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Archives départementales de la Mayenne
Mentions trouvées dans les registres paroissiaux et d'état civil

Beaumont-Pied-de-Boeuf

 
   
 
   

1749 - Épizootie de 1748, dévotion à une statue
de la Vierge et faux « miracles »

   
   
 
   

Signalé par Noëlle Combe (2009-07-21)

 
   

Registre BMS 1747-1756 (vues 24-25).

 
 

Transcription complète

 
   
 
 
 

(vue 24)

Sur la fin de 1748 il y a eu dans cette paroisse
et dans le voisinage une contagion sur les bestiaux
qui a été presqu’universelle dans ce roiaume et dans
les autres. On n’a cessé d’en parler dans ce royaume cy
que sur la fin de 1749 et il y avoit au moins huit ans
qu’elle y régnoit dans les differentes provinces sans que
pendant tout ce temps on ait pû trouver de remede
quelques recherches qu’on ait fait. Les metairies et closeries restoient sans
bestiaux et ceux qui en sauvoient le tiers etoient bien
heureux. Cette contagion donna dans cette paroisse occasion
à une devotion devant une figure de la saint Vierge posée dans
le trou d’un chesne de la Braudiere au bout d’un champ
qui abutte au chemin de saint Loup à Ballée et au chemin
des Goupilieres. Cette devotion s’accrut tellement et en
peu de temps qu’on y voioit jusqu’à mille personnes chaque
jour. On y venoit de toute la province et des provinces
voisines. Il n’étoit point extraordinaire de voir des pelerins
des autres provinces. On y fit des offrandes que le
nommé Jean Bafour et Barbe Debonnaire ramasserent
et refuserent de me remettre, ce qui après quinze mois
depuis le commencement des pelerinages m’obligea à presenter
requête devant Mr le juge royal de Laval et il fut prononcé
une sentence par deffaut le mois de decembre 1749
ou le mois de janvier 1750 contre lesdits detenteurs des
offrandes. Après laquelle sentence qui n’a point eté levée
ils me remirent lesdittes offrances qui n’ont poins été
aussi considerables qu’on croioit qu’elles devoient être.

Herisson pretre curé de Beaumont.

On publia dans le commencement plusieurs miracles sans
fondement et au loin on debitoit qu’il s’y en faisoit sans

(vue 25)

nombre. On parla de la guérison subite de quelques
personnes qui resterent malades comme auparavant. On
regarda comme miracles la guerison de deux ou trois personnes
qui avoient les fievres mais notre religion n’a pas besoin de
miracles aussi incertains pour se soutenir. On regarda comme
un miracle de ce que les bestiaux de la Braudiere n’avoient
point eté attaqués de la maladie mais les metairires des
Quentinières, de Moulins, de la Motte et aussi le moulin de
Vaufouillet, les closeries de Beaumont, du Pin, de la Bruère, Champs Rouges, Boissibert,
la Bougaudiere, toutes celles du bourg et autres ne furent
point attaquées de la contagion.

 
   
 
 
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