premier jour du moys de may l'an mil six centz soixante et
unze a esté inhumé au cimetiere de l'eglise paroissiale Sainct
Martin de Cigne diocese du Mans par nous Jean Lair pretre
curé d'icelle le corps de defunct Jean Deramé marchand natif de
la paroisse de Cocé le Vivien en ce diocese decedé du jour d'hier au lieu des Ruettes
en cette paroisse où il estoit demeuré malade conduisant de la
marchandise de moutons pris audit Cocé pour les mener à
Condé en Normandie ainsy que nous a dit un nommé Charles
Le Rebour marchand de Saint Germain du Criou aussy en Normandie
et en sa presence et de Pierre Provost marchand de la paroisse
d'Ambrieres et de plusieurs autres de cette paroisse.

(Signatures)
Ch. Le Rebour
P. Provost

 
   
 
   

1675 - Baptême d’un enfant illégitime,
avec remontrances faites au père

   
   
 
   

Signalé par Françoise Gautier (2007-06-07 )

 
   

Référence : BMS 1660-1675 (vue 115/122)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

Le dixieme jour de janvier mil six cent soixante et quinse dans l’eglise
paroissiale  Saint Martin de Cigné a esté baptisé Toussainct
Bourgaud fils de Françoise Bourgaud né du huictieme du present moys
et an, laquelle Bourgaud demeure au lieu de la Couenterie en cette ditte
paroisse, et des œuvres de René Maillard ainsi qu’il
nous a dict et confessé. Et comme il a esté present audit baptesme faict
par nous Julien Lair pretre habitué en la dicte paroisse pour
l’absence et incommodité du curé  auquel Maillard a esté . . . fait
remonsrance qu’il eust à quitter le scandaleux commerce qu’il a avec
ladite Françoise Bourgaud, autrement qu’on continuera tant à elle
que à luy la (derogation ? denegation ?) des sacremens comme cy devant. Le parrain
est Toussainct Le Verrier escuyer sieur des Couperies et la mara-
inne damoiselle Anne de Lonlay tous deux de cette paroisse.
Rature cinq motz de nulle valeur. (Signatures :) Toussaint le Verrier

. . .

 
   
 
   

1685 - Page d’écriture ; comptine

   
   
 
   

Signalé par Jean Magnier (2006-12-26)

 
   

Référence : BMS 1676-1688 (vue 91/123)

 
 

Transcription par Jean Magnier

 
   
 
 
 

Monsieur de Lano a fait des pois il les à
ramé audi lilas quand ils seront meurs [mûrs]
Maienne (?)
ils en mangera alleuya (sic) un jour sainte
----dique allant a la messe arriva un.
homme qui (2,5 lignes barrées) 1747 p.s.

 
   
 
   

1688 – Travaux d’aménagements du presbytère

   
   
 
   

Signalé par Thérèse Coudurier (17 novembre 2003).

 
   

Référence : registre BMS 1676-1688 (vue 123).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

Dans cette presente année mil six cent quattre vingt
huit par moy soussigné pretre curé de Cigné estant
procureur de la fabrice dudit lieu a esté à ma diligence
plantée et construitte la grande croix qui est dans le
cemetière et auparavant ce jour il n'y en avoit point
eu.

J'ay aussi fait reparer le clocher et ralonger et y ay
fait mettre une plomberie n’y en ayant point eu cy devant
j'y ay fait faire et mettre le coq et ralonger la grande croix
qui est au haut du clocher et y ay fait ajouter les petits
croisillons que l'on voit au travers.

(Signé :)
M. Volcler

Dans cette même année 1688 j'ay fait reparer la maison
ditte le presbytère et à mes depens, j'ay fait faire la
muraille qui separe la sale et la despense ce qui estoit tout en un,
j'ay fait paver la sale, j'ay fait ouvrir la muraille et faire la
porte qui conduit dans le jardin, j'ay osté une vielle tour qui
tomboit où l'on voit une porte bouchée, j'ay fait faire la montée
du grenier mis la poutre de la salle et fait tout le plancher qui
est sur la sale et despense et la separation qui est entre la
chambre et l'estude. J'ay fait la petite montée et la fesnestre qui est
au bout où il y a des bareaux et qui est vitrée, j'ay fait aussi
la porte qui conduit aux lieux secrets [?] du haut de la montée
pour servir à toute la maison. J'ay fait faire aussi le pignon
de ce petit ravallement-là [1,5 ligne cancellée] ; et dans cette
même année j'ay (fait) (mot cancellé) et commencé le jardin faisant quattre
carrés icy bas, plantés d’arbrisseaux avec de grandes allées.
J'ay aussi tout fait blanchir tout estoit noir et tout pourry

(page droite)

et y ay planté une haye d'espinnes blanches pour séparer
celuy-cy d'avec le grand jardin potager. J'ay aussi fait faire la
muraille qu est entre la court et le jardin au bout de la maison où il
y a une porte et le petit bastiment qui est dessus. Le tout par moy
soussigné pretre curé natif du lieu de la Brancherie.

(Signé :)
Mathieu Volcler.

 
   
 
   

1692 – Tenue des registres : sanctions prévues
en cas de non-remise des registres

   
   
 
   

Signalé par Bernard Millière (2006-12-29)

 
   

Référence : BMS 1689-1699 (vue 30/109)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

Le procureur de fabrice est adverty de
rapporter l’un des deux livres signé de Mr le curé
dans le 15 de febvrier de l’année prochainne ès mains
de Mr Fourmoand à Mayenne avec sept livres dont
il donnera quittance avec d’autres registres ; sinon
ils y seront contrains et au double du droit de
vingt livres d’amande suivant l’édit de creation.

(le reste de la page a été noirci)

 
   
 
   

1693 – Baptême d’un enfant trouvé

   
   
 
   

Signalé par Jean Magnier (2006-05-16)

 
   

Référence : BMS 1689-1699 (vue 42/109)

 
 

Transcription par Jean Magnier

 
   
 
 
 

(vue 42 gauche)

Le douzieme jour du mois d’avril mil six cent quattre
vingt treize par maitre Jean Lair prêtre cy devant curé
de la paroisse de Cigné a été baptisé (*) en l’eglise dudit lieu
un enfans mâle qui a esté nommé Jean par Jean Le Batard
et par Marie Briand. Lequel a été trouvé exposé sur les
degrez de la grande croix du cemetière dudit Cigné sur les neuf
heures du soir par les habitans du bourg et sans aucunne
marque d’avoir receu le saint sacrement de bapteme. Le tout fait
ès presences de Me Julien Belin pretre, de Jean Debond

(vue 42 droite)

sacriste, de Noël Volcler, (de ?) Françoise Le
Vayer, Jean Dauverné, Michelle Betton et de
plusieurs autres qui fors les
sousignés ont dit ne signer. Et duquel
enfans ledit Debond avec Marie Gallienne sa femme se
sont charitablement chargés après qu’il a esté baptisé jusqu’à ce
qu’autrement ait esté pourveu audit enfans. (*) sous condition.

(Signature :)

J. Lair
J. Belin
M. Volcler

 
   
 
   

1693 – Décès d’un nouveau-né en nourrice

   
   
 
   

Signalé par Jean Magnier (2006-05-16)

 
   

Référence : BMS 1689-99 (vue 40/109)

 
 

Transcription par Jean Magnier

 
   
 
 
 

Le dixieme jour de janvier susdit an [1693] a esté  inhumé au
cymetiere de Cigné par moy sousigné prêtre curé dudit lieu
le corps d’un enfant decedé estant à la nourice chez
Julien Morel, aagé de vingt mois ou environ qu’ils ont
dit avoir nom Jean duquel ils ignoroient le surnom
et qu’il estoit de Lassay. Fait ès présence de la femme dudit
Morel et de Julien Guehaire, Pierre Vejais (?) sacriste et
autres

(Signature :)
 M. Volclerc

 
   
 
   

1698 – Décès d’un enfant qui mendiait son pain

   
   
 
   

Signalé par Jean Magnier (2006-05-16) et Bernard Millière (2006-12-29)

 
   

Référence : BMS 1689-1699 (vue 93/109)

 
 

Transcription par Jean Magnier

 
   
 
 

Jean

Le seizieme jour de fevrier audit an [1698] est decedé un jeunne garçon
comme de neuf à dix ans au lieu de la Couperie maison de Jean
Gontier, lequel mendioit son pain et qu’on m’a dit se nommer Jean mais
ne sçavent son surnom, lequel disoit être de la paroisse de Saint Denis de
Gastines, dont le corps a esté inhumé au cemetière de ceans présence dudit
Jean Gontier, de René Fiault, Mathieu Le Mesnager, Marie Volcler,
René Gontier et de plusieurs autres qui ne sçavent signer.

(Signature : )
M. Volcler

 
   
 
   

1700 - Première messe au maître-autel
après l’installation du retable

   
   
 
   

Signalé par Bernard Millière (2006-12-29).

 
   

Référence : BMS 1700-1719 (vue 3/200)

 
 

Transcription incomplète.
Le début des lignes manque, la page étant déchirée.

 
   
 
 
 

Le quatorsieme jour de fevrier 1700
la messe a esté ditte la premiere fois au maistre
[a]utel depuis qu’il a esté reculé contre la muraille
[et] que la contretable a esté faitte, le tout en l’estat
[…] on levoit de present, par nous prestre curé de
[cette] paroisse de Cigné sousigné.

(Signature : )
M. Volcler.

 
   
 
   

1709 – L'hiver de 1709

   
   
 
   

Signalé par Thérèse Coudurier (30 septembre 2003).

 
   

Référence : registre 1700-1719 (vues 109-111).

 
 

Transcription complète.

 
   
 
 
 

(page 1)

Dans cette année le froid commença la Vigille des Roys.
Il fut si excessif pendant cinq à six jours qu'on n'en a
jamais vû de pareil n'ayant pas esté de longue durée
s'il avoit esté quelque peu plus fort et d’unne plus longue
durée ont (sic) croit que les hommes et autres animaux
auroient esté tous détruits. Les neiges ne furent pas bien
hautes. Il vint après ces cinq à six jours quelque dégel
mais ensuitte il vint pendant quelques huit jours un vent
et une gelée qui paracheva le désordre. Voicy donc ce qui est
arrivé de ce froid excessif.

Beaucoup d'animaux des champs en sont morts, lièvres
écureuls et autres, beaucoup d'oyseaux perdrixs, merles
gays, pies, cornilles enfin de toutte sorte, ce que l'on prenoit de
perdrix ne se vendoient que trois sols la pièce et moins tant
elles estoient maigres.

Quant au bois et arbres quantité de chesnes et emouces de chesnes
en sont morts, les souches de saule aulnes et autres bois
des champs y ont pery. Presque tous les cerisiers et encore
plus des chataigners en sont morts [*]. Tous les noyers à la

[*] presque touttes les vignes moururent aussi et ne firent que
rejetter par le pied. Pippe de vin 50 écus le pot 30 s. à Ambrières.

(page 2)

réserve des petits gros comme la jambe sont
morts par la rigueur du froid. Les arbres fruitiers dans
les jardins : peu de poiriers en sont morts mais quantité
de pommiers ou entes à la réserve des petittes y ont pris fin.
Les ensemencés comme froment et seigle ont tous pery à la
réserve de quelques costes de sillons et de quelques champs mais
en petit nombre [*] si bien qu'on a très peu recueilly, et il
a valu jusqu'à quinse livres le bosseau de seigle après la
récolte et plus ; le froment a vallu plus de trente livres
le bosseau, le carabin ou bled noir neuf livres.
Du costé de Paris Chartre et Orléans ils ont encore esté plus
maltraittez que ce bas pays, enfin on n'espéroit qu'une
famine generalle. Cependant dans le temps que j’ecris ces
choses advenuës, l'apparence de la recolte prochainne est
si belle que les grains commencent à diminuer beaucoup
de prix, on ensemença tant de mars c'est à dire de grains
qui se sèment au printemps, tant icy que par toutte la France
que tout le peuple en a esté beaucoup soulagé. Les parlements
pour cette année 1709 et 1710 ont fait des arrests par
l'ordre de sa majesté pour la subsistence des pauvres
et par vertu d’iceux en chaque paroisse on a fait des
rolles où l'on taxe ceux qui ont du bien dans les paroisses
au sol pour livre du tiers du revenu qu'ils y ont, tant ecclesiastiques
nobles qu'autres, comme aussi les habitants, autrement
plus de la moitié ou pour mieux dire tout le peuple
auroit pery par la faim. Et il en est encore bien mort
Dieu ayant voulu par là nous châtier de nos pechés passez
et pour nous appeller à pénitence dont nous lui sommes
infiniment obligez. Nous avons vû des hyvers d'un froid
de plus longue durée jusqu'à passer par dessus les
rivières de pied de cheval avec les charettes et mesme faire
tomber des chesnes sans casser la glace. Et ce pendant

[*] les choux et autres legumes des jardins furent perduës sans réserve

(page 3)

Cela n'est point arrivé dans cet hyver dont je parle mais
seulement un froid si cuisant qu'aucune histoire ne parle d'un
semblable. Moi qui parle pendant quattre à cinq nuits estant
au lit asses bien couvert ma chambre assez bien fermée, en
me reveillant mon halaine estoit glacée sur mes linceuls et sur
mon oreiller. Non seulement le cidre glaçoit dans les tasses
et dans les verres mais aussi le vin mesme jusqu'à l'eau
de vie. Les peuples ont beaucoup souffert du froid dans cet
hyver, quantité de pauvres en sont morts. J'ay bien voulu
écrire ces choses afin que ceux qui les liront admirent la
providence de Dieu comme aussi sa bonté et sa justice et sa
miséricorde. Il a arrivé des choses extraordinaires dans ce
sciècle, un jour de Chandeleur du temps que je disois la
grande messe dans l'église de céans et partout ailleurs. De
mesme et à la mesme heure il y a sept à huit ans, je n'ay pas
remarqué l'année, il passa des vents dont on n'en a jamais
vû de semblables, la pluspart des arbres furent couchés par
terre quantité de maisons renversés, la pluspart des autres
decouvertes, jusqu'à des clochers abbatus et autres édifices de
hauteur, si bien qu'on croyioit estre à la fin du monde.
Une autre année on entendit un tremblement de terre par
deux secousses au mois de mars ou avril je ne l'ay pas
remarqué au juste, je récittois mon breviaire dans le
jardin de céans à ce moment. C’est ce que nous sousigné
prestre curé de la paroisse de Cigné diocèse du Mans
attestons et certifions très véritable comme l'ayant vû et
ressenty, et ce non tant pour la curiosité de mes successeurs
et autres qui les liront que pour les convier à admirer
les oeuvres du tout puissant et à le remercier s’ils ne
voyent pas des choses semblables dans les temps avenir.
Ecrit cet onzième jour d'avril de l’année suivante mil
sept cent dix.

(Signé:)
M. Volcler
curé de Cigné

(page 4)

J'ay oublié à parler des maladies dont on a
esté affligé les trois années précédentes et qui ne sont
pas encore tout à fait cessées. Premièrement il en est mort
un nombre infiny de la dissenterie, secondement de maladies
contagieuses et pestilentielles quoi[que] ce ne fut pas une peste
comme on a vû autrefois troisièmement des fievres
pourprées, et présentement d'autres fièvres continuës si bien
qu'en cette paroisse mesme ne trouvant pas de personnes qui
voulussent apporter les corps en la manière accoutumée
on les amenoit avec la charrette et le harnois, d'autres les
amenoient de travers sur un cheval ce qui nous causoit
une grande pitié et espouventoit beaucoup le monde. On
n'entroit presque point dans l'église la pluspart des corps
de peur d’infecter, en un mot on auroit peine à croire
les choses que nous avons vuës et dont nous rendons
graces à Dieu en benissant son saint nom. Je ne parle
point des guerres qui durent depuis neuf à dix ans,
des tailles taxes et autres impositions excessives auquelles
nous et tous les peuples sommes contraints
pour l'utilité et deffense du royaume. Fait le jour et an que
cy devant.

(Signé:)
M. Volcler
curé de Cigné

 
   
 
   

1779 - Tenue des registres
(registre abîmé « par les vers »)

   
   
 
   

Signalé par Archives de la Mayenne (2005-04-12)

 
   

Référence : 1701-1721 (vue 106/202)

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

Ce present registre a été verifié et paraphé par
nous officiers du baillage de Pontmain
ce 18 novembre 1799. Les cinq derniers feuillets
y compris le present ayant été lacerés ou
rongés par les vers.

(Signatures : )
Hochet de la De…
Le Dauphin des Tesnieres

 
   
 
 
Haut